« Il existe un volet africain, encore peu connu, à la tentaculaire affaire Epstein. En Côte d’Ivoire, en particulier, plusieurs personnalités publiques de premier plan sont citées dans les 3 millions de documents qu’a publiés, le 30 janvier 2026, le ministère de la justice américain. A commencer par Nina Keita, la nièce du président de la République, Alassane Ouattara. Cette ancienne mannequin de 44 ans et ex-conseillère du ministre du budget, Abdourahmane Cissé (2014-2016), mariée au ministre de l’emploi, Adama Kamara, est, depuis 2019, la numéro deux de la société publique de gestion des fonds pétroliers de Côte d’Ivoire (Gestoci). Autrement dit une figure du clan au pouvoir à Abidjan.
La correspondance fournie (plusieurs centaines de messages) qu’a échangée cette dernière avec Jeffrey Epstein – mort en prison à New York en 2019 – entre 2011 et 2018 révèle une amitié étroite et une collaboration à la croisée des genres, caractéristique du financier et pédocriminel américain. Selon les documents publiés, Nina Keita lui a ainsi présenté en 2011 son oncle, fraîchement élu à la présidence de Côte d’Ivoire, à New York, et organisé, en 2012, une deuxième rencontre, à Abidjan, lors de laquelle l’Américain a également vu plusieurs ministres en exercice pour discuter de projets d’investissements. Nina Keita a également servi d’intermédiaire entre Alassane Ouattara et Jeffrey Epstein dans les négociations qui ont abouti à l’achat, en 2014, d’un système de surveillance à Israël, et à celui d’un Boeing 727 pour la présidence. Nina Keita a aussi présenté des jeunes femmes ou des jeunes filles à Jeffrey Epstein ».
Ces révélations contenues dans cet article produit par le quotidien français Le Monde daté du 13 février 2026 et publié sur le site de ce journal sont incontestablement graves. Ces informations sont-elles vraies ou fausses ?
La réaction officielle du gouvernement de Côte d’Ivoire s’impose pour éclairer la lanterne de l’opinion publique nationale et internationale sur cette rocambolesque affaire Jeffrey Epstein. Telle semble être la préoccupation du PDCI-RDA, principal parti de l’opposition ivoirienne, dirigé par Tidjane Thiam. Qui, dans la déclaration ci-dessous, expose la gravité de l’affaire Epstein dans laquelle est citée la Côte d’Ivoire et demande aux autorités de faire la lumière sur toute cette affaire.
Didier Depry
Déclaration du PDCI-RDA sur l’affaire Jeffrey Epstein
Le PDCI-RDA suit avec une grande préoccupation, les développements internationaux liés à l’affaire Jeffrey Epstein , citoyen américain, personnage mondialement connu, non pour ses activités financières, mais pour son implication dans un vaste réseau d’exploitation sexuelle de mineurs.
Les ramifications de cette affaire qui ne relève pas d’un simple scandale international, continuent de soulever des interrogations sur des réseaux d’influence, des complicités Cet des systèmes de protection au plus haut niveau dans plusieurs pays y compris notre pays, la Côte d’Ivoire.
L’affaire Epstein met à nu l’existence de réseaux d’influence opaques, de complicités protégées et d’un système où pouvoir, argent et exploitation de mineurs se croisent dans une logique profondément immorale. À ce stade des révélations et des investigations internationales, des interrogations sérieuses concernent également la Côte d’Ivoire.
Dans la presse internationale et sur les réseaux sociaux, des personnalités proches des cercles du pouvoir actuel, contemporaines ou défuntes sont citées.
D’une part, le régime aurait signé des accords d’assistance sécuritaire avec des partenaires étrangers, notamment en matière de surveillance des communications téléphoniques et numériques. Dans un contexte où ces technologies ont été utilisées ailleurs pour espionner des opposants, des journalistes et des citoyens, la question est simple : ces outils servent-ils la sécurité nationale ou le contrôle politique des citoyens ivoiriens ?
D’autre part, des informations circulent quant à l’implication présumée de proches du sommet de l’État dans des réseaux de pédo-criminalité aujourd’hui au cœur d’investigations internationales liées à l’affaire Epstein.
Le PDCI-RDA ne formule pas d’accusations. Mais le PDCI-RDA pose des questions et exige des réponses sur des allégations de collaboration révélées par la presse internationale.
Par exemple, le gouvernement peut-il indiquer s’il n’avait aucune connaissance du passé judiciaire de Jeffrey Epstein condamné aux États-Unis en 2008–2009 pour des infractions sexuelles impliquant des mineures au moment où des interactions, contacts ou relations d’affaires étaient été engagés avec lui ou son réseau aux alentours de 2011–2012 ?
Le gouvernement ivoirien ne peut pas se réfugier derrière le silence, ni derrière l’argument commode de la « rumeur ». Lorsqu’il s’agit de soupçons liés à l’exploitation sexuelle de mineurs, l’exigence morale est absolue. Notre pays ne peut se permettre d’être éclaboussé, même indirectement, par des allégations aussi graves sans que toute la lumière ne soit faite.
Dans une République digne de ce nom, la morale et la protection des enfants est au-dessus de toute considération politique. Dans une démocratie véritable, la surveillance des citoyens ne peut se faire dans l’opacité. Si les faits évoqués sont faux, qu’on le prouve aux Ivoiriens. S’ils sont vrais, qu’aucune protection politique ne fasse obstacle à la Justice. L’opposition ne se taira pas face à des soupçons aussi graves. La moralité publique et la crédibilité de l’État sont en jeu. Les Ivoiriens ont droit à la vérité de la part de leur gouvernement.
Fait à Abidjan, le 17 février 2026
Le Service de communication du PDCI-RDA
Légende photo : Le criminel sexuel et financier Jeffrey Epstein, a été retrouvé pendu dans sa cellule de prison à New-York, le 10 août 2019, avant son procès. (Archives)


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