Côte d’Ivoire  – Pourquoi la Commission électorale (CEI) a été dissoute, ce qui va se passer

C’est une page de l’histoire électorale ivoirienne qui se tourne. Le gouvernement ivoirien a dissous, ce mercredi 6 mai 2026, la Commission électorale indépendante (CEI), l’organe en charge de l’organisation des élections dans le pays. L’annonce, faite à l’issue d’un Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, Alassane Ouattara, au Palais de la présidence à Abidjan-Plateau, a été portée devant la presse par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.

Créée par la loi n° 2001-634 du 9 octobre 2001, conformément à la Constitution du 1er août 2000, la Commission électorale indépendante (CEI) avait pour mission d’organiser et de superviser les élections nationales ainsi que les référendums en Côte d’Ivoire. Pendant près de vingt-cinq ans, elle a occupé une place centrale dans le dispositif électoral ivoirien.

Les raisons d’une décision

La décision n’est pas venue de nulle part. Le porte-parole du gouvernement a invoqué trois raisons : la fin du cycle électoral avec les législatives du 27 décembre 2025, les réserves relevées à l’endroit de l’institution, et les critiques dont elle a fait l’objet. A cela s’ajoute un facteur statutaire : le mandat de six ans du président Ibrahim Coulibaly-Kuibiert, élu en septembre 2019, s’est achevé fin 2025 après les élections législatives, bien que ce dernier soit resté en poste pour conduire les opérations de vote lors des législatives partielles à Toumodi et Dualla-Masalla.

Il faut dire que la remise en cause de l’institution venait aussi de l’intérieur. Ibrahim Coulibaly-Kuibiert, lui-même, avait évoqué, il y a quelques mois, l’éventualité d’une réforme, allant jusqu’à déclarer : « Moi, mon avis, c’est que la Commission ne doit même plus exister après ces élections. Il faut voir autre chose, il faut voir un autre format pour préserver la paix en Côte d’Ivoire. ».

Ce que le président Coulibaly-Kuibiert disait de son institution

Pour l’exécutif, la dissolution ne constitue pas une fin en soi. Le porte-parole du gouvernement a annoncé la mise en place d’un nouvel organe dans les jours à venir, dont l’objectif affiché sera de garantir des scrutins apaisés, transparents et crédibles. Plusieurs textes réglementaires devraient accompagner cette transition dans les prochains jours.

Reste que la question de fond demeure entière. Derrière l’annonce, une interrogation centrale s’impose : cette rupture institutionnelle est-elle le point de départ d’un nouveau cycle électoral ou simplement une reconfiguration du système existant ? L’opposition ivoirienne qui a toujours contesté la crédibilité de la CEI estime, soutiennent certains de ses acteurs, que le futur mécanisme devra se distinguer par « l’indépendance réelle » qu’il offrira à toutes les forces politiques du pays.

Robert Krassault 

ciurbaine@yahoo.fr

 

Légende photo : Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahim Coulibaly-Kuibiert, lors d’une rencontre. (Archives).

 

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