Arts plastiques / Pour ses 50 ans de carrière  – Le peintre Grobli Zirignon propose une exposition rétrospective à la CAISTAB

En prélude à son exposition rétrospective intitulée « Grobli Zirignon : 50 ans de création- l’esprit des arts premiers » à la grande salle de la Caistab à Abidjan-Plateau du 13 au 28 mai 2026, le plasticien Grobli Zirignon a animé une conférence de presse, samedi 2 mai, à la Rotonde des arts contemporains. En compagnie de Pr. Yacouba Konaté, l’hôte du jour, et de la commissaire générale de cette exposition-hommage, Christelle Mangoua. Sous l’œil attentif de son épouse.

A cette occasion, il est revenu sur son parcours, de son séjour en France pour des études muni d’une bourse à l’évolution de sa démarche artistique, en passant par son approche des arts plastiques, de leurs effets curatifs et de sa quête de guérison. « Au début, il était question d’évacuer des pulsions. La peinture me faisait du bien. J’ai développé la psychatérapie (association de la psychanalyse avec l’art). Au départ, je faisais de l’art thérapie. Ça m’a permis d’évacuer. Avec, on décharge. Il ne faut pas avoir d’idées préconçues. Ma quête de paix intérieure et la nostalgie d’un monde inconnu, objet de réminiscence, m’ont amené à la peinture. La psychanalyse m’a sauvé. Mon but, c’était ce voyage psychique, analytique intérieur pour trouver un équilibre, une paix intérieure. Et, depuis plus de 60 ans, je ne fais que ça. Je fais quelques thérapies quand on me le demande. J’ai écrit 25 livres. Maintenant, j’ai la paix. Je suis en paix avec moi-même. J’ai théorisé comment aboutir à la paix. J’ai une stratégie pour créer des œuvres qui parlent, des œuvres qui me parlent », a indiqué le peintre-psychothérapeute. Qui a insisté sur le fait qu’il peint par décharge pour la recherche de sa paix intérieure.

La commissaire générale Christelle Mangoua a, d’entrée, affirmé qu’ « à travers cette exposition, nous lui rendons ainsi hommage. Cette exposition célèbre les 50 ans de création de Grobli Zirignon, grande figure de l’art contemporain ivoirien. On lui doit beaucoup dans ce domaine. Alors on lui rend hommage à partir du 13 mai à la grande salle de la Caistab.  Cette exposition permettra de comprendre sa création, la psychathérapie, un art thérapie qui est une sorte de détournement de soi pour comprendre l’essentiel. Et pourquoi avoir choisi la grande salle de la Caisse de Stabilisation pour cette exposition ? C’est justement parce que cette salle est mythique et emblématique en Côte d’Ivoire. Le bâtiment qui n’a pas été modernisé abritait dans le temps, et ce tous les 2 ans, les expositions de Grobli Zirignon. Il était donc, pour nous, important de le célébrer, de lui rendre hommage à cet endroit ».

Et la directrice d’une structure de gestion de patrimoine artistique a aussi révélé que l’exposition de Grobli Zirignon tourne autour de 3 parties : errance (en France dans sa quête de paix intérieure), grattage (après son retour au pays en 77 pour pratiquer son métier, la psychanalyse, marquant un cap dans son processus de création) et maturité (le geste pour retrouver la paix). « Entre l’errance et la maturité, se dégagent force et pulsions chez lui », est-elle convaincue.

Pour Pr. Yacouba Konaté, l’écrivaine Tanella Boni a toujours été la critique attitrée de Grobli Zirignon, « un artiste entre deux dames : une, son épouse, qui l’aide dans le quotidien, en privé, et une autre (Tanella Boni), qui l’aide dans la gestion des relations publiques ». Et de faire remarquer que « Grobli Zirignon est une personne apaisante. Son travail compte au plan de l’histoire générale des arts visuels en Côte d’Ivoire. Il est rentré au bercail en 1977. Il fait partie de ceux qui étaient là avant que nous n’entrions en scène. Il a formé beaucoup de jeunes dont Gnohité. Sa technique est spécifique. Il faut insister sur le fait que, dans les arts, tout le monde met en avant le beau. Le beau va au-delà de la contemplation, la dégustation. Mais Grobli Zirignon ne cherche pas à séduire. Ce qu’il essaie de faire, c’est quelque chose en rapport avec cet effort pour déclencher quelque chose qui nous amène à regarder. Il était aussi là lorsqu’on a fait les Grafolies en 1993 », retient de lui Pr. Konaté.

Marcellin Boguy

Légende photo : Grobli Zirignon (à droite) en compagnie de Pr. Yacouba Konaté et Christelle Mangoua (commissaire générale de son exposition rétrospective).

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