Actuel Directeur Général de Kaydan Technology, le pôle technologie du Groupe Kaydan, M. Didier Kla, l’une des figures emblématiques du numérique en Côte d’Ivoire et en Afrique, était le Directeur Général d’Orange Cloud et Cyber Solutions. Dans cette tribune spécialisée ci-dessous, il porte un regard sur le vrai visage et les enjeux du numérique en Afrique.
On nous présente souvent l’Afrique comme le prochain géant du numérique. Et ce n’est pas faux. La croissance est là : usage en explosion, adoption mobile massive, digitalisation accélérée des services.
Cependant, on oublie de dire que cette croissance se bâtit presque entièrement sur des infrastructures, des plateformes et des données que ne contrôlons pas.
Ce que les chiffres ne disent pas
La croissance du marché numérique africain est réelle, indéniable. Elle masque une réalité structurelle préoccupante. Nous consommons massivement des technologies que nous ne produisons pas. Nous générons des données que nous ne stockons pas localement. Nous utilisons des plateformes dont les règles sont définies ailleurs.
Une dépendance systémique
- Une grande partie des données stratégiques (santé, finance, administration) est hébergée hors du continent.
- Les infrastructures critiques dépendent de technologies dont nous ne maîtrisons ni le code ni la supply chain
- La valeur économique générée par le numérique est captée, en grande partie, par des acteurs étrangers
- Cette situation ne traduit pas un retard. Elle reflète une structuration du marché mondial du numérique dans laquelle l’Afrique occupe encore une position de dépendance.
L’Afrique dispose d’un avantage que peu de régions possèdent encore : un faible héritage technologique
Là où d’autres doivent composer avec des décennies d’infrastructures obsolètes, le continent a l’opportunité de concevoir directement des infrastructures adaptées aux enjeux actuels : souveraineté des données, résilience des infrastructures, création de valeur locale.
Autrement dit, l’Afrique peut sauter des étapes – à condition de faire des choix clairs dès maintenant.
Dans ce contexte, le rôle des acteurs technologiques locaux devient local.
Chez Kaydan Technology, nous sommes convaincus que cette transformation ne se décrète pas, elle se construit :
- Des infrastructures mieux maîtrisées
- Une gouvernance plus claire des donnés
- Des architectures pensées pour les réalités locales
- Une vision assumée de la souveraineté numérique
La question
La question n’est pas de savoir si l’Afrique peut être souveraine numériquement. La question est de savoir si elle va choisir de l’être.
Ce qu’il faut retenir
- Une part encore limitée du trafic internet africain est hébergée sur le continent
- La croissance numérique africaine est réelle mais repose en grande partie sur des infrastructures externes
- Le faible héritage technologique est un avantage stratégique à condition de la saisir maintenant
- La souveraineté numérique n’est pas une posture idéologique. C’est un choix stratégique.
Didier Kla
Directeur Général de Kaydan Techology
Légende photo : « On oublie de dire que la croissance du numérique en Afrique se bâtit presque entièrement sur des infrastructures, des plateformes et des données que ne contrôlons pas », soutient Didier Kla, DG de Kaydan Technologique. (Archives)


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