Man – Des taxis circulent avec les passagers en surnombre, en toute impunité

A Man, capitale régionale du Tonkpi, ouest montagneux de la Côte d’Ivoire, la surcharge de passagers dans les taxis-ville faisant les lignes Lycée Club – centre-ville et Kennedy – centre-ville n’est apparemment pas un problème et ne semble pas constituer  non plus une infraction. Ici, les passagers sont en surnombre, généralement cinq à bord, dont deux assis devant, à côté du chauffeur.

Nous avons fait le constat, le mercredi 18 février 2026 sur la ligne Lycée Club – centre-ville. Nous sommes au terminus des taxis du quartier Lycée club, prêt à embarquer. Le chauffeur demande à une jeune fille et un jeune homme de prendre place devant. Ce qui fut fait. Nous lui demandons si cela ne posera pas de problème au cas où il y aurait un contrôle de routine de la police en chemin.

Le passager assis devant rétorque à la place du chauffeur en ces termes. « C’est comme ça ici. Les policiers le savent. Ils vont s’arranger ». Le chauffeur, d’un certain âge, confirme ces propos. Quelques minutes plus tard, nous voici au carrefour de la prison civile où sont postés deux policiers de l’Unité de régulation de la circulation (URC). L’un d’entre eux ordonne au chauffeur de stationner; ce qu’il fait en toute sérénité. Il sort rapidement deux billets de 500 fcfa et attend l’agent de police qui se dirige directement vers lui et lui tend la main. Le conducteur lui remet les 1000 fcfa puis démarre. Le voyage peut continuer sans autre risque de contrôle et de racket, d’autant plus que le numéro d’immatriculation est aussitôt relevé par les policiers.

Nous demandons au chauffeur si cette transaction est normale. « En tout cas, ça nous arrange et ça arrange les clients. C’est comme ça ici. On est habitués », répond-il. Nous lui demandons si son véhicule est assuré. Il répond par l’affirmative. Ensuite, nous lui demandons si sa visite technique est à jour. Il répond qu’il n’en a pas. Son véhicule, relativement vieillissant, circule avec le pare-brise fissuré. Il n’en a cure. « Il arrive des situations où on est vraiment coincé sur le siège avant, quand on est assis à deux. Le chauffeur même a souvent du mal à passer les vitesses. On n’a pas le choix, puisqu’on les laisse faire », fulmine la jeune fille assise devant.

A Man, deux lignes de taxis sont assurées par des véhicules généralement dépourvus de toutes pièces, avons-nous appris, mais qui circulent en toute sérénité avec des passagers en surnombre, pourvu que le chauffeur paye 1000 fcfa au coup de sifflet. C’est le lieu d’interpeller les autorités policières sur les risques que font courir les chauffeurs aux usagers en cas d’accident grave.

Sam K.D à Man

 Légende photo :  A Man, les taxis violent les règles en matière de sécurité sans être inquiétés par les forces de l’ordre (Archives).

 

 

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