Abidjan / Yopougon Cité Abdoulaye Diallo – Le racket policier bat son plein

Le racket sévit à visage découvert dans le sous-quartier Abdoulaye Diallo, dans la commune de Yopougon (Abidjan), précisément entre le lycée technique et le lycée professionnel.

Pour nous en convaincre, nous empruntons, aux environs de 16h, le samedi 14 février 2026, un minicar de transport en commun à Siporex (Yopougon) en partance pour Bimbresso et Agban. Juste après le lycée technique, nous trouvons un dispositif policier avec plusieurs éléments. Un premier coup de sifflet retentit. L’apprenti réagit à haute voix. « J’ai déjà payé! » Son patron (le chauffeur) tente d’appuyer l’accélérateur pour traverser le dispositif. Plusieurs coups de sifflet sont lancés en même temps.

Un sergent de police, en avant-garde un peu plus loin, fait immobiliser le véhicule « Massa », qui avait à son bord de nombreuses dames revenant du marché de Siporex. Le chauffeur dit à son apprenti d’aller montrer au chef de poste le numéro d’immatriculation du véhicule sur la liste de ceux qui sont à jour.

Entre-temps, le sergent de police qui a fait immobiliser le mini-car « Gbaka » ordonne au chauffeur de lui remettre les pièces du véhicule. Il les récupère et se dirige vers le chef de patrouille. L’apprenti le suit tout en se plaignant. Le sous-officier demeure imperturbable. L’apprenti dit à celui qui encaisse l’argent qu’il a déjà payé les 1000 fcfa dans la matinée vers le pont. De loin, nous suivons la scène.

Le policier demande à l’apprenti vers quelle heure il a réglé le compte. Le jeune répond : « Vers 7h ». Le policier rétorque qu’il n’était pas à ce poste à cette heure-là et qu’il y est arrivé à 9h. Il exige donc que l’apprenti règle les 1000 fcfa. Celui-ci revient au véhicule et demande au chauffeur de lui remettre la somme exigée. Son patron s’exécute. Mécontent et remonté, l’apprenti va remettre la somme au policier et revient prendre sa place dans le véhicule. « Patron, il faut démarrer » , lance-t-il au conducteur.

Une dame dans le véhicule raconte qu’un policier dans l’équipage est régulièrement à ce poste de contrôle. « Je le rtrouve sur la route presque tous les jours. Chaque jour, c’est lui qui est là. Il ne tombe jamais malade », témoigne la dame, arrachant des éclats de rire aux autres passagers. Une autre d’ajouter : « Le racket est devenu flagrant. On ne s’en cache même plus. C’est vraiment dommage ».

Sam K. D

 Légende photo : Le racket policier a toujours cours à Abidjan et à travers la Côte d’Ivoire.

 

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