L’adaptation cinématographique de « Les Frasques d’Ebinto » arrive enfin en salle. Réalisé par l’Ivoirien Luc Gnepa, « Ebinto » est présenté comme un projet ambitieux porté par la volonté de respecter l’univers du roman d’Amadou Koné tout en y apportant une écriture cinématographique personnelle.
Au départ de l’aventure, une rencontre et une conviction partagée avec le producteur Charly Kodjo : faire du film un projet « innovant et impactant ». Séduit après lecture du roman, Luc Gnepa y a vu « un défi au niveau scénaristique » comme à la réalisation, notamment par la volonté de recréer fidèlement l’époque, les véhicules et les objets d’alors.
Le tournage, mené sur 40 jours entre le 24 mars et début mai 2025, a exigé un long travail de préparation. La post-production s’est ensuite poursuivie avec l’étalonnage et la bande originale confiée à Paul Wassaba, dans l’objectif de livrer « la meilleure mouture » possible au public.
L’une des principales difficultés a été la reconstitution des décors. Après plusieurs mois de repérages dans différentes localités — de Grand-Bassam à Grand-Lahou en passant par Aboisso, Ayamé, Assinie ou Dabou —, l’équipe a finalement transposé le village d’Akounougbé à Grand-Lahou, où certains décors ont même été entièrement reconstruits, dont un marché, un village et la case d’Ebinto.
Le scénario, confié à l’écrivain Armand Gauz, a lui aussi connu des ajustements en fonction des réalités du tournage. Certaines scènes ont été réécrites, d’autres inventées ou réintégrées, comme le passage d’Ebinto dans un champ d’hévéa, à la place de la bananeraie initialement prévue. « C’est aussi ça la fiction », assume le réalisateur, qui revendique son écriture propre de l’histoire originelle.
Luc Gnepa dit avoir travaillé avec la bénédiction d’Amadou Koné, resté en contact avec la production depuis le début. Les messages d’encouragement de l’auteur ont renforcé la motivation de l’équipe, qui espère l’accueillir à la première du film, prévue au cinéma Pathé le 15 octobre, avant des projections aux Majestic, puis à l’international, notamment au Sénégal et à Paris.
Pour le réalisateur, le public découvrira une œuvre pensée comme une expérience nouvelle. Il promet “une autre vision du cinéma” et estime que les spectateurs seront frappés dès les premières images par la qualité du travail accompli. Plus personnellement, il considère ce premier long métrage d’envergure comme une école de rigueur et d’humilité. À ses yeux, l’aventure « Ebinto » lui a appris la résilience, la sagesse et surtout la capacité à diriger sans « marcher sur les autres ».
En phase avec la post-production, Luc Gnepa dit aujourd’hui regarder les images avec enthousiasme. Mieux encore, il se dit convaincu que le public sortira de la salle impressionné : il pense qu’“ils n’auront pas payé assez d’argent tant ils seront bluffés par la qualité du film”.
Entretien réalisé par Marcellin Boguy
Légende photo : Luc Gnepa a vu « un défi au niveau scénaristique » pour ce projet « Ebinto ».


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