Le ton monte à l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 en Côte d’Ivoire. Radié de la liste électorale définitive publiée, le 4 juin 2025, par la Commission électorale indépendante (CEI), à cause de sa condamnation à 20 ans de prison dans l’affaire dite du « braquage de BCEAO» lors de la crise post-électorale de 2010-2011, l’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, par ailleurs, président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a dénoncé, lors d’un meeting tenu à Port-Bouët (Abidjan), ce samedi 7 juin 2025, cette radiation qu’il considère comme « une entrave à ses droits civiques ».
Devant ses partisans venus nombreux, le leader du PPA-CI a stigmatisé ce qu’il qualifie de « manœuvres politiques visant à écarter des figures majeures de l’opposition ». Dans son discours enflammé, l’ancien chef de l’État a souligné l’absence sur la liste électorale définitive de plusieurs leaders politiques.
Laurent Gbagbo ignore Charles Blé Goudé
Il a notamment cité Cheick Tidjane Thiam et Guillaume Soro. Sans citer Charles Blé Goudé. « On a publié une liste sur laquelle il n’y a pas Gbagbo. On a publié une liste électorale sur laquelle il n’y a pas Cheikh Tidjane Thiam, Guillaume Soro etc.», a-t-il affirmé mot pour mot .
Il a également rejeté toute accusation de malversations financières qui justifierait son inéligibilité, rappelant qu’il a été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) des crimes contre l’humanité qui lui étaient reprochés. Se présentant comme « un combattant de longue date », Laurent Gbagbo a exhorté ses partisans à rester mobilisés, prévenant que « trop, c’est trop ! A un moment, il faudrait qu’on envahisse toutes les rues d’Abidjan ».
« Entre Alassane et moi, qui est vieux ? »
Le président-fondateur du PPA-CI s’est également élevé contre l’interprétation de la Constitution ivoirienne ayant permis au président Alassane Ouattara de briguer un nouveau mandat en 2020, dénonçant ce qu’il considère comme une manipulation juridique. Réagissant aux accusations de vieillesse qui lui sont opposées, il a soutenu ceci : « Entre Alassane et moi, qui est vieux ? » A 80 ans, Laurent Gbagbo réaffirme ainsi sa détermination à poursuivre « son combat politique ». Sans doute le dernier de ses plusieurs décennies de carrière politique.
Robert Krassault
ciurbaine@yahoo.fr
Légende photo : L’ancien chef d’Etat, Laurent Gbagbo, le président-fondateur du PPA-CI, lors du meeting de sa formation politique à Abidjan-Port Bouet, samedi.


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