L’Impartial –  La France n’est pas notre ennemie…  –  Par Yao Noël

Avouons qu’il y a, par moments, ces derniers temps, une bizarrerie qui s’est emparée de certains internautes africains : il s’agit de cette mode à toujours diaboliser, vilipender, détester et haïr systématiquement la France, donnée et présentée comme la patrie de toutes les espèces de calamités de la planète.

Ainsi, dans mon quartier où l’humour et l’ironie ne sont jamais de trop, il paraît même que certains hommes africains en sont actuellement à accuser et à en vouloir à la France si chaque matin, ils se trouvent dans l’impossibilité de donner l’argent de la popote à leur femme pour aller faire le marché alimentaire.

Ne rions pas car tel autre va s’en prendre avec haine et virulence à la France (et aux français) lorsque la femme refuse d’accomplir son devoir matrimonial et intime la nuit venue. C’est le complot et une manœuvre de déstabilisation de la France et de son Président Emmanuel Macron toujours dans la conspiration. Cela aurait pu faire rire si la vie, la sécurité, le présent et l’avenir de trop de gens n’étaient pas en jeu.

De jour en jour, c’est la France qui est ainsi indexée, clouée au pilori sans ménagement et sans aucun frein mais avec beaucoup de légèreté, affabulation, démagogie, populisme et suivisme presque moutonnier. Il faut vite en sortir, ici et maintenant car nous risquons encore d’être la risée du monde entier.

En effet, continuer à raconter que c’est la seule France qui manipule l’Afrique et les africains, relève d’un narratif plus que méprisant pour nous-mêmes. C’est à croire que les africains sont des enfants ou des gamins que la France mène par le bout du nez, ou bien ? « Ça fait honte » même de penser et de clamer cela. Les africains sont-ils des gosses que la France, seule, peut manipuler, téléguider, traiter ainsi, traîner dans tous les sens? Que font les africains eux-mêmes pour éviter pareille infantilisation, pareil infantilisme ? Voilà des questions qui se posent et qui s’imposent dans ce débat étonnant et surréaliste.

C’est vrai et, cela les africains le savent depuis la célèbre et inoubliable déclaration du général De Gaulle, les pays ont des intérêts, ils n’ont pas d’amis, mais qu’avons-nous fait de nos indépendances depuis plus de six décennies ?

Qu’avons-nous fait de l’appel insistant de nos pères dont le charismatique leader ghanéen Osagyefo Dr Kwame Nkrumah pour l’unité et l’intégration de notre continent en vue de contrer le néocolonialisme, l’impérialisme afin de nous donner toutes les chances de progrès et de développement ?

Africains et africaines avons- nous fait ce qu’il fallait depuis 1960 pour ne pas tomber dans l’escarcelle des pays occidentaux, sans foi ni loi . Allons, cessons de toujours accuser la France (qui a le droit de se battre pour ses intérêts) au lieu d’opérer une courageuse et honnête autocritique.

La France, pas plus qu’un autre pays de l’hémisphère nord, n’ est ni un enfant de chœur ni une nation incarnant le mal absolu mais elle a ses ambitions, attentes et intérêts. A nous africains et africaines de connaître et défendre les nôtres sur l’échiquier mondial, sans pleurer, pleurnicher toujours et nous lamenter du matin au soir

En définitive, notre position et conviction intimes, c’est que l’Afrique et les africains doivent faire davantage preuve de  combativité dans la démocratie, la bonne gouvernance,  de détermination, de résilience et surtout d’unité et d’intégration pour avancer dans le monde contemporain.

Ce ne sont pas les pleurs et les larmes continuels, les accusations (interminables et puériles) à l’endroit de la France et des français qui feront  le développement de notre continent.

 

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