A 8 mois de l’élection présidentielle de 2025 – Laurent Gbagbo attaque Tidjane Thiam

« Moi je suis resté longtemps en France mais je n’ai jamais voté. Ça ne m’a jamais tenté même de voter. Même quand j’étais allé en France pour demander le droit d’asile parce que j’étais maltraité ici, les responsables qui me connaissaient m’ont dit Laurent, ton père était sous-officier dans l’armée française pendant la deuxième guerre mondiale, nous avons toutes ses fiches donc si tu le souhaites, nous te donnons la nationalité française. Comme ça tout est réglé, on n’a de problème avec Houphouët-Boigny et puis toi, tu peux vivre ici tranquille. J’ai dit non.

Moi, je ne suis pas venu en France pour ça. Je suis venu pour vous demander le droit d’asile.  Ça veut dire que vous vous prononcez sur le régime d’Houphouët-Boigny. C’est ça que ça signifie. Si vous me donnez le droit d’asile, vous  affirmez que ce régime est dictatorial. Si vous ne me donnez pas le droit d’asile, ça veut dire que pour vous, ce régime est démocratique. Il faut vous décarcassez une peu. Quand j’ai dit ça, immédiatement on m’a refusé le droit d’asile. J’ai interjeté appel. Deux mois après, l’appel est arrivé au tribunal et là après une étude minutieuse, on m’a accordé le droit d’asile.

« On  ne peut pas être un peu Français, un peu Ivoirien, un peu Danois, un peu Finlandais, non »

Alors, il ne faut pas courir vers des solutions de facilité. Je cours, je prends la nationalité d’un tel pays parce que je peux. Et puis, bon, .Je dis non et non. Donc il faut que ceux qui sont inscrits sur les listes électorales soient des citoyens ivoiriens.  C’est ce qui se fait partout dans le monde. Quand vous allez en France, ce sont les Français qui sont inscrits sur les listes électorales et qui votent. C’est normal. Quand vous allez en Grande-Bretagne, c’est pareil. En Norvège, pareil ; au Danemark, pareil ; en Amérique, pareil etc.  On ne peut pas jouer à plusieurs choses et être un peu Français, un peu Ivoirien, un peu Danois un peu Finlandais, non. On ne peut pas être un peu de tout. On est où on n’est pas.  Et ça, il faut que ça soit clair dans la tête  de tout le monde ».

Sans le citer nommément, l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire  (PPA-CI), a ouvertement critiqué le président du PDCI-RDA, Tidjane Tihiam relativement au fait que celui-ci soit à la fois de nationalité ivoirienne et française. C’était le samedi 8 février 2025 lors d’un meeting politique qu’il a animé dans la commune de Marcory (Abidjan) au cours duquel il a rappelé son exil en France dans les années 80 et son refus de prendre la nationalité française alors qu’il sollicitait l’asile politique. Laurent Gbagbo a clamé sa détermination à rester Ivoirien à cette époque malgré la tentation.

Une allusion à Thiam qui cache mal un froid dans les relations politiques

 Une allusion claire faite à Tidjane Thiam qui  est ivoiro-français et a récemment décidé, en vue de l’élection présidentielle de 2025, de renoncer à la nationalité française. D’autant que la Constitution ivoirienne en son article 55 exige que les candidats à l’élection présidentielle soient exclusivement ivoiriens. Cette sortie sans gants de Laurent Gbagbo, à huit mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, dévoile qu’il y a du gaz dans les relations entre le PDCI-RDA et le PPA-CI. Des relations en apparence cordiales mais qui cachent assurément des récriminations de part et d’autre. Lesquelles ? L’avenir nous le dira.

Didier Depry

Légende photo : Laurent Gbagbo lors du meeting de sa formation politique à Marcory, samedi.

 

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