L’eau potable a cessé de couler par les robinets à Aboisso, précisément aux quartiers Rive Gauche et Sokoura Fin de goudron, depuis bientôt trois mois. En lieu et place, c’est plutôt du vent ou de la poussière qui se dégage des robinets et des colonnes. Au quartier Rive Gauche, la situation devient de plus en plus intenable. Les populations, aux abois, ne savent plus à quel saint se vouer, notamment celles du quartier Cafop.
« Chaque matin, je viens puiser de l’eau au bureau, au centre-ville, pour la maisonnée, avant de revenir au travail », confie un inspecteur pédagogique du Secondaire. « Nous souffrons énormément. Trouver de l’eau pour se laver, faire la lessive et les petits besoins de la maison relèvent d’un parcours du combattant. De temps en temps, l’Office national de l’eau potable (Onep) vient nous ravitailler. Mais, ce n’est vraiment pas suffisant », ajoute une habitante du sous-quartier Sessé.
Consciente du calvaire que vivent les populations, la préfecture de région a initié une rencontre avec les populations, le vendredi 7 février 2025, à la salle de mariage de la mairie, pour les informer des causes de la pénurie d’eau et les rassurer. A cette rencontre ont été conviés la direction régionale de la Société de distribution d’eau en Côte d’Ivoire (Sodeci), la direction régionale de l’Hydraulique, les chefs traditionnels et de communautés et des leaders d’opinion.
A en croire la directrice de l’Hydraulique, Madeleine Essi Obro Ahui, la pénurie d’eau est due à la baisse drastique du niveau du fleuve Bia, la principale source d’approvisionnement de l’usine de pompage d’Aboisso. Elle a expliqué que le traitement de l’eau est devenu plus complexe à cause de l’orpaillage clandestin en aval. Quant à l’assistante technique du directeur régional de la Sodeci, Carole Kouamé, elle a présenté les excuses de la société aux populations pour les désagréments causés par cette situation. Elle a exhorté les populations à signaler les zones oubliées dans la desserte en eau.
En attendant que la situation se normalise ou s’améliore, deux solutions sont envisagées, à savoir procéder par distribution alternée de l’eau dans les quartiers (une sorte de délestage) et par camion-citerne. Le secrétaire général 2 de préfecture, Akoa N’guessan, a assuré les populations et les a appelées au calme. « Le gouvernement est conscient de la situation. Des moyens sont déployés pour résoudre le problème, » a-t-il dit.
Sam K.D
Correspondant régional
Légende photo : Les autorités administratives, les responsables de la Sodeci et de l’Hydraulique et les populations sur le site de la station de pompage d’eau (Ph : SKD)


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