Le tribunal criminel d’Abidjan a livré, ce mercredi 12 février 2025, le verdict relatif à l’affaire « Damana Adia Pickass et autres ». En effet, Damana Adia Pickass, le vice-président du conseil stratégique et politique chargé de la mobilisation et de la renaissance du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), la formation politique dirigée par l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, a été condamné à 10 ans de prison, sans mandat de dépôt. Il est donc reparti libre mais avec une épée de Damoclès suspendu sur la tête.
Damana Pickass a été condamné pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » pour son implication, estime le tribunal, dans l’attaque en 2021 d’une caserne militaire située à Abobo-Anyama ayant causé des morts et plusieurs blessés. Le tribunal n’a cependant pas retenu la culpabilité de Damana Pickass quant au « port d’armes à feu de première catégorie ». Le vice-président du PPA-CI a également été condamné à 5 ans de privation de droits civils et politiques, et de 5 ans d’interdiction de paraître sur l’ensemble du territoire national à l’exception de sa région natale et d’Abidjan.
Deux autres militants et cadres du PPA-CI ont été aussi condamnés au terme de ce procès. Il s’agit de Koua Justin qui a écopé de 10 ans de prison ainsi que de 5 ans d’interdiction de paraître sur l’ensemble du territoire national à l’exception de Korhogo, son lieu de travail, et d’Abidjan, son lieu de naissance. Absent au procès, Lagui Ikpo a été condamné par contumace à 10 ans de prison et 5 ans d’interdiction de paraître dans la ville d’Abidjan,
Un autre acteur politique de l’opposition, Babily Dembélé, soupçonné proche de l’ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro Kigbafori, président du mouvement politique GPS ,a été condamné par contumace à 5 ans de prison et 5 ans d’interdiction de paraitre à Abidjan. Babily Dembélé qui se trouve, depuis quelques années, en exil a été condamné pour « troubles à l’ordre public ». Il lui est interdit de paraître dans la ville d’Abidjan pendant 5 ans. Un mandat d’arrêt a été émis, avons-nous appris, contre lui.
Pour des militants du RHDP , le parti au pouvoir, que nous avons interrogés, « ces condamnations sont justifiées parce qu’il faut préserver la paix et la stabilité du pays ». Quant aux militants de l’opposition, ils estiment qu’ « il s’agit de procès politique qui vise à museler l’opposition à quelques mois de l’élection présidentielle de 2025 ».
Didier Depry
Légende photo : Damana Adia Pickass et Koua Justin soutenus par des militants du PPA-CI qui sont venus au tribunal de première instance d’
Abidjan-Plateau pour le verdict.


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