Le président sortant de la Banque africaine de développement (BAD), le Nigérian Akinwumi Adesina, a fait le bilan de ses dix années de mandat à la tête de l’institution qu’il juge satisfaisant. C’était le lundi 26 mai 2025 à l’ex-patinoire de Sofitel hôtel ivoire d’Abidjan-Cocody, lors d’un déjeuner de presse, en prélude aux assemblées générales qui a démarré officiellement, le mardi 27 mai, où 5000 experts, gouverneurs et décideurs sont attendus. Le président sortant de la BAD estime que l’Afrique doit contrôler son histoire de façon efficace.
Ce sont 128 millions de personnes qui ont accès à des soins médicaux, 63 millions de personnes à l’eau potable, 44 millions de personnes à l’assainissement amélioré et 28 millions à l’électricité qui bénéficient des services de la BAD durant le mandat d’Akinwumi Adesina.
Le bilan d’Akinwumi Adesina
Pour la sécurité alimentaire, Akinwumi Adesina a confié que la stratégie « Nourrir l’Afrique » fonctionne bien car elle a permis d’appuyer en semences et engrais, 30 millions d’agriculteurs africains dans 29 pays. « Ces agriculteurs ont produit 44 millions de tonnes d’aliments d’une valeur de 70,3 milliards FCFA », a-t-il dit. Dans le domaine des infrastructures, le président sortant de la BAD a indiqué que l’institution a construit le pont Sénégambie (livré en 2019) qui réunit le Sénégal et la Gambie et permet aujourd’hui la traversée entre huit et dix heures contre 12 jours avant.
Le pont reliant le Sénégal et la Gambie construit
Akinwumi Adesina a, par ailleurs, révélé que le capital de la Banque est passé de 93 milliards de dollars à 318 milliards de dollars aujourd’hui. « Il s’agit d’une approche d’une institution qui souhaite une Afrique qui se développe avec fierté. L’Afrique doit pouvoir construire et contrôler son histoire, son développement », a dit Akinwumi Adesina.
À la presse, il a exprimé son optimisme quant à l’avenir de la Banque : « Ça a été un grand plaisir pour moi de servir en tant que président de la BAD. Je suis fier de laisser une institution qui peut naviguer en toute sécurité. La navigation du navire BAD va continuer et nous avons besoin de l’accompagnement de tous, notamment la presse ». Akinwumi Adesina est fier de ce que les pays africains peuvent mobiliser des moyens financiers ainsi que la Banque. Il a pris le cas du Fonds concessionnel de 8,9 milliards de dollars qui sont mobilisés. Et que les pays africains ont commencé à alimenter ce fonds avec le Soudan du Sud qui a donné 2 milliards. « La Bad veut aider à changer les choses », a-t-il insisté. C’est dans ce sens qu’il a dit refuser que les données de la Banque soient produites par des institutions extérieures après son élection à la tête de l’institution. Et que le continent africain a quand même de grands économistes qui peuvent produire ses données et les analyser. « Il faut défendre les intérêts de l’Afrique quel que soit ce que ça va vous coûter », a-t-il recommandé.
Le capital de la Banque est passé de 93 milliards de dollars à 318 milliards de dollars
« Tirer le meilleur parti du capital de l’Afrique pour favoriser son développement » est le thème central de ces Assemblées annuelles qui se tiennent du 26 au 30 mai. C’est le 1er septembre 2015 qu’Akinwumi Adesina est arrivé à la tête de la BAD. Il quitte définitivement son poste le 1er septembre prochain, date à laquelle débutera le mandat de son successeur qui sera élu, ce jeudi 29 mai 2025.
Nedson Djinsou
Légende photo : Le président sortant de la Banque africaine de développement (BAD), le Nigérian Akinwumi Adesina, lors de son allocution.


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