Burkina Faso, Mali, Niger – Ismaël Sacko (PSDA) : « Vivement le retour à l’ordre constitutionnel normal »

Dans cette tribune qu’il a intitulée « Désobéissance civile et démission. Assimi Goita doit partir », le président du Parti social-démocrate (PSDA), Ismaël Sacko, contraint à l’exil, dénonce les dérives de la Transition militaire au Mali tenue par le général Assimi Goita. Il appelle au départ des militaires et au retour à l’ordre constitutionnel normal.

Le 26 mars 2024 était la date officielle de la fin de la transition militaire au Mali. L’absence de cadre légale et juridique est une faute grave et une atteinte au crédit de l’Etat. C’est un acte de haute trahison. Cette violation de la charte et de la constitution ouvre la porte à toutes les éventualités. Le rapport de force entre les parties en conflit est un facteur qui déterminera la suite des événements.

Le 31 mars 2024, des voix s’étaient élevées au sein de la classe politique et de la société civile pour rappeler l’urgente nécessité à la junte Assimite d’honorer sa parole et de respecter les dispositions de la charte de la transition.

Mais Assimi Goita a opté de violer sa propre signature. Il a effectivement très vite pris goût au pouvoir et il se comporte comme un âne qui a goûté au miel. En lieu et place d’un chronogramme et d’une date consensuelle, nous avons assisté à des arrestations de leaders politiques et d’opinion.

Impasse

Malgré la sonnette d’alarme et le cri du cœur de l’écrasante majorité malienne, Assimi Goita se refuse d’aller aux urnes. Au 31 mars 2025, l’horizon électoral est sombre sous l’ère « des nouveaux généraux de bureaux ». Si la souveraineté prônée par les autorités de la transition de fait était arrimée à une réelle volonté politique et à une stratégie de gouvernance, la junte aurait dû respecter la volonté de la majorité des maliens.

Apeurée, la junte Assimite coincée économiquement et devenue très impopulaire se maintient par les armes et par la terreur. Le régime militaire de Bamako préfère plonger le Mali dans l’impasse plutôt que d’ouvrir le jeu démocratique, gage de stabilité.

Pourquoi Assimi Goita réfute la thèse des élections ?  

Le despote du Palais de Koulouba s’est aperçu de son impopularité qui dégringole au quotidien à cause de l’absence de résultats. Pour Assimi Goita, faire les élections, c’est prendre le risque de passer le pouvoir au président du CNT, Malick Diaw, le temps de la campagne électoral conformément à la constitution. Cette disposition constitutionnelle, Assimi Goita ne souhaite pas la respecter car il n’a pas confiance à son compagnon d’armes.  Il craint un doublon. Il n’a pas non plus confiance aux maliens qui le vomissent.

Les scandales de corruption à ciel ouvert autour de l’exploitation de l’or et des gisements miniers au Mali; les détournements des fonds de gestion de la crise énergétique et enfin l’opacité dans la gestion des fonds des nouvelles taxes imposées (taxes sur les transferts d’argent via Orange Money et les appels téléphoniques) ont ouvert les yeux des maliens sur de graves malversations financières sous l’ère Goita.

Aujourd’hui, le chef de la junte malienne a perdu ses soutiens de l’intérieur et de l’extérieur du Mali. Assimi Goita est donc isolé. Il se bunkerise entre Kati et Bamako et cela bien qu’il soit hautement protégé par les forces turques, par la milice Wagner et par les FAMAS.  Fort malheureusement, les exactions de certains porteurs d’uniformes maliens contre la population a contribué a creusé un grand fossé qui dessert l’armée. Assimi Goita sait désormais que l’armée n’est plus unie autour de lui. Et que son soutien n’est plus un acquis. Pour Assimi Goita, organiser les élections lui sera fatale. La diversion, la ruse, la propagande et la terreur sont les seules armes dont dispose Assimi Goita.

 Que veulent les Maliens ?

Les maliens sont très nombreux à regretter avoir soutenu  les autorités actuelles. Ils souhaitent in-fine, le retour à la normalité constitutionnelle. Les maliens expriment leur volonté de choisir  leur futur président.

Désobéissance citoyenne

La constitution donne le droit aux maliens d’observer la désobéissance civile pour obtenir satisfaction. L’heure est venue pour que l’ensemble de patriotes et démocrates convaincus s’organisent pour mettre en œuvre cette disposition constitutionnelle. La désobéissance civile et citoyenne pour exiger la démission du despote Assimi Goita est l’une des options pour sauver le Mali et amorcer le processus de sa reconstruction.

Pourquoi faut-il aller aux élections ?

L’avantage des élections porte sur :

  • Le rétablissement et respect de la liberté d’expression encadrée par la loi;
  • Le respect du droit de vote;
  • Le respect des résultats des urnes;
  • Le choix des gouvernants;
  • Le déclenchement du processus consensuel de réconciliation avec tous les acteurs et protagonistes de la crise;
  • La confiance des marchés financiers à la gouvernance malienne;
  • Le retour des partenaires techniques et financiers;
  • La stabilité économique;
  • La création de la richesse et l’accroissement de l’employabilité;
  • L’accessibilité et la distribution des services sociaux de base.

Est-ce que l’insécurité est un frein au processus électoral ?

Au contraire, la tenue des élections pourrait être la solution à l’insécurité notamment dans le cas du Mali et dans les pays du Sahel central.  Au regard de la détérioration et du recul de la sécurité au Mali depuis la prise du pouvoir par la junte, notre pays a besoin d’adopter un plan consensuel de sécurisation du processus électoral.

La validation de ce plan, par les acteurs essentiels de la crise sécuritaire s’impose. La participation d’un arbitre neutre comme les nations unies ou tout autre acteur neutre choisi par les parties prenantes est impératif pour garantir la trêve au cours de laquelle les élections se tiendront. L’objectif consiste à tenir les élections sur au moins 70% voire 80% du territoire. C’est jouable. On peut gagner ce pari.

La junte Assimilite disqualifiée

5 ans de règne sans résultats. 5 ans d’insécurité et d’absence de perspectives ne plaident pas en faveur du chef de la junte malienne. Le régime militaire n’a plus d’acquis ni d’atouts. Le régime militaire a perdu la confiance des maliens et de ce fait ne saurait être un acteur clé pour reconstruire le Mali. Sa mauvaise foi et son refus d’enjamber le retour à l’ordre constitutionnel normal l’exclut d’office de l’arène.  En refusant de faire des compromis, la junte s’est fourvoyée et elle s’est compromise.

L’espoir 

L’espoir est permis au Mali. Les appels au sursaut se multiplient. À bout de souffle, les maliens n’entendent plus se taire et laisser faire. Des voix dissonantes se font de plus en plus entendre. Dans les communes et villages  et au sein de la diaspora, les maliens se mobilisent. Sur les réseaux sociaux, nos concitoyens s’opposent et s’organisent contre l’oligarchie militaro-mafieuse Assimite. Assimi Goita doit partir. Des lendemains meilleurs profilent à l’horizon.

Conclusion 

Un Mali sans les Assimites se dessine. L’icône ou le label Goita jadis auréolé s’est étiolé. L’éviction d’Assimi Goita se prépare.  La transition civile qui portera et sèmera les germes d’un régime démocratique reste la meilleure option. Un Mali reconstruit sur la base d’une paix durable et d’un pays réconcilié en toute autonomie avec  ses partenaires traditionnels afin de garantir un avenir radieux aux maliens.  Vivement le retour à l’ordre constitutionnel normal au Mali, au Burkina Faso et au Niger.

Ismaël Sacko

Président du PSDA

Coordinateur de la Coalition Sahel Démocratie

Légende photo : le président du Parti social-démocrate africain (PSDA) du Mali, Ismaël Sacko, contraint à l’exil depuis plusieurs années.

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