La grève entamée depuis le 3 avril 2025 sur toute l’étendue du territoire national de Côte d’Ivoire par les enseignants de l’éducation-formation est largement suivie, a-t-on constaté sur le terrain. Et le gouvernement qui a brandi la sanction suprême dès le début du mouvement en menaçant de licencier tous les grévistes a fini par se rendre à l’évidence. Les arrestations opérées parmi les enseignants grévistes n’ayant pas réussi à tiédir leur détermination.
Le gouvernement a non seulement abandonné son projet de licencier les grévistes mais, de guerre lasse, il a décidé d’appeler à la table de discussion ses employés mécontents. Qui depuis plusieurs mois demandent des primes d’incitation. Pour améliorer leurs conditions de vie et de travail. Mais en vain. Hier mardi et aujourd’hui mercredi, les ministres de l’Education nationale, Mariatou Koné, et de la Fonction publique, Anne Désirée Ouloto, ont repris langue avec les représentants des enseignants. Des rencontres qui ont été marquées par des tensions manifestes. Tensions liées à l’emprisonnement de l’enseignant Ghislain Dugharry, condamné à 2 ans de prison pour fait de grève, et la brève d’arrestation suivie de relaxe des leaders syndicaux meneurs du mouvement. Une dizaine de personnes avec à leur tête David Bli Blé, le porte-parole du directoire.
Au terme de la rencontre initiée par le gouvernement avec les syndicats à la Fonction publique, les leaders syndicaux d’enseignants ont décidé de consulter leur base, ce jeudi 10 avril 2025, au cours d’une assemblée générale extraordinaire, pour recueillir l’attitude à adopter. Puisque le gouvernement demande instamment la reprise des cours. À côté des revendications sociales, s’ajoutent désormais celles relatives à la libération de plusieurs syndicalistes arrêtés pour fait de grève. En contradiction avec l’article 17 de la Constitution ivoirienne qui garantit le droit de grève. Ce que l’organisation de défense des droits de l’homme, Amnesty International, a relevé dans son blâme infligé au gouvernement ivoirien, le mercredi 9 avril 2025.
David Merlot
Légende photo : L’enseignant Ghislain Dugharry levant le point au ciel en signe de victoire, lors de son jugement au tribunal d’Abidjan-Plateau.


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