Conseil régional de la Marahoué – Vive tension autour du cumul de postes de Zoro Bi Epiphane Ballo

Le cumul de postes de l’ancien ministre, Zoro Bi Epiphane Ballo, président du conseil régional de la Marahoué et président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG) suscite une levée de boucliers dans la région de la Marahoué, notamment au sein du conseil régional. Un conseiller a dénoncé publiquement ce cumul et ses conséquences néfastes, vendredi, lors de la session du conseil régional.

Une session du conseil régional de la Marahoué, centre-ouest de la Côte d’Ivoire, s’est déroulée, le vendredi 14 mars 2025, à Bouaflé, principale ville de cette région, en présence des autorités préfectorales, administratives, politiques et coutumières ainsi que des conseillers régionaux.

Selon des participants à cette rencontre, le point d’orgue de cette réunion a été incontestablement  l’intervention d’un conseiller régional, M. Tah Bi Tah, pendant les divers, lorsqu’il a ouvertement dénoncé la situation de malaise profond dans le fonctionnement du conseil régional de la Marahoué qu’occasionne le cumul de postes du président du conseil régional, l’ancien ministre Zoro Bi Epiphane Ballo, qui est également, depuis le 8 novembre 2023, président de la  Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG). Cette double casquette suscite un dysfonctionnement, au point où, dira le conseiller régional, « il y’a problème ! C’est là que nous devons nous tourner vers la tutelle pour nous aider à trouver une solution à ce problème ».

Dans sa déclaration dont le site indépendant d’informations générales « Le Monde Actuel » a pu obtenir copie, le conseiller Tah Bi Tah n’y va pas avec le dos de la cuillère pour stigmatiser le cumul de postes du président du conseil régional, Zoro Bi Epiphane Ballo. Il estime que cette réalité est préjudiciable au bon fonctionnement de la structure décentralisée. « Ce sont les remarques que je fais depuis notre mandature », souligne-t-il.

« Il y a problème ! », soutient haut et fort un conseiller régional

 Et de poursuivre : « Tout a commencé depuis la nomination de notre président à la tête de la prestigieuse Institution qu’est la Haute autorité pour la bonne gouvernance. Plusieurs observations sont à faire, je m’en tiendrai pour l’heure à deux. La première est que depuis la nomination de notre président à la tête de cette institution, il ne siège plus. Il ne préside plus de session. Il ne prend part aux réunions que par procuration. Je me suis interrogé sur cet état de fait. Mes réflexions ont abouti à la conclusion suivante : deux statuts très incompatibles. Président du Conseil régional et Président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance ».

Le conseiller Tah Bi Tah d’ajouter : «  À partir de là, j’ai compris que le président a raison de ne pas siéger et de ne signer aucun acte. Notre président ne peut pas être juge et partie en même temps J’ai aussi trouvé dans mes réflexions qu’il existe des présidents de conseil régionaux qui sont aussi présidents d’Institutions mais qui siègent et signent les actes parce qu’il n’y a pas d’incompatibilité à leur niveau. Nôtre président a bel et bien raison de ne pas siéger. C’est une bonne attitude de la bonne gouvernance dont il est désormais le garant ».

 Deux statuts incompatibles

 Le conseiller régional a ensuite exposé le second axe de ses observations dans lequel il a mis à l’index l’acte de mauvaise gouvernance, selon lui, de la part de Zoro Bi Epiphane Ballo : « Ma deuxième observation est corrélativement à la première. C’est lorsque notre président donne, pour cette raison, la délégation de signature à certains de ses collaborateurs sans en préciser le contenu dans le temps. C’est-à-dire les prérogatives qui en découlent à travers un arrêté les autorisant à signer par délégation. C’est là où il y a les germes de mauvaise gouvernance. Nous ne sommes qu’à notre deuxième année de mandature, la situation peut se normaliser pour ne pas mettre à mal notre président dans sa nouvelle fonction. Aucune autre forme de signature ne peut régler cette situation car chacune d’elles présente ses spécificités. Je veux parler de la signature par ordre et la signature par intérim (Je parle là sous le contrôle de mes pairs du corps préfectoral) ». 

Et M. Tah Bi Tah de s’interroger : « Que faire ? Notre cas est particulier puisque dans les textes, aucune disposition n’existe dans le cas de l’incompatibilité entre la présidence de la Haute autorité de la bonne gouvernance et la présidence du Conseil régional. Les textes ont été écrits avant la création de cette institution. En conséquence, la seule alternative qui vaille pour répondre à toutes ces difficultés est que le président, avec l’incompatibilité de sa nouvelle fonction, fasse un choix quelque part. Si c’est sur le Conseil régional que son choix est porté, là on criera Youpi !!!!. Mais si c’est la Haute autorité pour la bonne gouvernance, là, il y’a problème. C’est là que nous devons nous tourner vers la tutelle pour nous aider à trouver une solution à ce problème ».

« Il y a les germes de mauvaise gouvernance »

 Cette intervention de ce conseiller régional a créé un froid dans la salle ; les uns approuvant, les autres désapprouvant, nous ont rapporté des participants. Le premier vice-président siégeant du conseil régional de la Marahoué, qui représentait d’ailleurs le président absent et présidait cette session du conseil régional, a pris la parole pour tenter de s’opposer au bien-fondé des propos du conseiller Tah Bi Tah mais en vain, soutiennent des participants. La réunion s’est achevée avec la mise à nu de cette crise de cumul de postes au niveau du conseil régional de la Marahoué.

Didier Depry

 Légende photo : L’ancien ministre, Zoro Bi Epiphane Ballo, président du Conseil régional de la Marahoué et président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG)

 

 

 

 

 

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