Déguerpissements et destructions à Boribana, Gesco et Mossikro – La LIDHO dénonce « une opération brutale et inhumaine »

Dans ce communiqué ci-dessous, en date du 28 février 2024,  signé de son président Neth Willy Alexandre , la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO) s’élève contre les destructions d’habitations et d’école ainsi que les déguerpissements de populations menés récemment par le district autonome d’Abidjan dans les zones de Gesco (Yopougon) , Mossikro et Boribana (Attécoubé). Selon la LIDHO, cette opération a été conduite dans le mépris total de la dignité humaine et la violation des droits de l’homme.

 Une opération de destruction et de déguerpissement au mépris de toute dignité humaine. La Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO) dénonce avec vigueur, un déguerpissement brutal et inhumain, appelle à une suspension immédiate et invite instamment le Gouvernement à prendre des mesures diligentes pour sauvegarder la dignité des populations impactées.

La Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme (LIDHO) exprime sa profonde préoccupation face aux récentes opérations de déguerpissement et de destruction de logements, de commerces et d’établissements scolaires, perpétrées par les services du district autonome d’Abidjan. Ces actions, menées de manière brutale et sans considération pour les droits fondamentaux des populations concernées, ont entraîné des conséquences désastreuses pour de nombreuses familles déjà vulnérables, notamment la compromission du droit à l’éducation pour de nombreux élèves et écoliers.

Les quartiers précaires d’Abidjan abritent une grande partie de la population urbaine, souvent dans des conditions de logement précaires. Ces concitoyens, bien que confrontées à de nombreux défis socio-économiques, ont érigé leurs foyers et leurs moyens de subsistance au fil du temps. Les récentes actions du Ministre Gouverneur du district autonome d’Abidjan, consistant en des expulsions forcées et des destructions de biens, ont entraîné des souffrances humaines considérables et ont jeté des familles entières dans la détresse. Apres les quartiers de Boribana, de Gesco et de Mossikro, environ 173 autres sites regroupant environ un million de personnes seraient concernés par cette opération.

La LIDHO condamne fermement ces pratiques, contraires aux normes internationales en matière de droits humains, notamment le droit à un logement adéquat et le droit à la propriété. Ces opérations violent également la constitution ivoirienne en ces points relatifs à la préservation de la dignité humaine et les valeurs morales, qui exigent le respect des procédures légales et la prise en compte des besoins des populations affectées lors de tout processus de déguerpissement.

Nous appelons instamment les autorités compétentes à mettre immédiatement fin à ces actions et à engager un dialogue constructif avec les communautés concernées. Il est impératif que des solutions durables et respectueuses des droits humains soient trouvées, garantissant le bien-être et la dignité des populations concernées.

La LIDHO appelle également à une enquête sur les circonstances entourant ces déguerpissements et à situer les responsabilités au regard des violations des droits humains qui ont été observées dans le cadre de ces opérations. La LIDHO, suit avec une extrême vigilance la situation et reste mobilisée et solidaire quant à la protection des droits de tous les citoyens et en particulier ceux des plus vulnérables.

Pour la LIDHO

 Le Président

 Neth Willy

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