Dans le texte ci-dessous abondamment relayé sur les réseaux sociaux, les partisans de l’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, affirment que l’Organisation des Nations Unies (ONU) dépêchera bientôt à Abidjan, un émissaire qui aura pour mission d’échanger avec les autorités ivoiriennes pour leur demander de réinscrire le nom de Laurent Gbagbo sur la liste électorale afin qu’il redevienne électeur et éligible.
A noter que M. Gbagbo est le candidat de sa formation politique, le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), à l’élection présidentielle d’octobre 2025. Mais à 6 mois de l’élection présidentielle, il demeure inéligible parce qu’il est privé de ses droits civiques et politiques à cause de sa condamnation à 20 ans de prison relativement à l’affaire dite du « braquage de la BCEAO » durant la crise postélectorale de 2010-2011.
L’ « émissaire » et son unique mission
L’ONU va-t-elle dépêcher effectivement un émissaire en Côte d’Ivoire pour plaider la cause Gbagbo auprès du président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara ? Les militants du PPA-CI et partisans de Laurent Gbagbo en sont convaincus. Ils se fondent pour cela sur une mission qu’aurait entreprise, disent-ils, l’ancien ministre et dirigeant du PPA-CI, Koné Katinan, à la maison de verre à New-York pour expliquer à l’ONU, la situation de l’ancien chef d’Etat, Laurent Gbagbo. Une mission au cours de laquelle l’ONU aurait pris l’engagement d’envoyer un émissaire à Abidjan pour régler ce problème.
Vrai ou faux ? Nous en savons, pour l’instant, rien. Cependant; on se souvient, il y a quelques mois, qu’une polémique était née autour d’un prétendu courrier que l’ONU aurait adressé au chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, afin qu’il réinscrive son prédécesseur sur la liste électorale. Laurent Gbagbo, lui-même, avait fait haut cette « révélation » lors d’un comité central de son parti politique tenu, le samedi 4 janvier 2025. Il s’est avéré, par la suite, que tout cela n’était pas vrai. Le ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avec un brin d’ironie, a soutenu, le mercredi 8 janvier 2025, pendant la conférence de presse post-Conseil des ministres : « On attend la lettre. Ceux qui l’ont qu’ils nous la mettent à disposition ». Le gouvernement n’a pas reçu ce courrier parce qu’il n’a jamais existé.
L’écran de fumée de la lettre de l’ONU
Cette affaire d’un prochain émissaire de l’ONU ne pourrait-elle pas être un autre écran de fumée ? On le saura dans les temps à venir. En attendant, ce que nous savons d’un communiqué du Bureau de l’ONU à Abidjan, c’est que le Représentant spécial Leonardo Santos Simão effectue une visite au Ghana puis se rendra en Côte d’Ivoire. « Dans le cadre de son engagement continu en Afrique de l’Ouest et au Sahel, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (#UNOWAS) Leonardo Santos Simão se rendra aujourd’hui (lundi 14 avril 2025, ndlr) à Accra, au Ghana pour une visite de travail de deux jours. Après sa visite à Accra, Monsieur Simão se rendra le mercredi 16 avril à Abidjan, en Côte d’Ivoire, pour une visite de deux jours. À Accra et à Abidjan, le Représentant spécial rencontrera les autorités et diverses parties prenantes ». Est-ce l’émissaire de l’ONU dont parlent les partisans de Laurent Gbagbo ? Wait and see.
Didier Depry
Légende photo : l’ancien chef d’Etat Laurent Gbagbo, président du PPA-CI lors d’un meeting en 2024.
Le texte diffusé sur les réseaux sociaux par les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo
Alors que la Côte d’Ivoire se prépare pour l’élection présidentielle de 2025, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé l’envoi imminent d’un émissaire à Abidjan. Objectif : entamer un dialogue avec les autorités ivoiriennes autour de l’exclusion de l’ancien président Laurent Gbagbo, ainsi que d’autres figures majeures de l’opposition, de la liste électorale.
Cette décision intervient dans un climat politique tendu, marqué par les critiques persistantes de plusieurs partis d’opposition dénonçant de « manœuvres d’exclusion injustes ». Le cas du président Laurent Gbagbo reste particulièrement emblématique : malgré son retour au pays en 2021 après son acquittement par la Cour pénale internationale, son nom demeure absent de la liste électorale, au motif de sa condamnation en 2018 par la justice ivoirienne dans la prétendue affaire dite du « casse de la BCEAO ».
Pourtant, en septembre 2020, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples avait ordonné la réinscription de Gbagbo sur la liste électorale, estimant que ses droits politiques avaient été violés. Une décision contraignante pour l’État ivoirien, membre de l’Union africaine, mais jusqu’ici ignorée par les autorités d’Abidjan. En tout cas, la visite de l’émissaire onusien pourrait ainsi relancer les discussions sur le respect des droits civiques et politiques en Côte d’Ivoire à l’approche du scrutin. Plusieurs organisations internationales et acteurs de la société civile plaident pour un processus électoral inclusif, gage de stabilité et de paix. Nous espérons que cette intervention de l’ONU pèsera sur le gouvernement pour rétablir le président Laurent Gbagbo dans ses droits.


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