Interview exclusive – L’artiste-chanteur Kamikaz du Zouglou dit tout

Précurseur du zouglou gospel, l’artiste-chanteur Kamikaz du Zouglou poursuit son petit bonhomme de chemin dans l’univers de la musique en Côte d’Ivoire. Jouissant d’une excellente réputation dans le milieu, sa cote de popularité ne cesse d’augmenter. Avant de poser, avec son ensemble, ses valises à l’espace culturel Echo d’Afrik du côté d’Abatta-village (Abidjan) où il va donner un concert live, le samedi 6 juillet  2024, la bête de scène revient, dans cette interview, sur son parcours, parle de ses choix et de son actualité, mais surtout dit ce qu’il promet aux mélomanes qui iront le voir en spectacle, samedi prochain, à Abatta-village.

Le Monde actuel : Vous êtes attendu à un spectacle live, le samedi 6 juillet 2024, à l’espace culturel Echo d’Afrik sis à Abatta-village (Abidjan). A quoi doit s’attendre le public qui va y effectuer le déplacement par rapport à votre prestation ? 

Kamikaz du Zouglou : Le public doit, ce jour-là, s’attendre à vivre un show de dingue que va lui proposer une bête de scène. Généralement, je ne juge pas mes prestations. C’est au public qu’il revient de le faire. On dit souvent que parler de soi-même, c’est de l’orgueil. Toutefois je peux tout simplement vous assurer que le public rendra témoignage de ce qu’il aura vu ce 6 juillet 2024.

Justement combien de titres comptez-vous proposer au cours de votre prestation ? 

La teneur d’un spectacle, mais aussi le nombre de titres proposés dépendent généralement du rendement du public en face, de sa façon d’interagir avec l’artiste. Parce qu’on ne transmet que ce qu’on a. Donc ce que tu as, c’est bien ce que tu proposes, c’est bien ce que tu donnes au public. Et le public réagit en fonction de ce que toi, l’artiste, tu lui proposes. Et, me connaissant, et sans prétention aucune, je peux vous assurer que je suis une bête de scène. Peut-être que je ne pourrai pas proposer, ce soir-là, tous les titres issus de mon répertoire. Par contre, je promets qu’il y aura de l’ambiance ; qu’il y aura la fête. Que je vais assurer le show, le spectacle.

Depuis quand faites-vous de la musique ?

J’ai d’abord commencé la musique à l’église. Mais ça, c’est une longue histoire. Je peux affirmer que je suis l’un des précurseurs du zouglou gospel. Je fais partie des artistes qui ont contribué à créer le zouglou gospel en Côte d’Ivoire. Mais, dans le temps, cette musique n’était pas la bienvenue à l’église. Les fidèles la qualifiaient de musique profane. Les devanciers jugeaient, dans le temps, le zouglou de musique profane. Donc on ne pouvait pas la jouer à l’église. Toutefois, étant un amoureux de cette musique urbaine, je ne pouvais pas m’en départir. J’étais donc obligé de sortir du cadre de l’église pour faire valoir mon talent c’est-à-dire proposer ce que j’aimais faire dans les espaces et autres lieux dits profanes. Et Dieu merci, aujourd’hui, le zouglou gospel existe. Ce qui veut dire que nous étions, nous autres, sur la bonne voie. Et ce qui était combattu hier est aujourd’hui accepté. Au total, il faudrait retenir qu’il y a donc longtemps que je suis dans la musique. Que je pratique la musique.

 

« Ma source principale d’inspiration, c’est Dieu »

 

D’où tirez-vous votre inspiration ?  A quel moment vous sentez-vous inspiré ? 

Je vais vous faire une confidence. Sachez que mon inspiration vient la plupart du temps pendant les spectacles que je donne ou encore au cours d’improvisations. Je fais beaucoup d’improvisations. Je m’inspire de tout ce que je vois, de tout ce qui m’entoure. Je m’inspire aussi de mon vécu. Et ma source principale d’inspiration, c’est Dieu.

Et quels sont vos thèmes de prédilection, à part évidemment Dieu ?

Je touche un peu à tout. Les faits de société notamment. Mais moi, je ne suis pas, comme on le dit, un artiste engagé. Je ne parle jamais de politique. Tout ce qui touche la société, les vices, les maux de la société, en gros les réalités sociétales sont les sujets que j’aborde dans mes chansons.  Pour tout simplement vous dire que je m’intéresse un peu à tout.

Au total, ça fait véritablement combien d’années que l’on peut vous considérer comme un artiste en plein temps ?

C’est en 2019 que je me suis fait déclarer au Bureau ivoirien du droit d’auteur (BURIDA). Sinon j’ai véritablement commencé la musique en 2010.

Et comment organisez-vous votre carrière ? Disposez-vous d’un staff managérial qui gère votre carrière ?

On dit souvent que qui veut aller loin ménage sa monture. Nous ne sommes pas dans une course. Quand l’on veut bien faire, quand l’on ambitionne d’aller loin, d’arriver loin, il faut savoir prendre son temps pour bien s’organiser. Je ne suis pas pressé et je ne suis en compétition avec personne. Je prends donc mon temps, le temps qu’il faut pour mieux m’organiser, parce que je veux aller loin. Et c’est alors dès maintenant que je m’y prépare. J’ai un staff managérial. J’ai un orchestre. Il y a des gens, des mécènes, qui me soutiennent. Aujourd’hui, je suis en autoproduction. En 2019, j’étais, c’est vrai, sous contrat. Mais, à l’heure actuelle, je suis en autoproduction. Comme quoi je gère moi-même ma carrière, aidé d’un staff que j’ai mis en place.

Quelle est votre actualité côté spectacles, tournées, projets, sortie d’album ? 

Aujourd’hui, je suis en pleine préparation de mon album. Un album qui était déjà prévu pour sortir depuis quelques années. Mais, pour préparer la sortie de cette œuvre tant attendue, nous avons déjà des singles que nous sommes en train de réaliser. A la suite de « Dobé » et « On a secret de çà ! », il y a « Moi je l’aime » qui va sortir bientôt. Il y a aussi « Gobazara Gobazara » et « Mets ta bouche dans mon affaire ». Ces deux singles sortiront pour annoncer l’avènement de l’album. Vous savez qu’on prend du temps pour réaliser un album et ça demande aussi beaucoup de moyens.

Mais, dans les perspectives, quand précisément la sortie de votre album est-elle prévue ? 

Disons qu’en début d’année 2025, cet album de 12 titres doit, en principe, être sur le marché.

Et qui en est l’arrangeur ? 

J’ai travaillé avec plusieurs arrangeurs. Notamment Exo le Charismatique. Actuellement, nous sommes en train de travailler avec Alain Kakou. Pour l’heure, ce sont les deux arrangeurs de cet album à sortir. Mais je ne suis pas fermé à l’avènement d’autres arrangeurs sur cette œuvre. Sinon j’ai déjà collaboré avec Ben Bi.

 

« Je n’ai aucun problème dans le milieu »

 

Dans le milieu, quel est l’artiste ou les artistes dont la carrière vous inspire ?

Il y a d’abord Soum Bill. Soum Bill est un excellent chanteur et est aussi quelqu’un d’effacé. Je me retrouve un peu dans cette posture, parce que je n’aime pas trop m’afficher, me faire voir. Je préfère rester dans mon coin.  Après Soum Bill, il y a Pat Sacko d’Espoir 2000. Mais aussi feu Jean Roger des Zouglou Makers. Paix à son âme ! Ce dernier était mon mentor. Il me donnait beaucoup de conseils, me recevait et aussi j’étais invité chaque fois qu’il avait des émissions.  Et il y a, en outre, Éric Patron. Qui est quelqu’un en tout cas aussi très posé et dans son coin.

Mais quels sont vos rapports avec les autres zougloumen ? 

Je déteste l’hypocrisie. Je ne suis donc pas hypocrite. Dans le milieu, je n’ai aucun problème. Je suis là, dans mon coin, en train de me frayer un chemin dans l’écosystème de la musique en Côte d’Ivoire. Et quand on a besoin de moi, je réponds toujours présent. Vous savez, pour ne pas être mal vu, il ne faut pas mettre tes pieds où on ne t’a pas invité. C’est ma philosophie.

Vous n’avez donc pas de rapport particulier avec les acteurs de votre milieu. N’avez-vous pas un seul ami parmi eux ?

Ami, c’est trop dire. Nous sommes tous des collègues de travail. Et quand l’un d’entre eux a besoin de tes services et te fait signe, tu pars à sa rencontre. Moi, je ne mets jamais les pieds où je ne suis pas invité, où je ne suis pas le bienvenu. C’est comme ça que je suis.

Nous allons terminer cet entretien par l’événement du 6 juillet prochain du côté d’Abatta village où,  en première partie, la formation artistique maison du même nom de l’espace qui va vous recevoir se produira. Est-ce que vous avez un appel à lancer au public, aux mélomanes et à vos fans ?

Je peux seulement demander au public, à mes fans de venir nombreux vivre l’événement avec moi. Kamikaz du Zouglou, c’est quand même quelqu’un qui a une histoire, quelqu’un qui a du vécu dans le milieu. On sait donc qui je suis. Aujourd’hui, il y a certaines chansons que les mélomanes ont déjà écoutées, fredonnent même sans savoir qui les chante. C’est donc ici l’occasion qu’ils ont de venir mettre un visage sur ces chansons-là. Aujourd’hui, avec le spectacle du samedi 6 juillet, ils ont l’occasion de me découvrir et aussi de savoir que c’est moi qui suis l’interprète notamment de « Dobé », « On a secret de ça ! ». Alors je leur recommande de venir nombreux à ce spectacle live afin que nous passions des instants mémorables. Personne ne sera déçu. Et, à la fin du show, eux-mêmes auront la latitude de juger. Parce que la bombe musicale que je suis, arrive. Ils auront un avant-goût de mon album actuellement en préparation.

Interview réalisée

 par Marcellin Boguy 

 Légende photo : L’artiste-chanteur de zouglou, Kamikaz du Zouglou, promet un show époustouflant le samedi 6 juillet prochain aux mélomanes.

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