A travers le communiqué de presse ci-dessous, l’ancien ministre Joël N’Guessan, ancien porte-parole du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti politique au pouvoir en Côte d’Ivoire, s’adresse directement à l’institution judiciaire ivoirienne, notamment aux magistrats. Il leur présente ses excuses relativement aux propos qu’il a tenus dans l’interview exclusive qu’il avait accordée au site indépendant d’informations générales « Le Monde Actuel ».
Des propos qui lui ont valu d’être inculpé pour « discrédit sur l’institution judiciaire et discrédit sur une décision de Justice » puis placé sous mandat de dépôt. Depuis le 19 juin 2025, il est détenu au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (ex-MACA).
Pour rappel. Voici les propos incriminés de l’ancien ministre Joël N’Guessan. « ( … ) Je signe et je persiste, les exclusions sont dommageables. On a vu tout ce que ça nous a causé par le passé. J’interpelle à cet effet, les magistrats qui, au lieu de prendre des décisions sur le plan de la justice, s’emploient essentiellement à exclure. Je vous fais remarquer que ce sont certains magistrats qui sont à la base de tous les problèmes que nous avons connus », avait-il soutenu évoquant la situation sociopolitique actuelle, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2025.
Et de poursuivre : « Mais n’oublions pas que l’origine de cette crise, ce sont les décisions prises par les magistrats. Ce n’est pas Joël N’Guessan qui a décidé qu’on ne délivre pas, en l’occurrence, un certificat de nationale ivoirienne à Tidjane Thiam. Ce n’est pas moi. Ce sont les magistrats. Ça veut dire que si demain, il y a des troubles dans le pays, le premier responsable, ce sont les magistrats. Ce ne sont pas les hommes politiques. C’est pour cela que j’exhorte les magistrats à bien analyser les situations avant de prendre des décisions ».
Ce communiqué de presse que l’ancien ministre Joël N’Guessan a assurément fait avec le soutien de son avocat, Me Rodrigue Dadjé, constitue un acte fort d’humilité qui vient du fond de son cœur. Nous souhaitons ardemment qu’il trouve un écho favorable et de pardon auprès des magistrats et des autorités judiciaires ivoiriennes afin que M. Joël N’Guessan recouvre la liberté.
Le 17 Juin 2025, j’ai accordé une interview au journal en ligne «Lemondeactuel.com ». À la suite de cette interview, j’ai été interpellé, le 18 Juin 2025, et conduit à la Préfecture de Police d’Abidjan où j’ai été gardé à vue et déféré le lendemain devant le Parquet d’Abidjan Plateau puis présenté à une juge d’instruction.
J’ai finalement été inculpé pour discrédit sur l’Institution judiciaire et discrédit sur une décision de justice de nature à porter atteinte à l’autorité de la justice, et placé en détention préventive au Pôle Pénitentiaire d’Abidjan, le 19 Juin 2025, où je suis encore. À l’issue de mon audition, ce vendredi 4 Juillet 2025, accompagné de mon Conseil Maître Rodrigue Dadjé, j’ai réalisé que mon interview avait choqué beaucoup d’acteurs de la Justice, notamment des magistrats.
Loin de moi l’idée de remettre en question l’autorité de l’Institution judiciaire, ou, à plus forte raison, de porter atteinte à l’honneur des magistrats ivoiriens ou de les exposer à une quelconque forme de désapprobation publique. Je tiens donc à présenter mes sincères excuses à l’Institution judiciaire et aux magistrats pour mes propos tenus dans cette interview.
Abidjan, le 5 Juillet 2025
Monsieur Joël Kouadio N’Guessan
Légende photo : L’ancien ministre Joël N’Guessan, ancien porte-parole du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). (photo Archives)


Laissez une réponse