L’impartial – A propos des « cérémonies de remerciements et de reconnaissance » en Afrique – Par Yao Noël

Par principe, par éducation et par ma culture Akan, je le dis tout net, j’aime bien et je dis toujours merci après un bienfait. Je peux même le dire, sans gêne, sans forfanterie, sans retenue : dire merci à une personne qui m’a fait du bien, fait partie de mon ADN. C’est en effet plus fort que moi mais j’assume cette façon sociale et très africaine de remercier un bienfaiteur.  La nuit dernière, j’ai pris part à une vive discussion entre divers hommes et femmes des médias africains autour de cette thématique ou problématique : « Faut-il oui non remercier une autorité publique, un dirigeant d’Etat qui, dans le cadre des missions régaliennes, fait construire ici une école, un dispensaire, donne là l’électricité ou l’adduction d’eau à un ou plusieurs villages de la région ? »

A priori et dans la conception et culture occidentale, vu que c’est cela sa mission intrinsèque d’œuvrer au développement des localités et du pays tout entier, remercier un responsable public peut paraître insolite, saugrenu, superfétatoire voire carrément déplacé. Mais mon point de vue personnel, dans le cadre de ma liberté d’opinion et d’expression, va dans le sens du remerciement, quel que soit le contexte républicain et il s’appuie sur ces questions simples, élémentaires et à la limite légères :

1) Y a-t-il, oui ou non, des responsables d’Etat qui refusent d’offrir ces infrastructures basiques mais précieuses de progrès au profit des populations ? N’a-t-on jamais vu des dirigeants qui ont pour cadet de leurs soucis le bien-être du peuple ?

2) Le dirigeant politique est-il contraint, obligé de poser des actes positifs, constructifs partout, en tout lieu et en tout temps ? Ce dirigeant peut-il être contraint par la police,  la gendarmerie à poser des actes de générosité, de solidarité ou de partage soit collectivement soit individuellement ?

3) En définitive, cette affaire relève de la personnalité, de l’éducation, de la culture,  du tempérament,  bref de la mentalité de chacun et chacune.

Pour ma part,  je le (re) dis haut et fort : il n’y a aucune honte,  aucune gêne à dire ou devoir dire notre merci africain à un bienfaiteur,  qu’il ait été contraint,  forcé ou libre de poser un acte positif, constructif et bénéfique. MERCI à vous tous qui avez pris la peine de lire ma prose.

 

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