L’impartial – CEDEAO ou AES, le plus important, c’est l’intégration !  Par Yao Noël

Depuis l’irruption des juntes militaro-putschistes sur le devant de la scène en Afrique de l’ouest, il y a comme une controverse, une polémique voire un faux débat sur la volonté de ces soldats de sauter du navire CEDEAO pour aller voguer sur des rives nouvelles qu’eux, seuls, espèrent conduire et maîtriser.

Portée sur les fonts baptismaux voilà bientôt 50 années, la CEDEAO, sans être parfaite ou démoniaque a, depuis, fait du chemin sur la voie de l’intégration sous-régionale et de la libre circulation des personnes et des biens. Qu’il y ait eu des fautes, des manquements, des ratés, désillusions ou rendez-vous manqués, nul ne saurait contester ou tout rejeter en bloc car il s’agit, avant tout, d’une œuvre ou d’une construction humaine.

Dès lors, des correctifs ou corrections, des amendements, des réformes doivent lui être inévitablement prescrits et mis en œuvre afin qu’elle devienne vraiment et réellement une « CEDEAO des peuples » plutôt que de bureaucrates ou de fonctionnaires installés à Abuja (Nigeria). Si l’on veut donc être positif et constructif ainsi que nos trois Chefs d’Etat putschistes veuillent bien le faire croire, la solution n’est guère de sauter du bateau commun. Il s’agit de contribuer, de l’intérieur, au nécessaire aggiornamento et   » move forward », comme disent les anglo-saxons  pour tout simplement dire :  » aller de l’avant »!

En réalité, tout porte à croire qu’au Burkina Faso, au Mali et au Niger, ces militaires qui ont déjà maille à partir avec leurs peuples et leur si désastreuse transition, bottent constamment  et volontairement en touche. C’est le faux fuyant à coup de supercherie, de tromperie, de roueries de très mauvais goût. Pourquoi n’ont-ils pas choisi d’attendre d’avoir un régime constitutionnel avant d’engager leurs peuples dans une séparation d’avec la CEDEAO au lieu de se hasarder dans l’inconnu avec cette AES que certaines mauvaises langues ont tôt fait de définir comme une « Association des Esclaves Soviétiques » ?

Avec les démarches et la médiation du jeune Président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, l’on espère que ces 3 militaires mettront fin bientôt à leurs errements pour revenir dans une CEDEAO des peuples, réformée, revigorée, libérée et affranchie de quelques puissances occidentales, chinoises ou russophiles, indépendante et souveraine. Notre intégration africaine se fera  » step by step » c’est-à-dire par  » cercles concentriques », ainsi que le Président Léopold Sedar du Sénégal l’avait préconisé. Les manœuvres dilatoires et les jeux de passe-passe pour retarder le retour dans les casernes de ces trois putschistes  n’ont que trop duré. Ça finit par nous lasser et nous agacer tous dans notre Afrique occidentale.

 

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