Quel que soit le climat du moment, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont et demeurent deux inséparables pays frères. Liés par la géographie et l’histoire, le pays de Félix Houphouët-Boigny et celui des « Hommes intègres », à l’époque incarné par l’inoubliable Maurice Yaméogo, ces deux Etats ouest africains se vouent, par leurs populations respectives, fraternité, amitié, solidarité, estime, complémentarité.
En réalité, rien d’étonnant à cela tant ces deux pays formaient, de 1932 jusqu’à 1947, une même entité (la Haute Côte d’Ivoire et la Basse Côte d’Ivoire). Puis, la lutte commune pour l’indépendance avec les immortels Félix Houphouët-Boigny, Daniel Ouézzin Coulibaly, Philippe Zinda Kaboré, Maurice Yaméogo et bien d’autres, sous la bannière du grand mouvement d’émancipation, le Rassemblement Démocratique Africain( RDA), leur permirent de faire une partie du parcours politique ensemble.
Juste en 1959, une année avant les indépendances,ils mirent sur pied le Conseil au nom bien révélateur, indiqué et approprié de « Conseil de l’Entente » avec pour objectifs, le combat pour l’indépendance et le bienêtre de leurs populations respectives. De même que deux ou des amis n’ont pas besoin de se ressembler pour marcher ensemble, la Côte d’Ivoire et la Haute Volta (ancien nom de l’actuel Burkina Faso), n’ont pas eu besoin d’être des « jumeaux » pour entretenir des relations étroites de fraternité, d’amitié et de coopération bénéfique et exemplaire.
En tout cas, du côté d’Abidjan depuis le temps de Félix Houphouët-Boigny et de Ouagadougou avec Maurice Yaméogo jusqu’à ce jour, les deux gouvernements n’ont pas eu besoin de « s’embrasser sur la bouche » pour œuvrer ensemble pour le progrès. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, beaucoup d’encre et de salive, aussi. Aujourd’hui encore, en ce 21e siècle de tous les défis, mutations, changements en tout genre, l’heure est encore moins à la perpétuation ou à la similitude des pensées, idéologies, croyances, méthodes… Chacun agit et gouverne chez lui, comme il l’entend. Et d’ailleurs, la guerre des idéologies a tout simplement vécu et, comme le dit avec pertinence l’auteur américain d’origine japonaise, Francis Fukuyama, c’est « la fin de l’histoire ».
Face à cette réalité de nos jours et comme on dirait dans les rues abidjanaises « où est donc palabre? » Chacun est et reste dans son chacun et « camarade ou ami, ne veut pas dire jumeau » ou « frère et sœur siamois ». Exit donc, les suspicions intermittentes, intempestives et interminables sur de prétendus ou réels complots visant à renverser le régime de l’un et l’autre des deux pays. Retenons seulement in fine : 1) «On ne mange pas idéologies ». C’est du riz, kabato, attiéké avec sauce ou poisson on mange des deux côtés. 2) La Côte d’Ivoire, depuis Houphouët-Boigny, est « l’amie de tous, l’ennemie de personne ». « Épicétou » (et puis c’est tout ! en langage populaire Ivoirien)


Laissez une réponse