L’impartial – Pour une réflexion sérieuse et ordonnée sur l’Afrique et la démocratie (occidentale) – Par Yao Noël

C’était au début de ce que l’on a nommé « le vent de l’Est » qui soufflait très fort sur le monde et l’Afrique, fin 1989 – début 1990. Le glacis soviétique né depuis Yalta s’écroulait à grande vitesse. Fraichement sorti de l’université avec le relent ou quelques réminiscences éparses des années « soixante-huitardes », je faisais partie des jeunes africains qui ont brocardé et vilipendé l’homme politique et dirigeant français Jacques Chirac qui avait affirmé – un peu à la va vite – que les peuples africains n’étaient pas assez mûrs pour la démocratie. Avec des amis de ma génération, nous avions affublé M. Chirac de tous les noms d’oiseaux.

Depuis cette époque-là, la démocratie africaine ou la démocratie en Afrique, a, cahin-caha, fait son bout de chemin. Mais aujourd’hui encore, à la faveur des mouvements, évolutions, péripéties en cours, l’on est encore en droit de s’interroger sur cette démocratie qui ressemble fort, à s’y méprendre à une camisole de force qu’on voudrait enfiler aux africains. Est-elle adaptée à nos us et coutumes ? La démocratie de (ce) type occidental convient-elle aux africains avec leurs cultures ? Pourquoi la démocratie de type occidental a-t-elle un mal fou à fonctionner convenablement en Afrique ? Notre système africain de type communautaire plutôt qu’individualiste est-il un frein et un obstacle à une bonne pratique démocratique en Afrique ?

Beaucoup d’interrogations, oui, de nombreuses questions auxquelles les africains devraient répondre dans ce que l’on a appelé « l’échec de L’ÉTAT AFRICAIN ». Dans un pays comme la Côte d’Ivoire qui a un rendez-vous capital, le 25 octobre prochain, avec l’élection présidentielle qui, déjà, s’annonce difficile, compliquée pour ne pas dire fatale et tuante, nous aurions tous dû conduire, après la crise de 2010-2011, une saine, calme, pressante et utile réflexion. En effet, si, pour l’Europe et le monde occidental, Sir Winston Churchill avait pu ironiser en affirmant, de manière énigmatique, que « la démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres », quid de nos pays et peuples africains ?

 

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