« Le dialogue est l’arme des forts et non des faibles », nous disait, recommandait et enseignait le Président Félix Houphouët-Boigny, sage parmi les sages, artisan, apôtre et champion de la Paix. Pour le père-fondateur de la nation, accepter de dialogue avec son adversaire relevait assurément de la force morale plutôt que de la force brute, brutale, physique et animale.
Ce discours connu et reconnu a inspiré beaucoup de responsables et dirigeants politiques ivoiriens y compris son opposant historique. En effet, à la suite des paroles de sagesse du Président Houphouët-Boigny, et comme en écho à sa vision du règlement des conflits humains, Laurent Gbagbo a, lui aussi, eu cette formule- choc : « Asseyons-nous et discutons ».
En clair, pour lui aussi, le dialogue et la négociation étaient la meilleure solution dans les disputes, contradictions ou contrariétés entre humains. Aujourd’hui, voilà qu’à la faveur d’un meeting, le samedi 7 juin 2025, à Abidjan, l’ancien Président de la République hausse le ton pour marteler que si ses adversaires veulent la bagarre, il va la faire et « On va se battre », affirme-t-il à 80 ans révolus.
Dans la forme déjà et à cet âge-là, a-t-on encore la force de « se battre » ? Peut-on encore raisonnablement appeler (publiquement) à aller « se battre »? Dans le fond, face aux difficultés qui peuvent être réelles et fondées pour obtenir et engager le dialogue, faut-il déclencher tout de suite « la bagarre » ou décider tout de go d’aller au combat et aux pugilats ?
Le chemin du dialogue n’est jamais aisé ni même un « long fleuve tranquille ». Plusieurs essais, plusieurs tentatives et jamais le désespoir ou le découragement. Des hommes, tel qu’un ancien chef d’Etat comme Laurent Gbagbo le savent ou plus exactement, devraient le savoir. Le disant, nous n’exonérons nullement les détenteurs actuels de l’autorité étatique de leur obligation (« houphouétiste » ou « houphouétienne ») de devoir discuter et dialoguer sans cesse dans l’intérêt supérieur de la nation, de la paix et de la stabilité.
En clair, s’il est bien compris et bien admis qu’il faut être toujours au moins à deux (02) pour parler, se parler et dialoguer, il est tout aussi évident, salutaire et nécessaire que toutes les parties prenantes du microcosme politique ivoirien accèdent à la même et suffisante compréhension de l’utilité du dialogue afin de tirer la Côte d’Ivoire d’une énième et fatale catastrophe.


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