Mali / Discours à la nation d’Assimi Goita – Ismaël Sacko (PSDA) : «  La duperie Assimite démasquée »

Dans la tribune ci-dessous qu’il a produite, ce vendredi 2 janvier 2026, et qu’il a intitulée « Les angles morts du discours du 31 décembre 2025 d’Assimi Gita : La duperie Assimite démasquée », le président de la formation politique l’opposition, le Parti social-démocrate (PSDA), Ismaël Sacko, contraint à l’exil depuis plusieurs années,  porte un regard fort critique sur le discours adressé à la nation malienne par le général Assimi Goita, chef du pouvoir militaire de transition, dans la soirée du 31 décembre 2025, à l’orée du nouvel an 2026.

 2025 a été une année d’échec sécuritaire et économique. Le tout militaire et la diplomatie conflictuelle n’a produit que des fruits inaptes à la consommation (le zaqum). Le Mali ne saurait vivre en autarcie. Et les nations autour veillent car la fragilité sécuritaire de notre pays constitue un risque majeur pour la stabilité de la région. La nébuleuse terroriste propagée par la junte militaire mérite d’être contenue, maîtrisée, absorbée et combattue.

La contagion de l’hydre terroriste putschiste devenue un syndrome d’Assimi Goita ne doit pas être disséminée dans notre espace commun au risque d’annihiler les efforts de développement d’ordre factuel.  A contrario, le discours du chef de la junte à la nation malienne, ce 31 décembre 2025, au moment où les maliens amaigris par la précarité de leurs conditions de vie, met en lumière une gestion sournoise, catastrophique et une approche machiavélique des dirigeants pris dans leur propre piège.

Façonner le MALIDEN KURA

 Façonner un nouveau type de malien fait allusion à un objet voire une pierre corvéable, à tailler sur mesure. C’est une image rabaissante de l’homme malien. Toutefois, il paraît précieux de réunir les conditions du «Maliden Kura» version améliorée. Ce qui implique dès l’école primaire, de mettre en place tout un programme de formation, d’éducation à la citoyenneté. Ces éléments sont les fondamentaux pour disposer sur 15- 20 ans, d’un nouveau modèle de malien vertueux et à cheval sur les valeurs socio-traditionnelles et ouvert au reste du monde.

Nous sommes malheureusement au regret de constater que depuis l’avènement de la junte Assimite en août 2020, la jeunesse  malienne est travestie. La junte, au lieu d’apporter ou de l’impulser  par le biais de la formation, a imposé la facilité par l’invective.  Pendant que le monde forme des ingénieurs et de techniciens compétents, la junte malienne impose une décision d’instrumentaliser notre jeunesse, en exposant la vulgarité et l’incompétence sur les réseaux sociaux d’un modèle de quelques jeunes en perte de repères identitaires.

Point de réforme ni de programmes d’éducation civique, ni d’écoles d’excellence pour favoriser la compétitivité. Assimi Goita feint de faire ressortir, dans son discours décalé avec la réalité du moment, que des hommes, en soutien à la junte, sont en prison pour avoir insulté des chefs d’Etat ou l’islam ; d’autres n’osent pas quitter le Mali craignant d’être interpellés parce qu’ils brillent par l’indécence et l’incohérence de leurs propos à l’encontre des voix dissonantes.

Au lieu d’être les meilleurs dans les compétitions techniques et intellectuelles, nous assistons à la promotion de la délinquance sur les réseaux sociaux où l’invective et le gain facile à travers la création de loubards virtuels ou des mercenaires virtuels payés à coût de millions de FCFA a très vite pris de l’ampleur.  Les actes d’Assimi Goita sont à l’opposé de ses discours dont il ne comprend pas le contenu. Assimi n’a aucune vision claire encore moins de la conception des concepts, des plans et programmes de développement au vu de son inculture.

Comment Assimi Goita peut-il impacter sur le « Maliden Kura » lorsque la jeunesse se sent trahie et abandonnée par son idole d’hier devenu son bourreau de tous les jours ? Assimi Goita est une déception et une honte nationale.

Mécanisme endogène de la paix

 Tous les mécanismes nationaux maliens pour résorber les conflits et la guerre fratricide ont privilégié le dialogue entre les belligérants. Ce dialogue, long processus vers la paix, fait référence à des préalables incompressibles que le régime militaire de Bamako se refuse d’appliquer et cela malgré une volonté populaire et citoyenne affichée.  La paix est un comportement et une volonté nationale et non une camisole aux forceps des gouvernants devenus impopulaires.

La milice russe Wagner (Africa Corps), les mercenaires turcs Sadat et la souveraineté militaire Assimite

 La souveraineté appartient au peuple, elle est nationale. Le référendum lui confère un caractère juridique et politique. Le discours de l’an d’Assimi Goita met en lumière son refus et celui de son gouvernement d’appliquer les recommandations et la volonté populaire. Son discours trace la voix d’une junte répressive coupée de son peuple.

Lorsque Wagner arrive au Mali pour tuer des maliens fussent-ils des groupes armés du FLA (obligé de se défendre suite à l’agression d’Assimi Goita et de ses mercenaires), des innocents civils désarmés, est-ce que le peuple malien a donné son aval ? Non. N’est-ce pas un diktat des tenants du pouvoir pour se maintenir par les armes ?

Le choix d’Africa corps en remplacement de Wagner ou la présence imposée de la seconde milice étrangère turque SADAT est l’illustration d’un pilotage dictatorial des Assilites qui ont violé leur serment et qui sont incapables de protéger et de sécuriser le peuple floué. De quelle souveraineté militaire est-il question?

Sauf si le général Assimi Goita prône une souveraineté de la hiérarchie militaire qu’il pilote. Oui, sa souveraineté est celle-là même qui continue d’humilier notre armée. Sa souveraineté militaire à lui, a divisé notre armée et l’a affaiblie. Car la souveraineté nationale a pour pilier le peuple et son armée.  Comment une nation fissurée, brimée, embrigadée et une armée délaissée au profit des milices étrangères peuvent-elles se sentir souveraines?

Dans son adresse à la nation ce 31 décembre 2025, Assimi Goita a pris le soin d’étouffer la vérité d’une armée qui se prépare à le déposer. Le JNIM n’aurait jamais pu étrangler énergétiquement et économiquement Bamako si l’armée répondait du général Goita. L’armée dont il fait allusion ne se reconnaît plus en lui. Cette armée le défie. Les limogeages à volonté et sans raison de bon nombre de porteurs d’uniformes prouve à suffisance qu’il y a un véritable malaise au sein de nos forces de défense et de sécurité. La duperie Assimite est bien démasquée.

Le haké et la souveraineté culturelle

La culture malienne repose sur des leviers structurés et tirés de nos valeurs traditionnelles comme le « Haké », le « Dambé », le « Kankelé Tigui » et j’en passe. Parler de souveraineté culturelle ne consiste pas à organiser des biennales et à acheter la conscience de certains griots et artistes pour chanter les louanges d’un prince sans couronne. La souveraineté culturelle, c’est surtout la valorisation et la capitalisation de nos us et coutumes.

La trahison, le mensonge et l’assassinat voire l’épuration d’une partie de la population du Nord et du centre du Mali, a de tout temps été bannie par les codes de la déontologie culturelle : chez nous au Mali, la parole est sacrée; les actes suivent la parole. Chez nous au Mali, le criminel est banni et le vol sanctionné. Chez nous au Mali, mentir est une humiliation qui suit sa progéniture. Mais sous Goita, tuer, mentir, voler sont des atouts.

Un gros mensonge d’Etat sous la junte malienne a été d’accuser la communauté internationale de déstabilisation pendant qu’au même moment le pouvoir malien continue d’emprunter de l’argent sur le marché financier international et que ce pouvoir travaillait tant avec les services secrets français jusqu’à l’affaire dit des généraux Abass Dembélé et Nema Sagara que russes. Ce choix non stratégique et cette duplicité ont conduit notre pays à l’isolement et l’a mêlé à un conflit géopolitique qui échappe à la compréhension de la junte militaire.

La junte a accusé la CEDEAO de la déstabiliser alors que le gouvernement Assimite a bénéficié du financement de la CEDEAO pour acheter des équipements militaires courant 2023-2024. La junte Assimite refuse la colonisation européenne mais se vassalise aux russes et aux chinois qui pompent nos ressources minières. L’inculture Goita est avilissante pour notre nation. La junte parle de souveraineté culturelle et de promotion des langues nationales mais en 2025-2026, elle s’exprime en langue étrangère et dans sa constitution l’expression du français n’est pas abrogée.

Asphyxie du peuple malien  

 Le vol et la corruption n’ont jamais été systémiques en République du Mali que sous l’ère des généraux bâillonnés par les milices étrangères. Pour mémoire, le rapport du vérificateur général du Mali a identifié des poches de détournements des deniers publics depuis 2022 pire que sous l’ère démocratique.

Le général Assimi Goita et ses acolytes sont les bradeurs de l’or et du coton malien. L’argent de l’or qui sert à acheter des armes surfacturées n’alimente plus les centrales hydroélectriques encore moins les stations de carburant. L’argent de l’or malien alimente les caisses noires de Goita et affidés. L’argent de l’or sert désormais à payer la rançon aux JNIM que Goita, l’incrédule, arme.

Conséquences immédiates du discours

Le discours du réveillon 2026 est une duperie. Au lieu de souder le peuple et de réunir les conditions du sursaut national, Assimi Goita a donné raison aux entrepreneurs maliens qui ont choisi d’aller sécuriser leurs investissements dans les pays de la CEDEAO à forte croissance et fort potentiel économique.

Ce discours donne des leviers juridiques et politiques à l’opposition malienne de l’intérieure et de l’extérieure. Oui, l’horizon 2026, se jouera sans les Assimites. Le discours donne de l’élan et de la motivation aux groupes armés révolutionnaires fantassins de la restauration de la cohésion nationale. Le régime militaire malien a exposé ses limites et a manifesté sa volonté de garder le pouvoir par les armes.

Assimi Goita n’a guère de respect pour le génie malien et ne souhaite nullement mettre en œuvre la volonté souveraine d’un peuple avide de bien-être, d’ouverture et de développement économique et social.

Suggestion

 La Coalition des Forces pour la République; nos organisations clandestines, nos organisations pilotes et le FLA sont des leviers puissants qui portent la voix d’au moins 17 millions de maliens qui ne se reconnaissent plus dans la gouvernance actuelle. Le malien a soif du renouveau. Le Mali changera.

L’ensemble de nos organisations sont populaires et les œuvres pour le Mali et pour les maliens : « le nous » prime sur « le moi ». Notre gouvernance sèmera les germes de la paix et aura comme socle la laïcité et une diplomatie de développement et non conflictuelle. Une transition civile et non militaire rassemblera les maliens de tous bords.

La « Maliden Kura », c’est surtout une justice sociale où la loi sera égale pour tous. La justice du « Maliden Kura » sera émancipée des diktats d’Assimi Goita. Le retour à l’ordre constitutionnel est une demande nationale. Nous ne céderons jamais. Nous ne baisserons jamais les bras.

Conclusion

Le Mali ne saurait vivre en autarcie et la guerre détruit plus qu’elle ne construit. La force unifiée dite de l’AES est un squelette déshabillé. La banque d’investissement, une belle initiative précipitée sans contenu donc une poudre aux yeux.  Les dividendes de l’or malien tuent nos populations rurales et les citadins croulent sous le poids de la misère.

Notre or finance le terrorisme radical. Notre or finance la guerre en Russie et participe au progrès et au développement de la société russe pendant que le mercure détruit nos terres qui s’appauvrissent et que la terre malienne n’arrive même plus à nourrir son homme.

La junte malienne n’a pas de solution; elle est une mauvaise option loin d’être viable. Les putschistes maliens ne sont pas fiables. Ils ne sont pas dignes de confiance. Peuple du Mali, digne héritier de grands empires, gardons espoir. Demain, avec vous, nous ferons ensemble, le Mali où chacun pourra vivre du fruit de son labeur.

Ismaël SACKO

 Président du PSDA

 Légende photo : L’opposant malien Ismaël Sacko, président du PSDA, contraint à l’exil depuis quelques années.

 

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