L’information est confirmée. Elle marque un tournant historique. Nicolas Maduro, président en exercice de la République bolivarienne du Venezuela, capturé puis exfiltré par les forces spéciales américaines. Un scénario qui, à lui seul, résume l’époque. Depuis plusieurs semaines déjà, les États-Unis d’Amérique avaient massé une force militaire sans précédent aux abords des côtes vénézuéliennes : porte-avions, avions de chasse F-16, navires de guerre, marines et unités spéciales.
Une démonstration de force officiellement justifiée par la lutte contre le narcotrafic dans la mer des Caraïbes, selon la rhétorique bien huilée de Donald Trump. Mais sur le terrain maritime, la réalité était plus brutale : des embarcations civiles – bateaux de plaisance, hors-bord, pirogues de fortune – en provenance du pays de Simón Bolívar, prises pour cibles, arraisonnées, parfois coulées.
Des victimes, collatérales ou assumées, comme toujours quand l’Empire parle le langage des canons. Avec la capture de Nicolas Maduro, c’est bien plus qu’un homme qui tombe. C’est la fin d’un cycle historique : celui de la révolution bolivarienne initiée il y a plus de vingt ans par Hugo Chávez.
Maduro en était l’héritier politique, le dépositaire imparfait mais symbolique d’un chavisme bâti sur un socle idéologique clair : la résistance à l’impérialisme américain, la souveraineté nationale et le contrôle des ressources stratégiques.
Désormais, le Venezuela bascule dans une ère d’incertitude totale. L’enjeu est limpide : ses immenses réserves pétrolières. Et derrière Caracas, c’est le monde entier qui vacille. Car ce qui se joue là dépasse de loin les frontières latino-américaines.
L’attaque du Venezuela et la capture de son président entérine une vérité que beaucoup refusent encore de regarder en face : le droit international est mort. Définitivement. Nous entrons dans un nouvel ordre mondial où les superpuissances ne s’embarrassent plus de faux-semblants juridiques. Elles recomposent le monde selon leurs intérêts immédiats, bruts, assumés.
Un nouveau Yalta est en gestation. Autour de la table : les États-Unis, la Russie et la Chine. Trois membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, tous détenteurs du droit de veto, tous convaincus que la force prime désormais sur la règle.
Le reste du monde observe, inquiet, impuissant. Attention à l’Ukraine. Attention à Taïwan. Attention à tous les voisins proches des États-Unis. Le message est clair, glaçant, universel : se soumettre ou être soumis. Telle est l’alternative impérialiste de cette nouvelle ère. Une ère où la souveraineté est conditionnelle, la démocratie variable, et le droit, un luxe réservé aux faibles… quand ils se taisent.
Par Jean-Claude Coulibaly
Président de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI)
Légende photo : Nicolas Maduro, président en exercice du Venezuela, lors de son arrestation au cours d’une opération militaire menée par les Etats-Unis.


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