La révision de la Constitution adoptée par les parlementaires, le vendredi 3 octobre 2025, suscite des commentaires favorables ou défavorables aux modifications apportées selon les partis.
Vendredi dernier, au Tchad, les parlementaires ont adopté la révision de la loi fondamentale, qui accorde au président Mahamat Idriss Déby, un mandat de sept ans renouvelable à souhait. Le texte allonge également le mandat des députés et crée un poste de vice-Premier ministre. Pour les soutiens de la révision, le nouveau texte apportera plus de stabilité dans ce pays tristement connu pour sa multitude de groupes rebelles et politico-militaires. Rapporte la radio publique française, RFI.
Brice Mbaïmon Guedmaye, président du groupe parlementaire Alliance républicaine, se définit dans l’opposition, mais a voté en faveur de la révision constitutionnelle « pour en finir avec la dévolution du pouvoir », explique-t-il au micro de RFI. Le pouvoir en place organise des scrutins, au besoin limite les mandats électifs et, in fine, il n’y a pas d’alternance, constate Brice Mbaïmon Guedmbaye. « Il faut chercher d’autres solutions : adopter ce septennat, c’est permettre aux Tchadiens de s’occuper d’autre chose que de s’empêtrer de façon permanente dans des élections qui ne nous apportent au final rien », assure-t-il.
D’autant que désormais, tous les Tchadiens seront mieux représentés. « En ce qui concerne la création du poste de vice-Premier ministre, cela procède donc de la volonté du partage du pouvoir. Le partage classique du pouvoir se faisait au nord et au sud. Le président de la République est du Nord, le président de l’Assemblée est du Sud. Maintenant, il y a Centre qui revendique, il y a l’Est qui revendique, il y a l’Ouest qui revendique. Il faut penser qu’il est mieux de créer ce poste de vice-Premier ministre pour essayer d’équilibrer le partage du pouvoir. Tout ça participe donc de la recherche de la stabilité. »
Une atteinte à la démocratie pour l’opposition
Pour sa part, l’opposition critique vivement cette révision constitutionnelle. Les parlementaires du groupe RNDT-Le Réveil ont même quitté le Congrès en pleine séance juste avant le vote pour protester contre le nouveau texte. La coalition du GCAP estime qu’il ne s’agit pas d’une simple révision « technique » comme annoncé par la majorité présidentielle, mais bel et bien d’une toute nouvelle Constitution, adoptée sans l’aval du peuple.
« L’impératif juridique fondamental est, qu’après avoir adopté une loi constitutionnelle, il faut organiser un référendum pour soumettre cette révision à la compétence de la souveraineté du peuple », rappelle Max Kemboye , le porte-parole du GCAP. Il appartient alors au peuple de « dire oui ou non ». « Il est dommage qu’un Parlement prenne acte de cette révision et que cette loi constitutionnelle soit promulguée d’ici quelques jours. C’est donc une atteinte à la démocratie. C’est une fermeture totale des élections. C’est un pouvoir illimité qui est concédé à Mahamat (Idriss Déby). C’est dommage pour le peuple tchadien et c’est dommage pour la démocratie en Afrique. »
Légende photo : Le président de la République du Tchad, le maréchal Mahatma Idriss Déby.


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