6 ans après son acquittement – Gbagbo saisit la CPI pour la suite du dossier ivoirien

Vingt-trois ans après le début de la crise qui a déchiré la Côte d’Ivoire, l’ancien président Laurent Gbagbo, acquitté par la Cour pénale internationale (CPI), demande que toute la lumière soit faite sur les responsabilités de la guerre civile.

Dans un long message qu’il a rendu public, le lundi 8 décembre 2025, l’ancien chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, qui a été détenu pendant près d’une dizaine d’années à la CPI, appelle la Cour pénale internationale à poursuive le dossier ivoirien en identifiant les « véritables responsables » de la crise politico-militaire qui a ensanglanté la Cote d’Ivoire entre 2002 et 2011.

Dans ce qui ressemble à un plaidoyer, M. Gbagbo retrace la chronologie d’une crise qui a marqué au fer rouge la Côte d’Ivoire. Élu président en octobre 2000, il rappelle avoir été confronté dès son arrivée au pouvoir à la découverte d’un charnier à Yopougon, puis à deux tentatives d’incursions armées venues du nord du pays. Une première en janvier 2001, suivie d’une attaque d’ampleur, le 19 septembre 2002, qui aboutira à la partition du pays.

Cette rébellion, menée par des figures comme Soro Guillaume, Issiaka Ouattara dit Wattao ou encore Tuo Fozié, installera son bastion à Bouaké, coupant le pays en deux pendant plusieurs années. Face à cette situation de guerre larvée, Gbagbo souligne avoir privilégié la voie diplomatique, multipliant les conférences internationales d’Accra à Linas-Marcoussis en passant par Pretoria.

Le plaidoyer de Laurent Gbagbo

L’accord de paix signé le 4 mars 2007 à Ouagadougou devait marquer le début de la réconciliation nationale. La cérémonie de la Flamme de la paix à Bouaké, en juillet 2007, symbolise ce moment d’espoir où les armes devaient être détruites. Mais c’est précisément sur la question du désarmement que Gbagbo concentre aujourd’hui ses critiques les plus acerbes.

Selon lui, la communauté internationale, notamment l’ONU et les puissances occidentales, auraient pressé l’organisation d’élections en 2010 sans attendre le désarmement complet des anciens rebelles. Une situation qui, dans son analyse, a contribué au chaos post-électoral de 2011.

Arrestation de Gbagbo, le 11 avril 2011. Puis un long parcours carcéral. Sept mois à Korhogo, plusieurs années à la CPI où il sera rejoint en 2014 par son ancien ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé. Leur acquittement intervient le 15 janvier 2019.

Les questions de l’ancien chef d’Etat

 Aujourd’hui libéré, Gbagbo pose des questions à la communauté internationale. Pourquoi lui seul a-t-il été poursuivi ? Qui a conçu et financé la rébellion armée ? Qui porte la responsabilité de ce qu’il qualifie de « génocide Wê », en référence aux massacres perpétrés dans l’ouest du pays ?

Pour obtenir des réponses, l’ancien président  ivoirien affirme avoir mandaté son avocat, Maître Emmanuel Altit, pour ressaisir la CPI. « La vérité est une condition de la paix », conclut Gbagbo, laissant entendre qu’aucune réconciliation durable ne sera possible sans un examen complet des responsabilités.

Robert Krasssault

ciurbaine@yahoo.fr

Légende photo : L’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, a saisi la CPI.

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