A 2 mois de l’élection présidentielle de 2025 – Le Comité des Droits de l’Homme de l’ONU prend une décision sur le cas Laurent Gbagbo

Dans le communiqué ci-dessous signé de Me Habiba Touré, avocate de l’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, président du parti PPA-CI, l’équipe de l’ancien chef d’Etat soutient que le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies a demandé aux autorités ivoiriennes de rendre M. Gbagbo éligible et électeur.

 Le 21 juillet 2025, le Président Laurent Gbagbo a saisi le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies, sollicitant la constatation des violations graves de ses droits civils et politiques, garantis notamment par l’article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que l’adoption de mesures de réparation appropriées.

Dans le cadre de cette procédure, des mesures provisoires ont été demandées, notamment la suspension immédiate des effets de la condamnation contestée à la suite de la réquisition de la BCEAO, indûment qualifiée de « braquage » dans un jugement jamais signifié à l’intéressé, et qui fonde aujourd’hui la tentative de l’exclure de l’élection présidentielle.

Par une décision rendue aujourd’hui, le Comité des Droits de l’Homme a, conformément à sa pratique constante, choisi de ne pas ordonner, à ce stade, les mesures provisoires telles que sollicitées. Il convient de rappeler que la demande de ces mesures provisoires était destinée à permettre au Président Laurent Gbagbo de jouir de tous ses droits politiques protégés par l’article 25 du Pacte, jusqu’à ce que le Comité rende sa décision finale.

A cet effet, nous nous réjouissons que le Comité ait expressément invité l’État de Côte d’Ivoire à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l’exercice effectif des droits politiques du Président Laurent Gbagbo, en vertu de l’article 25 du Pacte. Cette décision prise d’office par le Comité des Droits de l’Homme, à titre conservatoire et avec effet immédiat, oblige l’État de Côte d’Ivoire à s’y conformer.

Ce choix manifeste une orientation claire : laisser à l’État de Côte d’Ivoire toute la latitude d’honorer de manière souveraine et volontaire ses engagements internationaux par tous moyens jugés appropriés, c’est-à-dire administratifs, politiques, et/ou judiciaires.

Il convient de souligner que le Comité n’a pas restreint son injonction à un alinéa spécifique, mais a visé l’article 25 dans son intégralité, ce qui implique la garantie pleine et entière :

  • Du droit de prendre part à la direction des affaires publiques ;
  • Du droit de voter ;
  • Du droit d’être élu ;
  • Et du droit d’accéder aux fonctions publiques dans des conditions générales d’égalité.

L’État de Côte d’Ivoire conserve la liberté des moyens, mais il est tenu à une obligation de résultat en vertu du Pacte, de son Protocole facultatif et de l’article 123 de la Constitution ivoirienne.

Cette approche du Comité s’inscrit dans une jurisprudence établie. On se souvient notamment de l’affaire concernant l’ancien président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, dans laquelle les mesures provisoires furent, dans un premier temps, rejetées, avant d’être adoptées ultérieurement face à l’attitude persistante de l’État. L’histoire a montré la suite.

En somme, la décision du Comité engage désormais l’État de Côte d’Ivoire à garantir sans restriction l’exercice effectif des droits politiques du Président Laurent Gbagbo, notamment son droit de se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2025, et à toute autre élection qui se déroulerait avant la décision finale du Comité.

À ce titre, il appartient également à l’ensemble des États parties au Pacte, et donc à la Communauté internationale, qui a déjà eu l’occasion, par le passé, de se prononcer sur la situation en Côte d’Ivoire, de veiller, dans un esprit de coopération et de responsabilité partagée, à ce que l’État ivoirien assure la pleine et fidèle exécution de la décision rendue par le Comité des Droits de l’Homme.

Il revient ainsi aux autorités et à toutes les institutions ivoiriennes de tirer toutes les conséquences de cette décision, dans le respect du droit et des obligations internationales qui incombent à l’État de Côte d’Ivoire.

Habiba Touré

Avocate du Président Laurent Gbagbo

Légende photo : L’ancien président de la République de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, président du parti PPA-CI, lors d’un meeting de son parti (Archives).

 

 

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