Avant le sommet de la CEDEAO de ce 10 décembre – Faure Gnassingbé tente de raisonner le général Tchiani à Lomé

Un sommet ordinaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se tiendra, ce dimanche 10 décembre 2023, à Abuja, capitale fédérale du Nigeria. Ce rendez-vous des chefs d’Etat et de gouvernement de l’espace ouest-africaine se déroulera dans un contexte de crise après une série de coups d’Etat survenus dans plusieurs pays. En effet, sur les quinze pays membres de la CEDEAO, quatre sont dirigés depuis 2020 par des juntes militaires issues de putschs. Il s’agit du Mali, Burkina Faso, Niger et de la Guinée. Tous ces pays ont été suspendus de l’organisation et ne seront donc pas représentés au sommet d’Abuja.

Cependant l’ordre du jour du sommet portera sur l’évolution des transitions dans ces pays afin de parvenir rapidement à des élections présidentielles pour que s’installent des régimes civils légitimes. Le dernier sommet de la CEDEAO qui a eu lieu début août était entièrement consacré à la situation au Niger, après le coup d’Etat militaire du 26 juillet 2023, ayant renversé le président élu Mohamed Bazoum, séquestré depuis dans sa résidence officielle à Niamey avec son épouse et son fils.

C’est dans une telle atmosphère de crispation profonde pour le Niger que le chef de la transition, le général Abdourahamane Tchiani dit Omar Tiani , a répondu à l’invitation du président de la République du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, le vendredi 8 décembre  2023, en se rendant à Lomé pour une visite de travail. « Attaché au dialogue et à la concertation pour promouvoir l’intégration régionale et le développement, le Togo  reste engagé pour une approche pacifique dans la résolution  des difficultés que connaissent nos pays », a soutenu le président togolais dans un message qu’il a diffusé sur les réseaux sociaux relativement à cette visite de « l’homme fort » du Niger.

Faure Gnassingbé s’est posé en médiateur dans des conflits dans la sous-région depuis quelques années. Quasiment proches des militaires au pouvoir au Mali et au Burkina Faso, c’est lui qui tente de les raisonner et plaide leur cause auprès de la CEDEAO. Par ailleurs, on se souvient qu’il avait joué un rôle de médiateur efficace dans la libération des 49 militaires ivoiriens illégalement détenus à Bamako par la junte militaire malienne, du 10 juillet 2022 au 6 janvier 2023.

Concernant la situation au Niger, la CEDEAO avait menacé d’intervenir militairement pour rétablir le président Bazoum dans ses fonctions avant de laisser des chances au dialogue. Elle a également imposé de lourdes sanctions économiques et financières à l’encontre de Niamey. Selon des sources diplomatiques africaines, la junte militaire au pouvoir à Niger étant économiquement asphyxié demande la levée des sanctions contre le pays. Pour sa part, la CEDEAO exige au préalable la libération du président Bazoum et sa famille afin qu’ils aient la possibilité de s’installer dans un pays de leur choix et que des « garanties soient données qu’une élection présidentielle soit rapidement organisée à laquelle tous les acteurs politiques pourraient prendre part y compris Bazoum ».

Le régime militaire au Niger s’est opposé sans ambages à cette vision de la CEDEAO. Il a même saisi la Cour de justice de la CEDEAO pour demander la suspension provisoire des sanctions économiques et financières contre le pays. Rendant sa décision, le Cour de justice de la CEDEAO a soutenu que la junte militaire n’a pas qualité à faire une telle demande.

Didier Depry

 

 

 

  

 

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