Lors d’une interview qu’il avait accordée à AFO Media du journaliste franco-camerounais Alain Foka, le mercredi 22 octobre 2025, l’ancien chef d’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) avait annoncé son retrait de la vie politique active après les élections législatives qui se sont tenues, le 27 décembre 2025.
« Il n’y a pas de retraite en politique, mais je m’interdirai d’occuper des fonctions politiques, à l’intérieur de mon parti comme dans l’État. J’ai assez donné », avait-il affirmé. En clair, M. Gbagbo soutenait qu’il ne briguerait aucune fonction politique à l’avenir, ni au sein de son parti, ni au niveau de l’État.
Un revirement, un mois plus tard
Environ un mois après cette déclaration, l’ancien président Laurent Gbagbo est revenu sur sa décision. C’est le Comité central du PPA-CI, l’un des organes de son parti politique, qui lui aurait demandé cela. Une situation qui ne surprend guère les observateurs avertis de la scène politique ivoirienne.
En effet, c’est lors de la réunion du Comité central du PPA-CI qui s’est tenue, le samedi 24 janvier 2026, au siège dudit parti politique à Cocody-Attoban (Abidjan), que les cadres du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire ont demandé à leur leader de demeurer leur président.
Pour nombre d’analystes, cette annonce d’un retrait de la vie politique n’était qu’une manœuvre destinée à mesurer la température au sein de sa famille politique. « Laurent Gbagbo aime trop le pouvoir pour le céder à quelqu’un d’autre que lui-même », confie un cadre du PPA-CI sous couvert d’anonymat. « Il sait que s’il part effectivement de la vie politique ivoirienne, cela scellera définitivement sa fin politique. », conclut-il.
« Gbagbo aime trop le pouvoir pour le céder à quelqu’un d’autre que lui-même »
Lors de cette réunion, Laurent Gbagbo a réitéré avec fermeté son opposition au nouveau mandat en cours du président de la République, Alassane Ouattara. Un positionnement qui constitue l’un des axes majeurs de l’action politique actuelle de l’ancien président de la République, Laurent Gbagbo. Le Comité central du PPA-CI a également dénoncé ce qu’il qualifie de «gestion familiale du pouvoir d’État », une critique à peine voilée au pouvoir Ouattara..
Dans un geste qui témoigne de la confiance accordée à M. Gbagbo, le Comité central du PPA-CI lui a donné carte blanche pour désigner le président et le bureau du deuxième congrès ordinaire dudit parti ainsi que pour en fixer la date. Ces prérogatives élargies lui permettront de façonner l’avenir du PPA-CI selon sa vision et de préparer les prochaines batailles politiques dans un contexte où les tensions entre pouvoir et opposition ne montrent aucun signe d’apaisement.
Robert Krassault
Légende photo : L’ancien chef d’Etat, Laurent Gbagbo, lors d’un meeting de son parti politique (Archives).


Laissez une réponse