Le président des États-Unis fête ses 80 ans, ce dimanche 14 juin 2026. Un combat de MMA est organisé à la Maison-Blanche pour célébrer cet événement. Les questions sur l’âge et la santé de Trump se multiplient.
Donald Trump en a fait un événement national à son image : provocateur, surdimensionné, baroque. Le président des États-Unis fête ce 14 juin ses 80 ans et organise un combat de MMA au sein même de la Maison Blanche, suscitant moqueries et indignation. Il fusionne, surtout, son passage à la nouvelle décennie avec les festivités du 250e anniversaire de l’indépendance américaine. Le choix du MMA est symbolique : puissance, rapidité et jeunesse.
« Ce mélange de sport sanglant et de spectacle politique, sous des échafaudages métalliques, offrira peut-être un bref répit à un président également accablé par une guerre impopulaire, une inflation galopante, des sondages en chute libre et un adversaire qu’il ne peut ni intimider, ni bombarder, ni distancer : le temps qui passe », écrit « The Guardian » dans une enquête fouillée sur la santé du président, l’un des sujets qui préoccupent le plus depuis son retour à la Maison-Blanche.
« Donald Trump montre des signes de vieillissement depuis un bon moment déjà, explique Tara Setmayer, ancienne directrice des communications républicaines au Capitole. Cela se manifeste presque quotidiennement : il peine à rester éveillé lors des réunions officielles, il est de plus en plus irritable, s’emporte en tirades furieuses et fait des crises quand il n’obtient pas ce qu’il veut. Ce ne sont pas là les signes d’un adulte équilibré à l’approche de ses 80 ans. » Quelques présidents américains ont passé ce cap à la Maison-Blanche : ce fut le cas de Gerald Ford, Jimmy Carter et Ronald Reagan.
Agenda public considérablement allégé
Selon 61 % des Américains interrogés dans un sondage, le comportement de Trump est devenu moins prévisible avec l’âge. Fin mai, le bulletin médical publié par la présidence se voulait rassurante. « Le président Trump est toujours en excellente santé et présente des fonctions cardiaques, pulmonaires, neurologiques et physiques générales solides », indiquait le médecin, qui conseillait toutefois au chef de l’État de perdre du poids.
À y regarder de plus près, note le quotidien britannique, « son agenda public s’est considérablement allégé, dominé par de longues heures de vague « temps exécutif » et de réunions politiques à huis clos. Après une série de déplacements en début d’année, il s’est largement replié dans le cocon de la Maison-Blanche et de ses clubs de Floride et du New Jersey depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran en février. » Sans oublier les assoupissements : Trump est de plus en plus souvent surpris par les caméras en train de somnoler lors d’événements publics. On l’a ainsi vu piquer du nez lors des finales de NBA à Madison Square Garden, à New York. Du côté de la Maison-Blanche, on balaie toute évocation de fatigue ou de perte d’énergie.
La porte-parole Davis Ingle a insisté sur le fait que Trump demeure « le président le plus alerte et le plus accessible de l’histoire américaine ». « Il n’est pas surprenant que quelqu’un aux portes de l’âge octogénaire montre des signes de vieillissement. Le temps ne perd jamais : cela vaut pour tout le monde, y compris Donald Trump. J’aurais bien plus confiance en lui en tant que commandant en chef s’il admettait simplement la chose, plutôt que de chercher à la dissimuler, tacle Kurt Bardella, commentateur politique et ancien collaborateur du Congrès. Cacher les choses est un signe de faiblesse. La transparence, la franchise, l’honnêteté seraient au contraire des signes de force. Le fait que la Maison-Blanche semble recourir à des mesures aussi ridicules pour convaincre de sa vigueur est une insulte aux Américains : cela sent la panique, et amène chacun à penser qu’il se passe davantage de choses qu’il n’y paraît. Or ce qui est visible n’est déjà pas très rassurant. Le secret engendre la méfiance. » Le souvenir des derniers mois de Joe Biden à la présidence est encore dans toutes les mémoires et a créé un précédent difficile à ignorer.
Loin d’être apaisé, Donald Trump reste le même — et parfois plus que jamais lui-même, selon sa biographe Gwenda Blair : « Un signe de grâce ? De recul ? Ces qualités n’ont pas émergé. Ce sont pourtant les bénéfices que beaucoup de personnes tirent du fait de vieillir, mais pas lui. Il redouble au contraire dans ses schémas de comportement habituels : qu’est-ce que j’y gagne, et comment en tirer le maximum – et encore plus ? »
Source : Paris Match
Légende photo : Le chef de l’Etat américain, Donald Trump, et la Première ministre italienne, Georgia Meloni, lors d’une rencontre (Archives)


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