Etats-Unis / Lutte contre la corruption – L’administration Biden rattrapée par ses déclarations

« La corruption menace la sécurité nationale des États-Unis, l’équité économique, les actions mondiales de lutte contre la pauvreté et de développement ainsi que la démocratie elle-même. Mais en empêchant et en combattant efficacement la corruption et en démontrant les avantages d’une gouvernance transparente et responsable, nous pouvons garantir un avantage crucial pour les États-Unis et les autres démocraties ». Ces propos sont du président des Etats-Unis d’Amérique, Joe Biden. Il les a tenus, le 3 juin 2021, et ces propos figurent depuis le 6 décembre 2021 sur le site officiel de la Maison Blanche (palais présidentiel américain, et du Secrétariat d’Etat américain (ministère d’Etat, ministère des Affaires étrangères). Ils font écho à la politique de l’administration Joe Biden de lutter contre la corruption.

D’autant que, en effet, pour l’administration Biden  « la corruption est un cancer dans le corps des sociétés, une maladie qui ronge la confiance du public et la capacité des gouvernements à répondre aux besoins de leurs citoyens. Les effets délétères de la corruption touchent presque tous les aspects de la société. Elle exacerbe les inégalités et la polarisation sociales, politiques et économiques, entrave la capacité des États à répondre aux crises de santé publique ou à dispenser une éducation de qualité, dégrade l’environnement des affaires et les opportunités économiques, alimente les conflits et sape la confiance dans les gouvernements. Ceux qui abusent de leur position de pouvoir à des fins personnelles ne volent pas seulement les richesses matérielles, mais aussi la dignité et le bien-être des personnes ».

Et le communiqué diffusé sur le site officiel de la Maison Blanche et le Secrétariat d’Etat de poursuivre : « Le 3 juin 2021, reconnaissant la capacité de la corruption à corroder la démocratie, le président Biden a fait de la lutte contre la corruption un intérêt fondamental de la sécurité nationale des États-Unis. En conséquence, il a demandé à son équipe de sécurité nationale de diriger la création d’une stratégie globale qui, une fois mise en œuvre, améliorerait la capacité du gouvernement des États-Unis à prévenir la corruption, à lutter plus efficacement contre la finance illicite, à tenir davantage les acteurs de la corruption pour responsables et à renforcer la capacité des militants, des journalistes d’investigation et des autres acteurs qui sont en première ligne pour dénoncer les actes de corruption ».

 La profession de foi de l’administration Biden

Toujours selon l’administration Biden, une stratégie a été mise sur pied, pour la première fois aux Etats-Unis, en matière de lutte contre la corruption. Quels sont les résultats de cette stratégie ? On n’en sait rien pour l’instant de façon globale. Cependant un constat doit être fait, l’administration Biden se trouve plongé dans les ramifications de la corruption que sont les délits d’initié, les conflits d’intérêt etc. Plusieurs hauts responsables de l’administration Biden actuellement en fonction proviennent tous de la société Microsoft ou ont eu des liens d’affaires juteux avec Microsoft. Selon le site d’informations américain POLITICO, ils sont au nombre de 13, les hauts responsables de l’administration Biden à être dans cette situation.

Parmi eux, il faut citer en bonne place, l’actuel Secrétaire d’Etat, Antony Blinken. Microsoft était un client de l’ancienne société de conseil de Blinken, WestExec Advisors, et Antony Blinken a fourni des services de conseil à LinkedIn, une filiale de Microsoft. En plus du Secrétaire d’État Antony Blinken, le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, l’ambassadrice des Etats-Unis de l’ONU, Linda Thomas-Greenfield et la directrice du renseignement national, Avril Haines ont travaillé pour Microsoft.

 De nombreux hauts responsables de l’administration Biden travaillaient pour Microsoft

 Parmi les autres responsables de l’administration Biden qui ont gagné de l’argent auprès de Microsoft, on pourrait citer le directeur national de la cyber-sécurité par intérim, Kemba Eneas Walden, qui était avocat général adjoint de l’unité des crimes numériques de Microsoft ; Kurt DelBene, directeur de l’information de VA, ancien vice-président exécutif de Microsoft et Jonathan Kanter, le plus haut responsable antitrust du ministère de la Justice, qui a effectué du travail juridique pour l’entreprise lorsqu’il était associé chez Paul Weiss.

Cette liste des hauts responsables de l’administration Biden ayant travaillé pour Microsoft n’est pas exhaustive, elle est même longue.  On peut ajouter Kathi Vidal, sous-secrétaire au commerce pour la propriété intellectuelle et directrice de l’Office américain des brevets et des marques, qui était une avocate externe pour Microsoft ; Uzra Zeya, sous-secrétaire d’État à la sécurité civile, à la démocratie et aux droits de l’homme, qui a travaillé pour l’entreprise lorsqu’elle travaillait à Albright Stonebridge ; Steven Emme, chef de cabinet du Bureau de l’industrie et de la sécurité du commerce, qui a effectué un travail juridique externe pour l’entreprise chez Akin Gump Strauss Hauer & Feld ; Sam Walsh, avocat général au ministère de l’Énergie, qui a effectué des travaux juridiques pour la société chez Harris, Wiltshire & Grannis LLP et Meredith Berger, secrétaire adjointe de la Marine chargée des installations énergétiques et de l’environnement et ancienne cadre supérieure du projet Defending Democracy chez Microsoft.

Au regard de cette situation, on pourrait se poser une question fondamentale : L’administration Biden pourra-t-elle sanctionner ou incriminer Microsoft dans une affaire ? On pourrait en douter puisque ce sont les anciens de Microsoft qui sont au pouvoir aux Etats-Unis et qui tiennent l’administration. Bien au contraire, ces anciens de Microsoft pourraient protéger Microsoft. Cette attitude constitue une forme de corruption dans laquelle l’administration Biden est engluée. La situation pourra-t-elle changé si Donald Trump parvient de nouveau à la tête des Etats-Unis d’Amérique ? Il faut en douter puisque Donald Trump est un homme d’affaires qui n’a toujours pas réussi à établir une démarcation entre ses affaires personnelles et celles de l’Etat. On peut l’écrire sans hésiter, la corruption est un fléau mondial qui frappe également durement les Etats-Unis.  Et pour laquelle la première superpuissance mondiale n’a pas trouvé de solution.

Une contribution de

Diabagaté Mory

Citoyen malien vivant à New-York (Etats-Unis) 

 

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