Le plasticien Christophe Sawadogo expose, depuis le jeudi 4 décembre, à la galerie Houkami Guyzagn sise à Abidjan-Cocody. Il y présente un ensemble d’œuvres mettant en avant des visages, des paysages et la matière elle-même. Ces terrains d’exploration intime et plastique sont un régal pour les yeux à l’occasion de cette exposition baptisée « Entre les lignes ».
Derrière chacune de la vingtaine de ses toiles, chaque collage, chaque trait positionné à hauteur d’yeux, se cache une histoire nourrie de rencontres et d’émotions, sources constantes d’inspiration. Pour Christophe Sawadogo, tout part de l’observation du monde. Des rencontres, des sourires, des traits marqués par la joie ou par l’épreuve qui impactent et rejaillissent sur son travail et sa démarche plastique. Dans les faits, chaque visage devient un territoire. Ces reliefs (plis, éclats, cicatrices…) déclenchent chez le peintre l’envie de créer.
Dans l’univers de cet artiste installé aux États-Unis, les portraits, les paysages, les matières récupérées ne sont pas que de simples motifs. Ils sont plutôt des fragments de vie donnant naissance à une vibration particulière. Christophe Sawadogo cherche à insuffler une forme de mouvement- presque une respiration- à travers ces matériaux.
Percevoir l’œuvre au-delà du premier coup d’œil
D’où l’exposition de Christophe Sawadogo, qui n’est pas à sa première sortie picturale à la galerie Houkami Guyzagn, tire son nom ? Elle le tire de cette multiplicité de lectures, cette diversité des regards, des points de vue, des jugements qu’il faut toujours appréhender. Alors « Entre les lignes » parce qu’effectivement, l’artiste travaille avec les éléments essentiels du langage visuel. Notamment des lignes, des points, des couleurs, des collages. Des éléments qui, réunis et mis ensemble, mettent en avant des œuvres que le regard peut interroger à l’infini et à l’unisson. Dans cette veine, le peintre estime qu’« on peut avoir une première lecture aujourd’hui d’un fait, d’une œuvre, une seconde demain, une autre après-demain ».
Selon lui, ce qui apparaît au premier regard n’est jamais une vérité absolue. Les œuvres invitent alors à un dialogue constant : revenir, observer, comparer, confronter son ressenti à celui d’un autre, à celui d’hier. C’est ainsi que naissent le débat, l’échange, le mouvement de pensée qui prolongent l’acte de création.
L’exposition « Entre les lignes », dont le vernissage a eu lieu le jeudi 4 décembre dernier devant du beau monde et qui prend fin le samedi 20 décembre, est, en outre, une réflexion sur nos rapports les uns avec les autres. Tout être humain est persuadé de connaître l’autre. Toutefois l’artiste rappelle que notre identité, comme ses œuvres, comporte plusieurs niveaux de lecture. De sorte qu’affirme l’artiste, « nous sommes une richesse, une mine de découvertes infinies ». Pour finalement soutenir que le temps de lire l’autre entre les lignes, c’est surtout accepter la complexité, lever les incompréhensions, dissiper les inimitiés et surtout créer des ponts. L’art, dans cette dynamique, devient un espace de rapprochement, de connaissance et de reconnaissance mutuelle. « Entre les lignes » est la dernière exposition de l’année 2025 de la galerie Houkami Guyzagn.
Marcellin Boguy
Légende photo : Christophe Sawadogo (à droite, en tunique noire) discutant avec le plasticien Isidore Koffi.


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