La Nuit des galeries d’Abidjan Art Week 2024 – Une expérience enrichissante à réitérer

Après le vernissage de l’exposition inaugurale d' »Y a match/Mémoires d’Eléphants. Histoire de CAN », 1ère étape d’Abidjan Art Week 2024, le jeudi 11 janvier 2024, à la Rotonde des arts contemporains, antre du Pr. Yacouba Konaté, instigateur de ce programme inédit à forte valeur ajoutée, place a été faite à la Nuit des galeries. Qui a consisté en des visites itinérantes de 9 espaces de promotion et de diffusion de l’art moderne et contemporain, le vendredi 19 janvier, et de 2 autres le lendemain samedi 20 janvier, qui ont coïncidé ce samedi-là avec la clôture de cet ambitieux programme.  La Nuit des galeries a débuté par la visite du Walls House of Art sise à Marcory-Zone 4 où le plasticien Soro Kafana a été l’hôte des visiteurs d’un jour à qui il a eu à expliquer la quintessence de son exposition « Relier les rails », mais aussi cela de sa démarche artistique.

La ministre Françoise Remarck prend en marche les visites itinérantes 

A la galerie Amani, toujours dans la commune de Marcory, l’exposition collective d’Ange Martial Méné, Demba Camara, Jean-Baptiste Djeka, Désiré N’Guessan et Hyppolite Kaboul baptisée « Expressions libres » a permis aux visiteurs, rejoints à cette étape par la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, à la tête d’une forte délégation, d’apprécier le savoir-faire de leurs hôtes. Avant de mettre le cap sur la galerie Eureka, sise aussi à Marcory, pour vivre le vernissage de l’exposition « Penser et panser le monde » de Mathieu-Jean Gensin, Tamsiŕ Dia, Hélène Bondurand, Pascal Konan et Saint-Etienne Yeanzi.

Stupéfaite face à la qualité du labeur des exposants déjà visités dans la cadre de la Nuit des galeries, la ministre de la Culture et de la Francophonie a décidé de poursuivre le péril pour d’autres découvertes. Ainsi a-t-elle été accueillie à la galerie Houkami Guyzagn à Abidjan-Cocody par le maître des lieux, le gaĺériste Thierry Dia, entouré des plasticiens parties prenantes de l’exposition « On est ensemble ». Notamment Roger Yapi, Soro Pehouet, Guy Kouadio et Amakan.

C’est tout sourire que Gazelle Guirandou, administratrice de la galerie LouiSimone Guirandou d’Abidjan-Cocody, a ouvert les portes de son site pour recevoir la ministre de tutelle et sa délégation. Mais aussi les nombreux visiteurs accourus pour s’imprégner du travail du plasticien mauritanien Oumar Oumar Ball, qui a été en résidence chez Saint-Etienne Yeanzi pour réaliser les toiles de son exposition « Synthèse ».  Au cours du vernissage de son évènement, l’artiste s’est fait fort de présenter et expliquer sa démarche picturale et de mettre en avant les thématiques qui lui sont chères, tout en faisant connaître le travail fait pour « Synthèse », exposition qui court du 19 janvier au 9 mars 2024.

Pour l’exposition collective « Filiation » de Franck Étant et Cédric Tchiman à Windsor Gallery à Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire sis à Abidjan-Cocody, le galeriste italo-nigérian Richard Vedelago a mis les petits plats dans les grands. Le Nigérian Raji Bamidele avec son exposition « Meiji Meji la Bi Aye-The World was birthed in Twos » à la galerie Studer d’Abidjan-Cocody s’est montré très enthousiaste et loquace à l’idée de présenter son immense travail de création à la ministre ivoirienne. Cette dernière s’est laissé emporter par la dextérité de son coup de pinceau qui sublime la femme et qui lui vaut d’avoir une très bonne cote. Ses toiles à la palette vive ne laissent personne indifférent. Tout comme les créations d’Asssoukrou Aké sur les cimaises de la galerie Cécile Fakhoury en ce moment. Et ce, dans le cadre de l’exposition « Les graines de semence ne doivent pas être moulues » dont c’était l’ouverture ce vendredi 19 janvier 2024.

Dans ce vaste espace, l’exposant, qui est à sa première exposition personnelle à Abidjan, a révélé à l’illustre invitée du jour ses motivations, son approche, sa démarche artistique, les matériaux utilisés et le message qu’il essaie de véhiculer à travers son exposition qui prend fin le samedi 13 avril 2024.  C’est à la Fondation Donwahi, toujours dans la commune de Cocody, qu’a pris fin la 1ère journée de la Nuit des galeries. Et, ici, Josué Comoé avec « La Mystique du Corps », Mederic Turay avec « Sing me a story » et la vidéaste sud-africaine Zanele Muholi avec ses productions occupent de fort belle manière l’espace cher à Illa Donwahi.

Leur travail et leurs différents exposés ont convaincu la ministre de la Culture et de la Francophonie, mais aussi des membres de sa délégation, d’avoir eu le nez creux de soutenir l’initiative du Pr. Yacouba Konaté, présent à ses côtés tout au long de ce long périple, tout comme son directeur des Arts plastiques, Henri N’Koumo. Au Musée des Cultures contemporaines Adama Toungara (MuCAT) sis dans la commune d’Abobo, le lendemain samedi 20 janvier, pour la journée 2 de la Nuit des galeries qui coïncidait avec la clôture d’Abidjan Art Week Act 1, du beau monde a investi les lieux pour ne pas se faire conter le vernissage de l’exposition de photos d’archives « Made in Abobo. Ils sont passés par là ».

Un hommage fait aux sportifs et artistes abobolais qui se sont brillamment illustrés dans des disciplines sportives comme le football, le taekwondo, la boxe, l’athlétisme, mais aussi dans les arts, notamment la peinture, la sculpture, la bande dessinée et les grands portraits. Cette exposition, qui a démarré ce samedi par son vernissage et prend fin le 3 mars 2024, se situe dans le cadre de la CAN 2023 qui se joue en terre ivoirienne en ce moment.  L’ambassadrice de l’Union européenne (partenaire de l’opération) en Côted’Ivoire, SEMme Francesca Di Mauro, la ministre de la Culture et de la Francophonie Françoise Remarck et le coordonnateur d’Abidjan Art Week, par ailleurs co-commissaire de « Made in Abobo. Ils sont passés par là », Pr. Yacouba Konaté, ont marqué de leur présence ce vernissage.

Les propos des officiels 

Dans son propos de bienvenue au MuCAT, Fodé Sylla, curateur, coordonnateur du Musée et commissaire de l’exposition, va présenter dans le détail « Made in Abobo. Ils sont passés par là ». Cette exposition, dira-t-il, met à l’honneur les personnalités qui ont marqué l’histoire de la commune d’Abobo. Il a proposé aux officiels de découvrir, pour la période 1, « les champions (les sportifs et les plasticiens) qui ont bien voulu mettre à notre disposition leurs photos pour les sportifs et les visions créatives de nos artistes contemporains ». Et d’insister : « Made in Abobo » nous permet de revivre l’épopée sportive : dans l’arène des champions.

Les exploits inoubliables des anciens footballeurs résonnent encore dans l’air, les coups puissants des champions de boxe et de taekwondo résonnent comme une symphonie de détermination. Cette exposition n’est pas simplement une collection de portraits. C’est un voyage à travers le temps, un héritage vivant de ceux qui ont marqué chaque rue, chaque stade, chaque atelier d’art. Aujourd’hui, je vous propose de célébrer ensemble les triomphes et les talents qui font la fierté d’Abobo.

Ces histoires ne sont pas seulement des histoires individuelles. Ce sont les chapitres d’une saga collective. « Made in Abobo » est une ode à la créativité, à la persévérance et à la diversité qui font d’Abobo une communauté unique. Bienvenue à un voyage où le passé danse avec le présent et où chaque victoire résonne comme une affirmation éclatante : « Nous sommes à Abobo, et voici notre histoire ».

A en croire Pr. Yacouba Konaté, le propos d » »Abidjan Art Week est d’élargir les publics à toutes nos initiatives ». Tout en retenant : « Nous cherchons à construire des journées portes ouvertes que l’ensemble des parties prenantes souhaite annuelles ». En outre, il a promis, comme souhaité par beaucoup, de mener la réflexion sur les rapports entre les galeries et les artistes. Pour ce faire, il annonce, dès l’édition prochaine, l’avènement d’une lucarne pour implémenter cette volonté.

L’ambassadrice de l’Union européenne (partenaire de l’exposition du MuCAT) en Côte d’Ivoire, elle, reconnaîtra qu’en marge de la 34ème édition de la CAN, le but ici est de célébrer les grands sportifs et artistes qui ont marqué les esprits et qui sont pour la plupart des natifs de la commune d’Abobo. « Il s’agit, en outre, de célébrer la diversité et l’esprit sportif de la communauté locale », a-t-elle retenu.

Pour la ministre Françoise Remarck, l’un des atouts de la Côte d’Ivoire, outre le sport, c’est sa force culturelle. Dans cette veine, elle a tenu à rendre hommage au Pr. Yacouba Konaté pour avoir réussi l’exploit de rassembler toutes les galeries afin que « l’on puisse avoir le parcours exceptionnel d’Abidjan Art Week et découvrir ainsi de talentueux artistes ». Poursuivant, elle relèvera que « nous sommes heureuse de toujours faire savoir que le sport et la culture sont des éléments importants dans la vie d’une nation, qui mettent en avant des valeurs dont la persévérance et la résilience ».

Chez Célestin Koffi pour la performance de Jean-Claude Desmarges

Dernier espace au programme, le Centre Sankonian d’Abobo Anonkoua Derrière Rails. La ministre Françoise Remarck et les autres officiels auront le privilège d’assister la performance du Français Jean-Claude Desmarges. Et, au cours d’une visite guidée dans le quartier, les officiels ont pu évaluer le talent de ce performeur à travers les multiples dessins qu’il a réalisés sur des murs d’habitation dans cette cité.  Au centre de Célestin Koffi, durant 3 mois, les amoureux des arts plastiques ont l’opportunité de visiter l’exposition des œuvres des plasticiens Djiré Mahé, Jacques Samir Stenka, Esso N’Guessan et Emmanuel Djo Bi.

Marcellin Boguy 

 

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