Les militaires de l’AES s’accrochent au pouvoir – Après Assimi Goita au Mali, Ibrahim Traoré enfonce le clou au Burkina Faso

Les assises nationales sur la transition organisées par le régime militaire du Capitaine Ibrahim Traoré au Burkina Faso ont démarré, le samedi 25 mai 2024. Cette rencontre devrait durer deux jours mais finalement elle a pris fin ce même samedi dans l’après-midi avec la prise de nouvelles décisions. Notamment la signature d’une nouvelle charte prolongeant la transition pour 60 mois supplémentaires. En clair, la nouvelle version de la charte prévoit une transition de cinq ans, à partir du 2 juillet 2024. Une transition évidemment conduite par le Capitaine Ibrahim Traoré.

Autre décision fondamentale contenue dans la nouvelle charte, le Capitaine Ibrahim Traoré qui assume la charge de chef de la transition est éligible à la fin de la transition de cinq années supplémentaires. Il pourra donc se présenter à l’élection présidentielle en 2029. Tout comme le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale de transition. Ils pourront tous être candidats aux élections présidentielles, législatives et municipales. Un nouvel organe, le Korag, sera mis en place. Sa mission sera de définir, suivre et contrôler la mise en œuvre de la charte et de la vision stratégique du pays.

Le Capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir jusqu’en 2029

 Par ailleurs, le chef de la transition, le Capitaine Ibrahim Traoré s’appellera désormais président du Faso, chef de l’État, chef suprême des armées. Ainsi en ont décidé les assises nationales de la transition. Des assises qui ont été boycottées par des partis politiques significatifs de l’opposition et des structures de la société civile. Les représentants des différentes couches de la société, chefs coutumiers, religieux, organisations de la société civile, partis politiques, forces de défense et de sécurité avaient rendez-vous pour faire un bilan de la transition depuis octobre 2022 et décider de la suite du processus. D’autant que la transition devrait s’achever le 1er juillet 2024.De report en report, les assises nationales se sont tenues, en définitive, le samedi 25 mai 2024, avec en majorité des entités favorables au régime militaire du Capitaine Traoré.

Comme il fallait s’y attendre, c’est la volonté du régime militaire qui a triomphé à travers le maintien au pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré pour cinq années supplémentaires. Selon des observateurs sur place à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, « durant les débats, des centaines de manifestants soutenant le régime se sont rassemblés autour de la salle de conférence et ont tenté d’envahir les lieux où se tenaient les travaux. Ils voulaient qu’on accorde un mandat d’au moins dix ans au capitaine Ibrahim Traoré », rapporte la radio française RFI.

La volonté du régime militaire triomphe

 Comme on le constater, le retour à la démocratie au Burkina Faso et à un régime purement civil a encore du chemin à faire. Il apparaît même hypothétique. Puisque les militaires s’y sont opposés ouvertement à travers la manipulation des assises nationales de transition. Le Capitaine Ibrahim Traoré restera au pouvoir jusqu’en 2029 et peut-être même au-delà en gérant le pays d’une main de fer et en anéantissant toutes les libertés. Comme il le fait actuellement.

Le Burkina Faso a emboîté le pas au Mali. On se souvient que le 10 mai 2024, au terme d’une réunion dite de « Dialogue inter-maliens » à laquelle les partis politiques importants du Mali et les mouvements rebelles n’ont pas participé, il a été décidé de prolonger de cinq ans, la transition qui devrait s’achever le 26 mars 2024.Ces assises ont aussi autorisé le chef de la junte, le Colonel Assimi Goita, à être candidat à l’élection présidentielle qui se tiendra en 2027, au terme de la transition.

Les régimes des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) et la Guinée-Conakry, tous issus de coups d’Etat militaires, feront assurément comme le Mali et le Burkina Faso. Les Généraux Doumbouya de la Guinée-Conakry et Tchiani du Niger emboiteront le pas au Colonel Assimi Goita du Mali et au Capitalne Traoré du Burkina Faso. Au grand dam des populations qui aspiraient à un retour à l’ordre constitutionnel normal avec des pouvoirs civils élus.

Didier Depry

Légende photo : Le Capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte militaire au pouvoir au Burkina Faso, restera au pouvoir pour cinq années supplémentaires (Archives).

 

 

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