Le champion incontesté parce qu’incontestable du panafricanisme, Osagyefo Dr Kwame Nkrumah, et ses compagnons de la lutte pour l’indépendance et pour un « achievement » (réalisation) panafricaniste n’avaient pas mal pensé au début des années 60, en plein mouvement des indépendances africaines. Leur idée était qu’une compétition footballistique d’envergure comme la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) pouvait et peut contribuer à l’émancipation, à l’unification et au rayonnement mondial de l’Afrique.
En cette 35ème édition de cette compétition sportive-phare du continent, l’histoire leur a donné et continue de leur donner raison. Tous les deux ans (bientôt, tous les 4 ans), au fil des tournois, la CAN s’est imposée comme un événement sportif majeur de l’Afrique et du monde. Le succès est indiscutable à ce niveau et c’est tout le monde sportif africain, à commencer par la Confédération africaine de football,(CAF) qui est à saluer, à féliciter et à encourager pour aller toujours dans le bon sens panafricain.
Nul doute qu’aujourd’hui, en 2025, au moment où commencent les matchs au royaume chérifien, l’Afrique, notre continent, est à la croisée des chemins pour (re) négocier un nouveau repositionnement sur l’échiquier post- glaciaire d’après Yalta. Les premières décisions de San Francisco (1945) ont, après plus de 70 ans, montré leurs limites ou, pour dire crûment et honnêtement les choses, sont quasiment dépassées et obsolètes.
La question du Conseil de Sécurité de l’ ONU, est bel et bien là pour apporter la preuve évidente que les options de 1945 ,ont vieilli et que l’Afrique ne saurait continuer à être traitée comme « moins que rien » au sein de l’establishement mondial qui avait été conçu et construit pour la démocratie, la paix et la sécurité internationales. Il faut, aujourd’hui, un aggiornamento et des réformes pour que l’Afrique ait une place raisonnable au sein de l’institution mondiale.
Il y a d’autres mesures au plan international qu’il serait fastidieux d’évoquer ou d’exposer toutes ici. La responsabilité de ces mutations rendues indispensables depuis l’écroulement du Mur de Berlin et l’anéantissement subséquent de l’empire soviétique, incombe à tous, à commencer par les africains eux-mêmes. Or, seule une Afrique unie, rassemblée, forte, déterminée, métamorphosée, démocratique, économiquement prospère, peut peser sur ces nouveaux et stratégiques choix mondiaux.
Là-dessus, des compétitions et événements comme la CAN , parce qu’ils rassemblent et regroupent nos jeunes en vue de plus de vitalité, de courage et d’engagement décisif, peuvent sceller l’unité de l’Afrique désormais « TOGETHER AS ONE », pour emprunter la belle formule d’un célèbre reggae-man africain. La CAN est donc, désormais, plus qu’un jeu. C’est un enjeu pour l’unité, l’intégration, le rayonnement, la souveraineté et la Renaissance africaine, le repositionnement de l’Afrique dans les affaires du monde.


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