L’actualité en Côte d’Ivoire, reste dominée, en très grande partie par les débats politiques et électoraux autour de la prochaine présidentielle. La polémique tourne et enfle autour des différents candidats qui vont représenter leurs partis politiques à ce scrutin décisif et important, s’il en est. D’un côté, il est question de la nationalité de certains prétendants et de l’autre, de l’inscription sur la liste électorale. C’est tout une discussion déjà animée, passionnée voire houleuse qui a lieu actuellement à quelques huit mois de l’élection présidentielle proprement dite. Dans ce débat, la presse et les médias tiennent une place importante, essentielle Il ne se passe pas de jours sans qu’il y ait des discussions y afférentes. La passion et la tension montent, gagnent du terrain dans tous les états-majors politiques.
Face à cette situation qui préfigure encore des jours difficiles pour la Côte d’Ivoire qui a déjà connu une crise électorale meurtrière en 2010-2011, comment faire pour que les médias ivoiriens ne jettent (plus) de l’huile sur le feu et n’entretiennent plus l’esprit de division et d’affrontement violent et guerrier ? De notre point de vue, la presse et les médias sont des éléments incontournables de la démocratie et de l’Etat de droit dans la mesure où la liberté d’expression et la liberté de la presse sont deux piliers fondamentaux de toute société moderne. La presse et les médias ne doivent pas se transformer en éléments fossoyeurs, incendiaires ou incandescents de la vie politique et démocratique d’un pays.
A contrario, les médias et la presse doivent contribuer à éveiller la conscience critique, la culture démocratique, la loyauté patriotique et républicaine chez tous les citoyens, chez tous les acteurs politiques et dirigeants publics. Voilà bien une éminente responsabilité qui vient consolider l’État de droit et la démocratie. Il y a quelques années, dans la région africaine dite des Grands Lacs, les médias, on s’en souvient, ont joué un rôle toxique , abominable et meurtrier et l’on a, alors, parlé d’une certaine et tristement célèbre « Radio de mille collines » c’est-à-dire une radio qui incitait ouvertement à la haine tribalo-ethnique et à l’affrontement sanglant entre les différents groupes et communautés. Il s’en est suivi l’inoubliable et horrible génocide rwandais.
C’est dire donc que dans le contexte ivoirien actuel, les médias et la presse doivent s’abstenir de tout ce qui peut conduire à un pourrissement et à la détérioration des relations entre citoyens et citoyennes des partis opposés à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. En Côte d’Ivoire, les médias, c’est-à-dire la presse dite classique, la presse en ligne, électronique, les réseaux sociaux etc. doivent conjuguer leurs efforts afin de contribuer à asseoir une compétition démocratique apaisée et constructive pour que les élections se déroulent dans des conditions de transparence, de crédibilité et surtout dans des conditions pacifiques. C’est une responsabilité énorme qui pèse sur les médias et la presse.
Sans la paix, sans la stabilité, sans la tranquillité sociale, politique, aucune liberté de la presse n’est envisageable ni même possible. En sens inverse, la liberté de la presse doit pouvoir contribuer à l’avènement d’une société démocratique, libre, d’un Etat de droit pacifique, inclusif et totalement, véritablement intégré et consensuel pour le « vouloir vivre ensemble ». Voilà une immense responsabilité qui incombe à la presse et à tous les médias.


Laissez une réponse