Yvette Yobouet, promotrice du SACH 2025 : «La reconnaissance des maladies psychiques est un défi majeur pour notre pays»

La 2ème édition du Salon du capital humain (SACH), portée par la structure Yssika et qui se tient du 13 au 14 mars 2025 au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire autour du thème : «La santé et la sécurité psychologiques au travail» a été lancée,  le jeudi 20 février, au siège de la Cour de Cassation sis à Abidjan-Cocody.

«Le SACH est né d’un drame personnel qui a marqué ma vie à jamais et d’une expérience douloureuse où j’ai vu deux amis perdre la vie à la suite d’une dépression ayant abouti à un suicide pour l’une et une crise cardiaque pour l’autre. Dans la foulée, je vais malheureusement faire un burn-out c’est-à-dire un épuisement professionnel fortement marqué par une quasi-impossibilité de respirer, de me mouvoir, suivi de vertiges. La méconnaissance des symptômes et de la maladie m’a fait dire au médecin que c’étaient les femmes qui venaient d’accoucher qui faisaient le burn-out», a indiqué Yvette Yobouet, promotrice dudit salon. Qui a insisté sur la méconnaissance de la maladie tant au niveau du patient, dans l’entourage professionnel, qu’au niveau du médecin d’entreprise.

«Comment aborder un mal inconnu ? Comment le soulager pour en guérir si on n’a aucun soutien ? Ce soutien, c’est celui que nous sollicitons aujourd’hui à travers l’initiative du SACH qui, depuis 2024, fait son petit chemin. La reconnaissance des maladies psychiques est un défi majeur pour notre pays qui a traversé des temps difficiles de guerre, de crise et de Covid 19. Le soutien psychologique et psychiatrique doit être un impératif, si nous voulons avancer vers le développement. Si nous voulons le dynamisme économique et des têtes créatives à profusion pour aborder ce rendez-vous technologique et stratégique, à travers un positionnement mondial réel, nous devons veiller à avoir un corps et un esprit sains», a-t-elle poursuivi.

Et de révéler, avant d’égrener les objectifs de son événement, de dire les cibles et de présenter ses articulations, en plus de son programme : «Mon engagement personnel, je le tiens et je l’assumerai, afin d’apporter une réponse vigoureuse devant le drame qu’est la maladie mentale du travailleur, la force vive de la société. Et ce, grâce à vous, cher parrain et partenaires. Le SACH ambitionne, en effet, de faire un plaidoyer en vue du renforcement et de la mise en œuvre d’un cadre juridique pour une prise en charge des prestations sanitaires et sociales efficaces, de la santé et de la sécurité mentales au travail».

Parrain du SACH 2025, Yua Koffi, président de la Cour de Cassation, a, lui, affirmé que «nous sommes avant tout des travailleurs et nous sommes soumis au quotidien aux aléas de la vie, qui, un jour, peuvent perturber notre équilibre mental. La maladie psychique, issue d’éléments comme le stress, l’épuisement professionnel, la détresse psychique, peut, à tout moment, survenir et s’abattre sur l’Homme, peu importe le milieu où il évolue. D’où votre slogan que je cite : «Employeurs, employés, tous concernés par la maladie psychique au travail».

A l’en croire, la prise de conscience de cette triste réalité l’amène à être attentif à la question de la santé mentale et à mener, aux côtés des organisateurs, la réflexion utile qui pourra aboutir à des solutions de prévention et de prise en charge des maladies psychiques dans un environnement professionnel où les questions de harcèlement deviennent récurrentes, dans le domaine du travail. «J’observe avec beaucoup d’amertume les tournures que prennent les conflits de violence, de harcèlement moral et sexuel qui mettent un arrêt à la promotion des travailleurs dans leur ascension professionnelle», a-t-il retenu.

Puis de soutenir, avant de déclarer lancée la deuxième édition du SACH 2025 : «Le capital humain concerne toute la société ivoirienne et je m’inscris pleinement dans sa promotion et dans son bien-être pour que notre société puisse avancer sereinement et que l’Homme soit au centre de toutes les attentions en vue de son épanouissement et de l’équilibre social, ainsi que de la bonne marche de notre développement». Avant, le secrétaire général de la Cour de Cassation, Joachim Gnakadé, dans son mot de bienvenue, dira l’importance de la tenue d’un tel salon et pourquoi son institution l’accompagne depuis la première édition.

Marcellin Boguy

 Légende photo : La promotrice Salon du capital humain (SACH), Yvette Yobouet, saluant le parrain du SACH 2025, Yua Koffi, président de la Cour de Cassation.

 

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