La question de la souveraineté étatique semble être devenue, ces dernières années, un total « fourre-tout » qui va tantôt à gauche, tantôt à droite, ou encore dans tous les sens
Si le mouvement des indépendances au début des années 60 avait, presque logiquement, évidemment et naturellement, placé, au centre du débat, l’accession des nouveaux États à la souveraineté nationale et internationale, il y a lieu de reconnaître qu’elle a été galvaudée ces dernières années avec l’avènement de régimes putschistes, notamment ceux du Sahel. Ils y ont vu un « cache-sexe » pour justifier leur prolongation indue de ce qui a été nommé par certains une « transition –trahison ».
Afin de ne pas avoir à rendre compte de leur impéritie, incapacité à bien gérer le pouvoir braqué et arraché de force, les colonels et autres généraux ont préféré s’enfermer et s’enfoncer ou encore s’abriter derrière des arguties de souveraineté, d’indépendance (factice) et d’hostilité maladive envers un Occident seul responsable de tous leurs malheurs, maux et déboires.
Aujourd’hui, la problématique si importante de souveraineté est quasiment devenue une sorte de camisole de force pour tous les prétoriens qui veulent vouer aux gémonies tous ceux qui, africains ou non, veulent les empêcher de brimer, de « réquisitionner » en rond leur propre peuple, « envoyer au front » toutes voix discordantes et insoumises. Or, la question de la souveraineté est primordiale et fondamentale pour tout État moderne et digne de ce nom. Elle est au cœur de l’indépendance et de la maîtrise des choix, décisions et orientations stratégiques et endogènes. Ce n’est ni une question de mode passagère, populiste ou démagogique. Et ce n’est ni en criant ni en vociférant contre la France et tous les pays occidentaux qu’on affirme son indépendance ou sa souveraineté. Il faut bien plus que cela en assurant le respect de tous les droits de tous les hommes et femmes, de tous les citoyens. Ceux-ci ne doivent pas être pris en otage par des pouvoirs militaires, civils ou même « civilisés » dans de véritables prisons à ciel ouvert. Tout pouvoir qui bâillonne, muselle, brime ses propres citoyens est totalement disqualifié et ne peut prétendre à aucune souveraineté, sauf, peut-être, à une inhabileté nocive, maladive et chronique.


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