Grands Plateaux de l’UJOCCI – L’artiste-plasticien Jacobleu s’ouvre aux journalistes culturels

Après la légende du zoblazo Frédéric Ehui Meiway le vendredi 20 juin 2025, à l’espace Ménékré Legend sis à Cocody-Attoban (Abidjan), le plasticien Jacobleu était l’invité, le vendredi 18 juillet dernier, des 2èmes Grands Plateaux de l’UJOCCI à la Jacobleu Art Gallery sise à Abidjan-Cocody-II-Plateaux-Latrille autour du thème : « 30 ans d’histoire et de maîtrise du pinceau ».

A l’occasion, l’invité de l’UJOCCI a partagé avec les journalistes culturels son brillant parcours, tout mettant un point d’honneur à prodiguer de sages conseils à la jeune génération.  A travers 3 tableaux (Éclosion d’un nom- De Jacob Bleu à Jacobleu, Dans l’intimité de la création- 30 ans de mystère et Maîtrise de l’art, et après ?), Jacobleu a d’emblée confié que sa vocation artistique s’est manifestée dès sa tendre enfance. « J’aimais bien gribouiller depuis mon enfance. En 6ème, au collège, j’ai eu un choc quand un professeur d’arts plastiques m’a administré une claque à la tête fait pour me décourager », a-t-il appris. Malgré cette anecdote, il a indiqué que le véritable tournant dans son choix de carrière s’est opéré en classe de 4ème, sous l’influence d’un enseignant plus passionné qui a su rallumer la flamme. Dès lors, il s’est lancé corps et âme dans le dessin. Son style, reconnaissable de prime abord, a été profondément modelé par les œuvres de trois grands plasticiens du XXème siècle : Picasso (pour l’intérêt aux masques), Jean-Michel Basquiat (pour l’attrait aux graphiques) et Francis Bacon (pour ses choix de couleurs) qui ont été des sources d’inspiration pour son écriture.*

De Basquiat, il dira : « Voilà quelqu’un qui a un lien avec nous, mort très tôt. Il m’a très vite intéressé. J’ai emprunté des choses de lui ». Et de Francis Bacon : « J’ai emprunté la couleur avec lui. Ses couleurs et compositions sont très belles. J’ai pris les couleurs avec Bacon ».

Ses œuvres sont un reflet de son époque 

Depuis, Jacobleu a su donner corps à ses rêves, ancrant son art dans l’ère contemporaine à travers des toiles aux thématiques à la fois variées et pertinentes. Ses œuvres sont un reflet de son époque et de ses préoccupations. Il est notamment revenu sur sa représentation des échassiers à travers les masques, son engagement face à la question des migrations avec ses différents déplacements à l’étranger ou encore sa lecture artistique de la situation de crise en Côte d’Ivoire et l’aspiration à la paix. « Mes travaux se font généralement sur ce qui marque ma culture ou marque aussi ma société, ou ce qui relève de ma culture », a-t-il précisé. Et d’insister : « J’ai démarré en me reconnectant sur ma culture, surtout les masques échassiers, recentrant mon travail sur ce type de masques ».

Interrogé sur une œuvre en particulier qui tiendrait une place de choix dans son cœur, Jacobleu a soutenu que toutes ses créations possèdent leur propre valeur. Pour lui, chaque toile est le fruit d’une inspiration propre à une période donnée, à l’image de son œuvre « Cataclysme », qui avait, en son temps, suscité une certaine incompréhension.

« Edith Brou, ma muse »

 Par ailleurs, avec émotion, il s’est souvenu de proches rappelés à Dieu : Franck Fanny et Valérie Oka. « Franck Fanny est un ami qui est malheureusement parti très tôt. Très bon photographe, c’était un des meilleurs de notre génération. Ingénieur en informatique à la base, il avait comme père adoptif le mécène et grand collectionneur Thierry Fieu. Quant à Valérie Oka, mon amie, elle était une très bonne designer : designer graphique et d’objets. Elle avait une très bonne compréhension de la chose artistique. On était de la même famille et avions de nombreux projets communs que nous étions en train de développer quand la mort est venue nous l’arracher. Elle est partie de façon brutale », se souvient-il.

C’est avec fierté, les étoiles pleines les yeux, qu’il parle de sa moitié : l’influenceuse et experte en communication digitale Édith Brou Bleu. « Une femme formidable plus connue que moi. Nous avons une sorte de complémentarité dans notre façon d’évoluer, de communiquer. Je suis très heureux de l’avoir avec moi. Elle m’accompagne beaucoup et est un soutien inestimable. Elle est ma muse », se réjouit Jacobleu.

L’artiste a également profité de cette tribune pour partager des conseils empreints de sagesse à la jeune génération désireuse de se lancer dans l’art pictural. Il a mis en avant l’importance cruciale de la rigueur dans le travail, de la régularité dans la pratique et de la présence active lors des événements importants du monde artistique. Des conditions sine qua non, à l’en croire, pour permettre aux jeunes talents de véritablement éclore et s’épanouir.

Avant, le président de l’UJOCCI, Jean-Marc Tonga, a remercié Jacobleu pour avoir gracieusement mis à disposition les locaux de sa galerie. Il a aussi appris que tous les Grands Plateaux de l’UJOCCI vont désormais s’y tenir. Et, en signe de reconnaissance, un tableau d’honneur lui a été décerné par l’UJOCCI.  Le directeur général de l’agence Djè Bi Groupe Voyage, partenaire fidèle de l’UJOCCI depuis la relance des Grands Plateaux de l’Union, Olivier Djè Bi, a, pour sa part, exprimé sa satisfaction de poursuivre cette collaboration fructueuse.

Fille de Jacobleu, Carmen Bleu, gérante de la Jacobleu Art Gallery, a clôturé cette séquence d’introduction des Grands Plateaux acte II, en présentant ladite galerie et en exprimant son plaisir d’accueillir la presse culturelle dans cette enceinte.  Les 2èmes Grands Plateaux de l’UJOCCI avec comme invité Jacobleu semblaient être la suite de la célébration des 30 ans de carrière de l’artiste-plasticien promoteur de l’événement annuel tournant « Identités contemporaines de la Côte d’Ivoire ».

Marcellin Boguy 

 Légende photo : L’artiste-plasticien Jacobleu recevant un tableau d’honneur des mains du président de l’UJOCCI, Jean-Marc Tonga. 

 

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