Dans une vidéo de 22 minutes diffusée, sur les réseaux sociaux, le samedi 13 septembre 2025, l’artiste-musicien Noël Dourey, membre du Bureau politique du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, et ambassadeur du RHDP, se prononce sur la publication de la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle du 25 octobre prochain par le Conseil constitutionnel. Il interpelle, par ailleurs, les acteurs politiques de l’opposition notamment les candidats recalés sur leur responsabilité dans la préservation de la paix dans le pays. Ci-dessous l’intégralité de l’intervention de Noël Dourey.
« Je voudrais être très clair, véritablement clair. La liste officielle et définitive des candidats retenus pour l’élection présidentielle de 2025 a été rendue publique. Le Conseil constitutionnel a fait un travail remarquable. Ce n’est pas moi qui le dis. Ce sont les candidats eux-mêmes qui apprécient le travail du Conseil constitutionnel. A cet instant de mon propos, j’aimerais féliciter ceux qui ont abattu un travail de fourmis, un travail de neutralité, un travail objectif pour un résultat incontestable. Bravo au Conseil constitutionnel et à sa présidente, Mme Chantal Camara !
Vous savez, les gens parlent et parlent. Mais nous, au RHDP, on dit que c’est sur le terrain que ça se passe. Le président Gbagbo vit dans le passé. Il vit dans l’illusion, la plus totale. Il n’a pas pu obtenir les parrainages. Mais pire, des doublons, des cartes d’identité fausses c’est-à-dire des gens qui ne devraient même pas être sur la liste des parrainages et que la Cour constitutionnelle a retirés. A la vérité, il a été mais il n’est plus. Il n’est plus ce qu’il croyait être. Ainsi va le monde. La dernière fois, je disais que la page Gbagbo est tournée, c’est fini. Elle est définitivement tournée.
« Le président Gbagbo vit dans le passé, dans l’illusion la plus totale »
C’est vrai que la nostalgie existe mais on n’est plus au temps de la nostalgie. On est au temps de la construction de notre pays. On est au temps du choix de celui qui va faire avancer la Côte d’Ivoire. On n’est plus entrain voir qui est en train de verser des larmes de crocodile, qui est en train de se taper la poitrine sans conviction. J’aimerais inviter l’Etat de Côte d’Ivoire, dès lors que la liste définitive des candidats retenus a été rendue publique, il faut mettre fin à tout le cirque qui entoure les choses, les aigris, tous ceux qui ne sont pas retenus qui se voient dans leurs maisons etc. C’est un cirque qui distrait les populations ivoiriennes. Il n’y a plus de manifestation, aucune autorisation ne sera donnée. C’est fini, on avance. Parce qu’ils pondent des communiqués pour jeter l’opprobre sur des institutions ou bien pour jeter le doute dans l’esprit des Ivoiriens. Il faut leur demander d’arrêter tout ça. Ils ont eu le temps de tourner, de faire des parrainages et j’ai encore des courriers à l’attention des militants du PPA-CI où on leur demandait pratiquement pardon, à genoux, de parrainer Gbagbo. Malheureusement, ils ont tourné le dos à Gbagbo, il y a longtemps parce qu’ils se sont rendus compte qu’avec ce qu’Alassane Ouattara apporte, qu’avec ce que le président, candidat à sa propre succession, apporte, y a pas match.
Ecoutez, la question que les gens se posent est la suivante : Avons-nous encore le droit de retourner dans la bagarre et la guerre alors qu’actuellement l’air est frais, on se promène, on vaque à nos occupations dans la quiétude ? L’heure des couvre-feux, je me demande si ça va revenir et je ne crois pas que ça puisse revenir. Parce que les mises en garde du président de la République, chef suprême des armées, sont assez édifiantes. Rien de grave ne peut se passer. Ils ne peuvent plus rien créer, c’est terminé ! Ils comptent sur l’extérieur. Mais c’est de fausses certitudes qu’ils se font. Le Burkina Faso, il n’y a aucun parti politique qui fonctionne là-bas. Il n’y a aucune marche de protestation, aucune opposition. Si tu parles, on t’enrôle de force et on t’envoie au front pour combattre. Au Mali, on te prend, on te met en prison. Les partis politiques n’existent plus. Au Niger, les partis politiques n’existent plus. Alors quand vous voyez ces pays-là et que vous affirmez que le président Ouattara est un dictateur, c’est vous qui n’êtes pas Ivoiriens.
« Il n’y a plus de manifestation, aucune autorisation ne sera donnée. C’est fini, on avance »
En fait, je comprends tout de suite que ce sont les gens de l’AES qui sont sur les pages Facebook ou qui donnent de la voix pour nous faire croire qu’on est dans le faux alors qu’ils ont totalement tort. La Bible déclare qu’avant de regarder la paille qui est dans l’œil du voisin, n’oublies pas de voir la poutre qui est dans tes yeux. Et quand on sait la différence entre une paille et une poutre, on se rend bien compte que ce qui vous concerne est mille fois plus gros et quelque fois insurmontable pour vous. Les vrais Ivoiriens se contentent et se concentrent sur leur pays, la Côte d’Ivoire ; les faux Ivoiriens, ce sont eux qui sont versés dans les pays où on ne parle même pas de dictature mais plutôt d’étranglement.
Concentrons-nous sur l’objectif. Notre objectif, c’est le « Un coup, K.O » au moins à 90%. On pourra dire que le score est soviétique mais ça reflète la popularité du président Alassane Ouattara. C’est ça qui est bon pour nous et c’est à ça qu’il faut s’atteler. Le PDCI-RDA est devenu un parti politique moribond, un parti quelconque. Ils ont de grands cadres qu’ils ne peuvent même pas respecter. Ils ont rencontré quelqu’un qui au cours d’une balade a dû se dire : « Voilà le PDCI-RDA, il faut que j’y aille » et il s’affuble du titre de petit-fils d’Houphouët-Boigny. Je vois même de grandes dames du PDCI-RDA que je pensais irréprochables entrer en transe en affirmant : « Le gardien ne peut pas garder la maison ». Mais quand on dit gardien, c’est lui qui garde. Quand on parle du gardien du temple, c’est lui qui garde. Vous croyez que c’est péjoratif. Alors que c’est cela, la vérité. C’est le gardien qui garde la maison. Il garde bien la maison.
« Bédié aurait pu se présenter à 90 ans »
Chers frères, chères sœurs, l’heure n’est plus au discours. Plus de marche, on en a fini avec. Concentrons-nous sur les élections parce que les Ivoiriens, dans leur ensemble, souhaitent la réélection du président, Docteur Alassane Ouattara. Mais eux, ils sont tellement de mauvaise foi, qu’ils parlent de quatre mandats. Je ne comprends pas où est le quatrième mandat. Oui, un tel a dit qu’il ne pouvait plus se présenter ; oui, un autre a dit qu’il ne pouvait plus se présenter. C’est vrai. C’est pour cela qu’on a abrogé la Constitution de 2000 pour en proposer une autre en 2016. Si vous étiez trop fâchés, le référendum qu’on vous a proposé, il fallait voter « non ». Mais vous avez laissé, on a fait campagne avec Guillaume Soro et Henri Konan Bédié, on a fait campagne avec eux pour que la nouvelle Constitution soit adoptée et cette Constitution dit qu’il n’y a plus de limitation d’âge pour être candidat à la présidence de la République. Mais c’était pour qu’Henri Konan Bédié se présente. Il aurait pu se présenter à 90 ans.
Ils se sont mis d’accord quand ils ont travaillé. Ils ont dit : « On va mettre en place, le Sénat ».Le président Bédié qui a fait campagne, a accepté. Le PDCI-RDA a fait campagne pour intégrer le Sénat institué par la nouvelle Constitution. D’autres partis étaient en lice, leurs candidats ont échoué, ils ne sont pas entrés au Sénat. C’est dire que la Constitution a été bien comprise et perçue, les gens ont accepté. Quand on prend la Chambre des rois et chefs traditionnels, c’est toute la Côte d’Ivoire qui est représentée dans cette Chambre. Quand on prend le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), c’est un acquis de cette Constitution. Vous ne pouvez pas être sélectifs. Cette nouvelle Constitution a prévu la Vice-présidence de la République. Quand vous voyez Kablan Duncan, vous l’appelez Excellence monsieur le Vice-président. Vous ne lui donnez pas un autre titre. C’est pour dire que cette Constitution, vous l’avez adoubée.
.« Le PDCI-RDA a fait campagne pour intégrer le Sénat institué par la nouvelle Constitution »
Quel est le problème ? Il a fait un mandat, vous avez fait le Conseil national de transition (CN T). Vous êtes tellement lâches, tellement étriqués dans vos cerveaux, que pour vous, la meilleure manière de prendre le pouvoir, là où tous les Ivoiriens voient clair, là où tous les jeunes nés en 2000 sont aujourd’hui largement à l’âge de voter, vous voulez faire un coup d’Etat. Vous voulez expliquer aux jeunes que la meilleure manière de devenir quelqu’un dans ce pays, c’est par un coup d’Etat. En 2025, on vous dit d’aller faire enrôler vos électeurs, vous avez répondu : « Non, le timbre coûte cher, c’est à 5000 fcfa, il faut diminuer le prix, il faut faire cadeau, il faut faire ceci, cela ». Pourtant vous pouvez appeler vos militants pour leur donner cent, deux cents ou trois cents mille Fcfa pour dire à vos délégués d’aller faire enrôler vos électeurs pour vous mais ils refusent.
Parce qu’ils savent que vous n’allez rien leur apporter donc ils n’y vont pas. C’est dans ça là que vous voulez fomenter des putschs. « Non, il ne peut pas. Il n’a pas le droit ». Mais c’est son deuxième mandat présidentiel. Maintenant si vous estimez qu’il n’a pas suffisamment travaillé, nous allons lui proposer de faire encore une autre Constitution. Et si vous êtes d’accord avec cette autre Constitution que nous allons voter, il va continuer. Parce que c’est vous qui donnez votre accord avant que ça ne soit adopté.
« Il ne faut pas se leurrer, les jeunes ne vous suivront pas »
Mais je comprends certains jeunes qui s’agitent. Quand on a posé la question au président Gbagbo, à savoir quel message il aimerait adresser aux jeunes qui sont nés en 2000-2002. Il a répondu : « C’est des potes, je les voyais souvent à Yopougon, dans les maquis ». On le reprend pour lui dire « non, ce n’est pas ça. Quel est le message pour ces jeunes nés en 2002 ? ».Il répond de nouveau : « Oui, ce sont mes potes, mes amis, on se voit dans les maquis ». Mais président, ce ne sont pas dans les maquis-restaurants et les bars de Yopougon que tu vas voir tes jeunes ? Toi, tu es président de la République, le palais présidentiel est au Plateau, ta résidence est à Cocody, pourquoi ne reçois-tu pas les jeunes là-bas ? Pourquoi tu ne demandes pas aux jeunes de venir te voir ?
Mais le président de la République Alassane Ouattara n’a pas forcément besoin de voir les jeunes, il prend un autre jeune, l’excellent Mamadou Touré, qu’il nomme ministre et lui dit : « Voilà ma vision pour la jeunesse, mets ça en œuvre ». Aujourd’hui on voit sur les plateaux-télé comment les jeunes sortis du moule d’Alassane Ouattara sont percutants à l’instar d’autres jeunes qui viennent mentir. Parce que pour mentir, il faut faire beaucoup d’efforts. Ce n’est pas facile. Mais si vous arrivez à mentir comme vous respirez, il faut désespérer de vous. Donc le président Alassane Ouattara trouve un créneau pour les jeunes. Aujourd’hui, on en a qui sont des entrepreneurs, qui sont de véritables chefs d’entreprise, qui sont dans l’innovation, c’est des start-upers. Ils sont dans les grandes écoles. Depuis quinze ans qu’il est là, ceux qui sont nés en 2002 qui ont aujourd’hui 23 ans sont de grands messieurs à qui Mamadou Touré a offert beaucoup d’opportunités et à qui le ministère de l’enseignement supérieur fait des passerelles. Il ne faut pas se leurrer, les jeunes ne vous suivront pas. Sauf ceux que le président Gbagbo rencontrait dans les maquis et bars. C’était leur lieu de rencontre. Et pour couronner le tout, il s’adonnait avec eux et avec son ami Jacques Lang (ancien ministre français de la culture, ndlr), à des soirées endiablées à la rue princesse de Yopougon ».
Propos retranscrits par Ferdinand N’Guessan
Légende photo : L’artiste-musicien Noël Dourey, membre du Bureau politique du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).


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