« Moi, Noël Dourey, j’étais au Golf Hôtel. Quand l’ONU devait aller prendre le président Gbagbo, le président Alassane Ouattara a dit à ses troupes : « Je ne veux pas le voir mort, je veux que vous le rameniez vivant. Je tiens à sa vie ». Le président Ouattara l’a dit ».
A travers ce témoignage, l’artiste-chanteur Noël Dourey, membre du Bureau Politique (B.P) du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, veut montrer la détermination qui animait le président de la République, Alassane Ouattara, alors opposant, à préserver vaille que vaille la vie de son adversaire, le président de la République d’alors, Laurent Gbagbo, durant la crise post-électorale de 2010-2011.
Dans une vidéo d’environ 20 minutes diffusée, le mardi 15 avril 2025, sur les réseaux sociaux, il répond aux militants du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation politique de Laurent Gbagbo, sur diverses allégations.
« Je voudrais rassurer tout de suite messieurs Koua Justin et Lasm Blaise qu’ils ne seront pas des martyrs. En 2025, quinze ans après l’élection présidentielle de 2010, ils disent que le président élu, c’était Laurent Gbagbo. Vous savez, c’est le désespoir qui anime ces messieurs. C’est vraiment le désespoir. Ce sont des gens qui devraient avoir la queue entre les pattes puisque leur chef, quand il rencontre Alassane Ouattara, il dit : « Monsieur le président ». C’est cela, la réalité. C’est ce qui est vrai. Mais il faut leur rappeler aussi que leur intention en 2010, c’était que la Commission électorale indépendante (CEI) soit dans l’incapacité ou l’impossibilité de proclamer les résultats de l’élection présidentielle. C’est-à-dire qu’ils voulaient faire constater la forclusion de l’organe en charge des élections. Malheureusement, ça n’a pas marché.
Pourquoi ça n’a pas marché ? Parce que les éminents juristes du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) ont vu le piège. L’ONU qui était chargé de superviser les élections et d’en certifier les résultats ne s’est pas laissée bernée. Elle a simplement demandé – puisqu’en dernier ressort, c’est elle qui a la légalité des accords pour proclamer les résultats après certification – de faire venir le président de la CEI d’alors, monsieur Issouf Bakayoko, au Golf Hôtel de Cocody-Riviéra (Abidjan) qui était, il faut le rappeler, à cette époque, un patrimoine onusien c’est-à-dire le territoire de l’ONU. Leur piège a été éventé. Parce que comment comprendre qu’un des vice-présidents du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) actuel déchire des résultats sans conséquences. Comme eux, ils aiment la vérité, dans un Etat de droit, celui qui fait obstruction doit être arrêté. Parce que c’est anti-républicain. Et la République a ses règles et ses lois. Mais comme c’était de connivence, comme c’était préparé et planifié, ils ne l’ont pas arrêté, ils n’ont pas protesté. Au contraire, ils l’ont protégé. Nous, le RHDP et la Côte d’Ivoire avec, disons que ça, c’est du passé. Ce n’est plus important.
« Leur piège a été éventé »
Mais je voudrais dire à tous ceux qui pavoisent, se promènent dans les rues pour affirmer : « On a été acquittés. On a été ceci, on a été cela ». C’est bon. Mais il y a ce qu’on appelle les erreurs judiciaires. Ça existe. Je voudrais inviter les uns et les autres à plus de modestie. A mettre balle à terre. Les morts ont des parents et ils existent. Je me souviens que quand nous sommes sortis du Golf Hôtel, nous sommes allés dans la commune d’Abobo, c’est nous qui avons appelé Abobo, « la ville martyr » avec les artistes et tout ça. On a été soutenus par certains cadres. Je n’oublierai jamais cette dame, elle était Directrice générale du Conseil café-cacao, Mme Massandjé Touré-Litse. Je ne vais jamais l’oublier. Elle nous a donné de l’argent, on a acheté des vivres, des non-vivres et on a aussi remis de l’argent aux familles. Elles sont venues nombreuses et elles ont pleuré. Ça aussi vous avez été acquittés ! Il faut s’en souvenir.
Après tout ce que vous avez raconté, il faut avoir le triomphe modeste parce qu’il s’agit de vies humaines. Personne ne peut être heureux de la mort de quelqu’un. Il ne faut pas venir sur les plateaux télé pour affirmer : « Non, il n’y a rien, on a été acquittés ». Ce qui arrive à A peut arriver à B. On peut être content d’avoir été acquitté mais je crois qu’il faut chercher à dire « Merci » au président Alassane Ouattara. Ce grand homme, ce grand humaniste. Qui a toujours su que la politique est faite par l’homme pour faire du bien aux hommes. Pour le bien-être de l’homme. Il y a quelqu’un qui a dit qu’il faut construire une nation. Mais vous croyez que la nation se construit comment ? C’est dans la confiance. Il faut créer la confiance. La confiance, on ne la crée pas dans le mensonge. Moi, Noël Dourey, j’étais au Golf Hôtel. Quand l’ONU devait aller prendre le président Gbagbo, le président Alassane Ouattara a dit à ses troupes : « Je ne veux pas le voir mort, je veux que vous le rameniez vivant. Je tiens à sa vie ». Le président Ouattara l’a dit.
« Je ne veux pas le voir mort, je veux que vous le rameniez vivant. Je tiens à sa vie »
Demandez à ceux qui sont allés à la résidence présidentielle de Gbagbo, il leur a dit : « Ne me tuez pas ». Ils lui ont répondu : « On n’est pas venu pour vous tuer ».Donc personne n’en voulait à la vie de Laurent Gbagbo. Personne. Et tenez-vous bien ! Quand ses partisans et lui sont arrivés au Golf Hôtel, il y a eu un cordon de sécurité pour qu’ils montent dans leurs chambres. Le président Gbagbo avait faim, on lui a apporté à manger. Mais mieux, au Golf Hôtel, il y a un bar où on se retrouvait, certains pouvaient y passer la nuit et tout ça, ce bar a été vidé pour que les partisans du président Laurent Gbagbo s’y trouvent. On n’a pas eu à manger pendant quelques jours parce que c’était la priorité du président Alassane Ouattara qu’ils aient à manger. Cet homme-là, Alassane Ouattara, bénissez-le. Il faut le bénir. C’est un grand homme. Comme son père Félix Houphouët-Boigny, il tient à la vie humaine.
Un adversaire politique n’est pas un ennemi. Même si tout le monde ne comprend la chose de la même manière. Il faut bénir Alassane Ouattara. Parce qu’il sait qu’un mort est toujours victorieux. Il n’en voulait pas. C’est actuellement la fête des rameaux (fête chrétienne, ndlr). Tout ouvrier mérite un salaire. Depuis la nuit des temps. Le premier salaire – c’est vrai qu’il y a le salaire pécuniaire – mais il y a la reconnaissance. Venir gaillardement comme ça pour dire qu’un maçon peut construire des routes, c’est-à-dire de manière irrespectueuse. Ce n’est irrespectueux mais c’est de manière ignorante. Ce sont des ignorants, ceux qui ne savent pas, des analphabètes, qui peuvent réagir ainsi. Mais il y aurait fallu qu’eux, ils prennent un maçon pour construire la Côte d’Ivoire quand ils étaient au pouvoir. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Ou bien au PPA-CI / FPI, il n’y a pas de maçons. Eux tous, ce sont des professeurs d’Université.
« Vous devez bénir le président Alassane Ouattara, bénissez-le ! »
Ce sont des personnalités envoûtées. Qui préfèrent, au lieu de construire la paix parce que c’est la route et le développement qui envoient la paix, diviser la Côte d’Ivoire en volant les voix de l’adversaire qu’ils n’arrivent même pas à battre. Je suis heureux et je voudrais féliciter la télévision NCI, cette chaîne qui met à nu, tous les jours, les incohérences d’une opposition aux abois. Un frère me disait : « Noël, ce n’est même pas la peine de leur répondre parce qu’en réalité, ils sont désespérés ». Vous suspendez votre participation à la CEI mais vous n’êtes même pas cohérents. Votre sortie de la CEI change quoi aux élections à venir. Parce que votre représentant, à la vérité, est à la CEI pour se tourner les pouces. Il n’a rien à défendre. Même si quand il y est, il n’est plus pour vous. Mais vous nous avez démontré que bien qu’étant à la CEI, il devait être pour vous. Ça on le comprend aussi. Il faut le sortir comme cela toute la Côte d’ Ivoire saura que son rôle n’était pas un rôle au service de la République pour des élections transparentes mais au service d’un parti politique. Et il s’en va. Ça change quoi.
Vous ne vous êtes pas fait enrôler. Tous les électeurs centenaires, électeurs sans pères ni mères qui seraient, selon vous, sur la liste électorale, que vous énumérez sur les réseaux sociaux, n’existent que dans vos têtes. Puisqu’il n’y a personne pour aller faire la réclamation. Mais vous qui aimez la Justice, vous dites que tel est étranger, c’est à vous d’en apporter la preuve. Pourquoi voulez-vous que ce soit l’Etat qui le prouve ? Sincèrement, vous pensez que l’Etat est si oisif. Nous, on construit des hôpitaux, des routes, des universités, des dispensaires, des écoles etc. Donc que l’Etat se lève pour aller rechercher les parents des 6 millions d’électeurs. Il faut respecter l’Etat. Ce n’est pas votre Etat-là où tout le monde se voit à la « sorbonne » (ancien espace sis à Abidjan-Plateau, ndlr) pour aller manger de la banane braisée et danser. Ce n’est pas ça. L’Etat actuel travaille. Le PDCI-RDA a du pain sur la planche ».
Propos retranscrits par
Ferdinand N’Guessan
Légende photo : L’artiste-chanteur Noël Dourey, membre du Bureau Politique (B.P) du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) et ambassadeur du RHDP.


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