Peinture / Vernissage de l’exposition « L’Autre Monde » à Houkami Guyzagn – Isidore Koffi, exposant : « Le travail que je propose est une forme d’introspection »

« Le travail que je propose est une forme d’introspection, un reflet de nos aspirations, une réflexion de ce qui est de l’équilibre de notre société. Si nous partons du principe que construire un monde équilibré reviendrait à transgresser les valeurs les plus fondamentales qui régissent les rapports entre les humains, les notions de vérité, de réalité se frottent, se confrontent pour trouver le juste équilibre de notre rêve et de nos aspirations. Cette approche s’appuie dans un premier temps sur nos observations, le contact permanent que nous avons avec l’environnement immédiat, mais aussi les interactions, les rapports sociaux et les influences sur le vécu. Dans cette optique de recherche de l’essence, nous multiplions les angles de vue à travers divers médiums et supports. Nous essayons d’arracher au réel la physionomie pour n’en retenir que les émotions. Chers amis de l’art, amis de la presse, prestigieux invités, bienvenue à Houkami Guyzagn ! Je suis Isidore Koffi. Je vous présente « L’Autre monde ». Merci ».

C’est par cette brève intervention que l’artiste Isidore Koffi a, au cours du vernissage de « L’Autre monde », présenté, jeudi 20 mars dernier, à la galerie d’art Houkami Guyzagn, son exposition personnelle en ce lieu. Exposition qui court du jeudi 20 mars au samedi 5 avril prochain. Au total, ce sont 21 toiles que le tachiste a réalisées pour la circonstance. Et ce, en 4 mois. Le public nombreux venu prendre part à cette rencontre a été bluffé par la qualité du travail produit par le talentueux peintre. Et, très tôt, 8 tableaux ont été réservés par des amoureux de l’art, collectionneurs férus de toiles qui parlent.

Avant le propos de l’exposant et la visite guidée par Isidore Koffi de son exposition qui se tient principalement à l’espace « La Terre promise », Mimi Errol, critique d’art et commissaire attitré de toutes les expositions qui se tiennent à Houkami Guyzagn, a fait savoir qu’« Isidore Koffi est l’enfant de la galerie. Je suis son directeur de mémoire et depuis qu’il s’est engagé avec nous, il nous est toujours resté fidèle. Et il a toujours travaillé régulièrement. Sa technique exceptionnelle n’est donc pas une technique ordinaire. Parce qu’avec lui, il faut pouvoir lire le tableau et interagir avec l’oeuvre. Il faut avoir des positions et il faut essayer aussi de faire un effort pour capter les images qu’il y a chez Isidore. C’est donc un figuratif qui normalement ne devrait pas permettre à l’Homme de réfléchir longtemps, mais il nous oblige aussi à devoir faire un effort d’acuité pour pouvoir lire, comprendre la scène présente. Il est à sa troisième exposition personnelle ici à la galerie. Et chaque fois, il trouve une thématique intéressante qui nous concerne. De « No comment » jusqu’à aujourd’hui, il nous emmène toujours dans les dédales des ruelles, ou bien des situations, des scènes qu’on voit tous les jours à Abidjan sans trop faire attention. On voit, on se faufile dans la foule et on n’a pas de recul. Et avec Isidore, je pense que c’est un peu un arrêt sur image qui nous permet de voir un peu les attitudes, parce que c’est beaucoup plus des attitudes et peut-être les couleurs qu’il essaie de capter pour pouvoir faire des arrêts sur image… ».

Quant à Thierry Dia, le maître des lieux, il a indiqué qu’Isidore Koffi entre dans le processus que la galerie Houkami Guyzagn a toujours voulu. « On n’est pas là pour forcément chercher de l’argent, vendre des tableaux. Mais nous sommes surtout là pour aider les jeunes talents à éclore et devenir de grandes stars. Et cette exposition, je crois, c’est la dernière exposition d’Isidore où les prix seront aussi bas, parce que quand vous voyez la technique, quand vous voyez le travail d’Isidore, vous voyez la trajectoire qu’il est en train d’emprunter et qu’il va l’emmener au firmament. J’étais tout à l’heure à côté d’Augustin Kassi quand ce grand peintre m’a dit : « C’est fort ça ! Ça, c’est du travail ». De la part d’Augustin Kassi, je trouve que c’est un grand hommage. Isidore a fait vraiment tout son parcours en proposant de petits prix. Aujourd’hui, il a un parcours qui parle pour lui. Et je crois qu’après cette exposition, on va évaluer à la hausse le prix de ses toiles… », a-t-il affirmé. Et de prendre le pari qu’« un Isidore Koffi acheté, c’est un pari sur l’avenir. C’est mieux qu’une assurance. Je vous assure. Vous achetez aujourd’hui Isidore à 300 mille Fcfa. Dans 5 ans, il fera minimum 1 million 500 mille Fcfa. Ça, je suis prêt à prendre avec vous ce pari. Donc n’hésitez pas. Je joue ici mon rôle de commercial ce soir. Allez-y à fond et surtout, n’hésitez pas ! ».

Il est, en outre, important de retenir qu’Isidore Koffi accueille les visiteurs de son exposition avec une belle fresque murale qui ne passe pas inaperçu au niveau de la salle Mathilde Moreau, à l’entrée de la galerie hôte de son exposition individuelle.

Marcellin Boguy

Légende photo : L’artiste peintre Isidore Koffi (à gauche) et le critique d’art, Mimi Errol, lors du vernissage.

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