On a frôlé le pire, le mardi 22 juillet 2025, dans le village de Guibobly, situé dans le département de Bloléquin, dans la région du Cavally, dans l’extrême ouest de la Côte d’Ivoire, à quelques encablures du Liberia. Une tension qui a failli tourner à l’affrontement, a opposé les populations autochtones locales aux chasseurs traditionnels armés appelés « dozos ». Même si on n’a pas déploré de victimes, la tension entre les populations autochtones et les dozos, était vive.
Une tension qui tendait vers un affrontement
« Cela fait plusieurs jours que les dozos ayant débarqué ici ont érigé des barrages sur les principales artères qui mènent dans nos plantations. Sans aviser qui que ce soit. Alors on leur a demandé de déguerpir. De quitter nos routes immédiatement ». Ces propos sont d’une habitante du village de Guibobly, leader de femmes au niveau local. Qui précise que l’ultimatum donné par les populations autochtones n’a pas été respecté.
« Les gens étaient obligés de s’attaquer aux barrages des dozos dits de sécurité pour rétablir l’ordre, il n’y a pas eu de victimes de part et d’autre, car le bagarre était uniquement physique. Lors de la réunion de vérité entre les dozos et notre village, leur départ des lieux occupés a été retenu. On attend que ce départ urgent s’accomplisse. Faute de quoi, nous aviserons », poursuit notre interlocutrice.
Bagarre rangée entre dozos et habitants
D’autres habitants que nous avons interrogés soutiennent que les dozos sont aussi présents dans d’autres villages du département de Bloléquin, et dans la région du Cavally, en général. Pour le sous-préfet de Doké, administrant cette localité, que nous avons joint par téléphone, en fin de journée du mercredi 23 juillet 2025, il n’y a rien eu de grave. « Ce sont des conneries que les gens racontent en parlant d’affrontements. Est-ce que la population locale est un peuple de dozos ? Il y a eu une rupture avec quelques personnes. Toutefois, j’ai donné des instructions fermes visant à lever les barrages s’il en existait », a-t-il expliqué.
La réaction du sous-préfet de Doké
Noter que la présence des dozos dans l’ouest ivoirien demeure redoutée par les populations locales. A cause de leur implication dans les graves violations de droits de l’homme lors de la crise post-électorale de 2010-2011 dans cette partie du pays. Une situation qui avait donné lieu à la condamnation à vie du chef dozo, Amadé Ouérémi, par la justice ivoirienne au terme d’un procès.
David Merlot
Correspondant permanent dans l’ouest ivoirien
Légende photo : Des chasseurs traditionnels appelés dozos.


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