Depuis Washington, capitale fédérale américaine, Dr. Gnaka Lagoké accuse le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey d’avoir orchestré son éviction du congrès qu’il a contribué à bâtir. Dr. Gnaka Lagoké a donc annoncé sa démission de ce rendez-vous des « panafricanistes » africains.
Au moment où le 9ème Congrès Panafricain s’achève à Lomé, une lettre de démission incendiaire vient révéler les coulisses tumultueuses de cet événement des « panafricanistes » africains. L’Ivoirien Dr. Gnaka Lagoké, enseignant d’Université américaine et ancien journaliste au quotidien ivoirien « La Voie » devenu « Notre Vie, par ailleurs, président du Comité scientifique du Congrès Panafricain depuis juillet 2023, a remis sa démission au ministre des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey, dans un courrier aux accusations explosives daté du 10 décembre 2025.
Le paradoxe est saisissant. L’universitaire, maître de conférences en Histoire et Études panafricaines à Lincoln University en Pennsylvanie, n’a pas assisté au congrès dont il a orchestré pendant deux ans et demi l’architecture scientifique. «Vous avez sponsorisé la participation de centaines de personnes mais vous ne vouliez pas que je sois au Congrès », écrit-il à Dussey, dénonçant une exclusion méthodiquement planifiée.
Selon Lagoké, le ministre l’aurait systématiquement écarté de sept événements préparatoires majeurs entre octobre 2023 et décembre 2025, incluant le Forum de Lomé sur la paix et la sécurité, une conférence sur les 140 ans de la Conférence de Berlin, et des événements à Cuba, Londres et Alger. « Depuis un an, vous aviez rompu les communications directes et indirectes avec moi », accuse-t-il, dénonçant une volonté délibérée de le pousser à la démission.
L’universitaire revendique pourtant un rôle fondamental dans la conception du congrès. Il affirme avoir introduit la question des réparations dans l’agenda togolais, supervisé la création du site internet multilingue, et proposé que les pré-congrès se tiennent au Mali et au Brésil. En novembre 2023, face aux réticences de l’Union africaine sur le thème « Souvenir, restitution, réparations, reconstruction » pour le pré-congrès du Brésil, Lagoké dit avoir rédigé une réfutation intégrée dans un courrier officiel du ministère qui permit de maintenir ce thème.
« J’ai travaillé sur ce projet sans budget et sans salaire pendant deux ans et demi. Par amour pour l’Afrique ! », martèle-t-il. Evoquant son investissement bénévole dans un projet marqué selon lui par « le péché originel et le délit de manque de crédibilité » en raison de sa tenue au Togo, pays régulièrement critiqué pour sa gouvernance autoritaire.
La lettre de démission se transforme en réquisitoire politique. Lagoké accuse Dussey d’avoir « le complexe du soleil », cherchant à « briller seul » en l’éclipsant. Il dénonce « la jalousie, la méchanceté, l’ingratitude et la forfaiture » dont le congrès aurait été entaché. Dans une ironie mordante, il cite le titre d’un livre écrit par Dussey lui-même : « L’Afrique est vraiment malade de ses hommes politiques ».
L’universitaire révèle aussi avoir été accusé de fuites de données, le 3 décembre 2025, accusations qu’il attribue à « la légèreté de certains agents » du ministère. Malgré cela, il affirme avoir continué à encourager la participation au congrès, convainquant certains participants réticents, tout en cachant à d’autres son absence pour ne pas les décourager.
Dans son message final, Lagoké appelle à la cohérence entre discours et actions panafricanistes. Il exhorte le gouvernement togolais à libérer les prisonniers d’opinion et à réformer le système éducatif africain pour y intégrer l’enseignement de l’histoire africaine authentique et des épistémologies africaines comme Ubuntu.
Cette démission fracassante soulève des questions troublantes sur les tensions internes qui ont traversé l’organisation de ce congrès censé incarner l’unité panafricaine. Elle illustre également les contradictions d’un événement continental organisé dans un contexte politique contesté, où les ambitions personnelles semblent avoir pris le pas sur l’idéal collectif.
Robert Krassault
Légende photo : Dr Gnaka Lagoté a démissionné de son pote de responsable du comité scientifique du Congrès panafricain organisé à Lomé (Togo).


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