L’impartial  – Existe-t-il  de « bons coups d’État » ? – Par Yao Noël

« Quand le vote est verrouillé, le fusil est tentant ». Voilà ce que j’ai entendu sur un influent média trois ou quatre jours seulement après la tentative de coup d’Etat au Bénin, le dimanche 7 décembre 2025. Cela renvoie à l’éternel débat sur la possibilité, l’existence voire l’excuse de « bons coups d’État » contre de mauvais coups d’État.

Pour les uns qui gagnent de plus en plus en nombre et en importance, lorsque, dans un pays, tout est bloqué, verrouillé, balisé et cadenassé, la seule et imparable « solution », c’est l’irruption de la soldatesque sur la scène politique afin de redistribuer les cartes, repartir à zéro au moyen ou au travers d’une transition politique. Celle-ci peut durer un an, deux ans voire à la saint-glinglin,  selon le bon vouloir des nouveaux maîtres, jusqu’à ce que ces « balayeurs » autoproclamés de la maison soient eux-mêmes balayés.

Pour la deuxième tendance qui tient mordicus au choix du peuple souverain, c’est à lui et à lui seul qu’il revient de prendre ses responsabilités et sanctionner tout Président de la République ou dirigeant coupable de parjure. Comme on le voit, la première option est militaire et brutale tandis que la seconde se veut constitutionnelle, respectueuse de la Loi fondamentale.

Que faire ? Que dire ? Comment trancher ce débat difficile ? Pour notre part, et ce pendant longtemps et par déformation juridique (mais pas de juridisme outrancier ou ridicule), nous nous sommes toujours opposés à tout putsch et coup d’État. Il est évident en effet que la Loi fondamentale donne tous les cinq ans la parole au peuple réel c’est-à-dire aux électeurs pour sanctionner ou donner quitus aux dirigeants. Ça c’est pour le principe basique, républicain et constitutionnel.

Mais la réalité politique n’est pas toujours aussi linéaire ou aisée avec l’être humain et ses fautes, ses penchants, ses faiblesses, tricheries et égoïsme avec la toxique et maléfique tendance à vouloir conserver le pouvoir, coûte que coûte. La difficulté du débat vient donc, on peut le voir, de la dichotomie entre les bons principes républicains et constitutionnels et la mauvaise foi, la fourberie, la « trahison des clercs » qui faussent et biaisent la discussion. Néanmoins, notre choix réside encore et toujours dans le rejet principiel des coups d’État, putschs et autres rébellions ou mutineries dans la sphère politique.

 

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