Côte d’Ivoire / Célébration des 65 ans d’indépendance – Gbagbo a-t-il refusé l’invitation de Ouattara et poser des préalables ?

Le président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, en parlera-t-il lors de son adresse officielle au peuple ivoirien, dans la soirée de ce mercredi 6 août 2025 ? Wait and see, disent les Anglosaxons. Nous attendons pour voir si le président Alassane Ouattara évoquera la présence ou l’absence de son prédécesseur Laurent Gbagbo à la célébration des 65 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire qui se tiendra, cette année, à Bouaké, centre du pays, dans le cadre d’une initiative de décentralisation initiée par le chef de l’Etat.

Un cadre du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), la formation politique de l’ancien président de la République, Laurent Gbagbo, nommé Fabrice Lago connu sous le pseudonyme de Steve Beko, proche du gendre (?) de Gbagbo, Stéphane Kipré, croit savoir que M. Gbagbo serait absent à la célébration de l’indépendance, le jeudi 7 août 2025. Un acte motivé par des préalables. Il a révélé cela,  dans un message diffusé, le mardi 5 août, sur Facebook. « Il ne s’agit donc pas là d’un dialogue renoué, mais simplement d’une invitation protocolaire suivie d’un refus poli, au nom de préalables non remplis, avant de consentir à offrir une telle image au monde », a-t-il écrit.

Les « 4 grands » n’y ont jamais été ensemble

M. Fabrice Lago dit Steve Beko, proche de M. Stéphane Kipré, vice-président du PPA-CI, répondait ainsi à mes confrères de l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique qui ont publié un scoop relativement à un échange téléphonique entre Ouattara et Gbagbo à l’initiative d’Alassane Ouattara, à la fin du mois de juillet 2025.

« Le président Alassane Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo ont renoué le dialogue direct après plus d’un an et demi sans échange personnel. Le 16 juillet, Ouattara, fraîchement rentré de France, a téléphoné à Gbagbo pour prendre de ses nouvelles et lui proposer une rencontre afin d’échanger sur la situation politique de la Côte d’Ivoire. Bien que Gbagbo ait décliné l’invitation à assister au défilé militaire du 7 août à Bouaké, célébrant les 65 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire, les deux hommes ont eu un échange cordial, décrit comme empreint de bonne humeur », a révélé Jeune Afrique. Qui n’évoque pas de préalables posés par Laurent Gbagbo pour se rendre à Bouaké. Mais Fabrice Lago dit Steve Beko qui en parle, n’expose pas ces préalables.

Le constat que nous pouvons cependant faire, c’est que les différentes célébrations de l’indépendance de la Côte d’Ivoire depuis le pouvoir Bédié jusqu’au pouvoir Ouattara en passant par le pouvoir militaire éphémère de Guéi et le pouvoir Gbagbo, n’ont jamais rassemblé ni les «4 Grands» ensemble ni  trois d’entre eux. Sous Bédié, on n’a pas vu Bédié, Gbagbo et Ouattara ensemble lors du 7 août. Sous Guéi, non. Sous Gbagbo, non plus. C’est seulement sous Ouattara que deux des quatre, à savoir Ouattara et Bédié, étaient ensemble à la célébration.

Plusieurs fois invité par son successeur Ouattara, Gbagbo a toujours décliné l’invitation. Les célébrations de l’indépendance de la Côte d’Ivoire qui devraient être des occasions pour les différents leaders politiques de premier plan de mettre la balle à terre afin de se réjouir ensemble pour le pays, n’ont jamais servi de catharsis pour un nouveau départ.

Alassane Ouattara comme Félix Houphouët-Boigny

 Bien au contraire, les uns et les autres sont restés arc-boutés sur leurs rancœurs politiques personnelles. Au point où une initiative comme celle du retour à la décentralisation  de la célébration de la fête de l’indépendance qui devrait obtenir l’adhésion de tous, au-delà des chapelles politiques, est perçu comme une œuvre à la gloire d’une seul camp, celui au pouvoir Ouattara. Pourtant la décentralisation de la fête de l’indépendance à Bouaké contribue au rayonnement de cette ville qui est une localité cosmopolite où l’on retrouve toutes les couleurs politiques, ethniques et religieuses.

Le premier chef d’Etat de Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, père de cette fête de l’indépendance tournante, a permis le développement de nombreuses villes par le biais de cette initiative. Des villes appartement à des régions dont étaient issus ses adversaires politiques redoutables tels que Kragbé Gnagbé et Sékou Sanogo. Alassane Ouattara devrait être encouragé par ses adversaires politiques Laurent Gbagbo, Affi N’Guessan, Simone Gbagbo et Tidjane Thiam dans son élan de redonner vie à cet « héritage » d’Houphouët-Boigny.

Une analyse de Didier Depry

 Légende photo : Les présidents Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo lors d’une rencontre en 2021 au plais président d’Abidjan-Plateau.

 

 

 

 

 

Laissez une réponse

Votre email ne sera pas publié