L’impartial – Élection en Afrique : les « validés » et les « recalés » – Par Yao Noël

L’Afrique, notre continent, ne finira jamais de surprendre et étonner le monde entier. Voilà la Guinée qui vient aussi de recaler de l’élection présidentielle du 28 décembre, l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté et l’ancien ministre Ousmane Kaba, autre figure de proue de l’opposition politique. Pendant ce temps, le leader de l’opposition Celou Dalein Diallo se voit contraint à l’exil. Pour sa part, le bouillant et théâtral capitaine Moussa Dadis Camara, ancien Chef de l’Etat,  passe,  désormais, le reste de sa vie sous d’autres cieux , loin de sa terre natale.

Cette tournure des événements en Guinée est d’autant plus incompréhensible que le chef de la junte militaire au pouvoir depuis le 5 septembre 2021, le général Mamadi Doumbouya avait, non seulement justifié et légitimé son putsch contre le Président Alpha Condé par sa seule volonté de nettoyer les écuries d’Augias et promis de regagner les casernes au terme de la transition vers un régime constitutionnel et civil.

En clair, Doumbouya le putschiste avait promis ne pas se présenter à l’élection présidentielle parce que n’étant ni un politique ou politicien ni intéressé par un agenda ou carrière politique personnelle. Mais voilà que lui-même saute le pas et qu’il écarte ou fait écarter deux ou trois candidats gênants après avoir fait enlever et disparaître Foniké Mengué et  Mamadou Billoba, opposants à son pouvoir de fait, depuis juillet 2024. Ils sont restés introuvables.

Ainsi se prépare l’élection présidentielle guinéenne du 28 décembre 2025, manifestement, porteuse de tous les risques et périls. Tout cela nous ramène et replace au cœur du dilemme africain : comment bien faire tourner la démocratie en Afrique ? Surtout, comment devrions-nous, nous hommes noirs africains,  nous faire respecter un peu plus au sein de la communauté humaine ?

Il nous revient tous, africains et africaines, de mener cette méditation collective, urgente, utile, nécessaire voire indispensable sur l’expression de la volonté populaire, élément clé de la démocratie (de type occidental) que nous voulons pratiquer . Sans ce respect scrupuleux de la seule, souveraine et authentique volonté du peuple,  nous allons continuer à tourner en rond et à toujours pratiquer la démocratie de « façon buissonnière ».

 

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